De la pollution et des sacs plastiques !

Personnellement, j’utilise des sacs recyclables et biodégradables « Eco II » (validé par le Quebec Industrial Research Center — CRIQ) pour mes déchets et autres usages. D’ailleurs, ils sont élaborés à partir de plastique recyclable. De plus, les sacs « ECO II » 100 % oxo-biodégradable sont aussi solides, plus rentables et de qualité égale ou supérieure aux sacs en plastique courants. Les sacs « Eco II » oxo-biodégradables peuvent être incinérés ou recyclés et offrent des niveaux de revalorisation énergétiques identiques aux sacs plastiques classiques en polyéthylène.

Toutefois, j’utilise des sacs réutilisables depuis des années maintenant.

Entre jeter des sacs recyclables au recyclage* et utiliser les sacs biodégradables comme sac à déchets, le consommateur devrait avoir le choix. Ce qui est sur, c’est qu’il n’est pas certain qu’un sac recyclable soit recyclé, mais il est 100 % certains qu’un sac biodégradable et/ou compostable « biodégradera » et/ou « compostera ».

LE LOGO

Fondé en 1988 par le gouvernement du Canada, mais maintenant reconnu à travers le monde, ÉcoLogo est le symbole de certification environnementale le plus respecté de l’Amérique du Nord. ÉcoLogo assure aux clients (les consommateurs ainsi que les entreprises) que tous les produits et services portant le logo, rencontrent les normes strictes des dirigeants environnementaux.

Si une entreprise peut se parer d’une aura écologique, elle le fera en présentant l’ÉcoLogo sur son produit. Un manufacturier d’un produit comme les sacs à déchets aura certainement intérêt à apposer un logo qui présente une image « eco friendly »; on appelle cela « marques de commerce vert » (green brands) et relève de l’étique de la consommation, pour les consommateurs éthiques, pour une consommation éthique.

ACCUMULATION DÉCHETS PLASTIQUE DANS L’ENVIRONNEMENT

Selon Recyc-Québec, entre 1,4 et 2,7 milliards de sacs circuleraient annuellement sur le territoire du Québec soit l’équivalent d’environ 350 sacs pour chaque Québécois. Les sacs plastiques ne représenteraient donc qu’une infime partie du gaspillage de ressources pétrolières, mais du fait de leur nature particulière, ils constituent une très importante source de pollution et de risques pour l’environnement, si on les compare à d’autres matières plastiques qui suivent plus facilement un circuit de recyclage. La plupart des sacs de plastique aboutissent dans les décharges, prendront beaucoup de temps pour se décomposer et relâcheront des produits toxiques dans les sols et parfois dans les eaux*.

Les sacs recyclables et biodégradables de matière plastique sont une alternative aux sacs de matière plastique uniquement recyclable (80 % des sacs ne serait ni triés, ni recyclés, ni incinérés). Une partie des sacs qui ont été abîmés ou percés ne peut pas être réutilisée. Ainsi donc, beaucoup de ces sacs plastiques recyclables et autres matières plastiques recyclables se retrouvent dans l’environnement. Au Québec seulement, et ce annuellement, près de deux milliards de sacs en plastique sont utilisés. Ces sacs vont servir, en moyenne, 20 minutes chacun et prendront au moins 100 ans avant de se dégrader. On leurs reprochent donc surtout de se retrouver trop souvent dans l’environnement, de polluer visuellement, de consommer du pétrole pour leur production et, même, de contaminer certains animaux aquatiques, comme les baleines et les tortues, qui les confondent avec des méduses. Le mouvement pour la réduction des sacs en plastique émane d’ailleurs d’États côtiers, notamment l’Australie.

La plaque de déchets du Pacifique nord-est une zone du gyre subtropical du Pacifique nord, aussi connue sous le nom de « soupe plastique » ou de « Huitième Continent » ou encore de « Grande zone d’ordures du Pacifique » (GPGP pour « Great Pacific Garbage Patch ») est une zone relativement calme de l’Océan Pacifique, vers laquelle le mouvement de rotation du vortex amène les déchets flottants. Ces déchets s’accumulent en bancs. Jusqu’à une époque récente, ces débris de nature organique subissaient une biodégradation. Les activités humaines y amènent désormais des débris en matières non biodégradables, comme des polymères et des débris de bateaux. Les matériaux plastiques y sont photodégradés en pièces et particules de plus en plus petites, mais les molécules individuelles ne sont que très lentement métabolisées par les êtres vivants. La photodégradation des matériaux plastiques conduit à la production de déchets polluants, nocifs au milieu marin. Une plaque similaire a été découverte dans le nord de l’Océan Atlantique — Wikipedia. Le plastique est donc une menace dans les océans.

BANIR LES SACS DE PLASTIQUES

Les Québécois devront réduire de manière draconienne les déchets qu’ils génèrent. D’ici 2015, ils devront faire en sorte qu’aucune matière recyclable ne se trouve dans leurs poubelles. Ils ne pourront non plus se débarrasser de leurs matières putrescibles (restes de table, retailles de gazon notamment) en les jetant à la poubelle*.

En avril 2005, le Parti québécois a déposé le projet de loi 390 ayant pour but d’interdire les sacs de plastique à l’échelle de la province. Une seule ville a banni l’utilisation de sacs en plastique jetables: Huntingdon, en Montérégie. Cette ville a pris en 2008 la résolution écologique de ne plus faire usage de ce matériau dans les transactions commerciales. En 2011, les résidants de l’arrondissement Plateau-Mont-Royal devront changer leurs habitudes pour disposer des feuilles mortes ramassées sur leur terrain. Les sacs de plastique, même ceux qui sont biodégradables, transparents ou orange, ne sont plus acceptés pour cette collecte*. Du côté de la Ville de Montréal, on affirme que d’autres arrondissements ont déjà emboîté le pas, que certains sont en transition et que d’autres permettent encore le sac de plastique lors de la collecte.

Les grandes chaînes d’épiceries comme Loblaws, Metro et Sobeys (IGA) estiment que la consommation de sacs en plastique a diminué de 70% à 80% depuis l’arrivée des sacs réutilisables, mais, surtout, depuis qu’elles exigent des frais de cinq sous l’unité (ne toucherait que le secteur de détaillants alimentaires). Cependant, les sacs de plastique ne représentent qu’une infime partie du suremballage des produits qu’on met dans les sacs. Encore trop de produits ont un double, triple ou voire quadruple emballage.

En octobre 2010, RECYC-QUÉBEC et le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) sont fiers d’annoncer la mise en place du programme de certification des sacs en plastique recyclables* « Sacs en plastique recyclables – Programme de certification ». « Avec la mise sur pied du programme de certification des sacs en plastique recyclables, nous mettons en place un des éléments gagnants pour nous assurer que les sacs en plastique soient compatibles avec la filière de recyclage et assurons la reconnaissance des sacs en plastique recyclables par les détaillants et les consommateurs »*.

Alors pourquoi éliminer les sacs de plastique recyclable tout en favorisant son recyclage ?

Dans un document de RECYC-QUÉBEC, « Le code de bonnes pratiques de l’industrie à l’égard des sacs d’emplettes en plastique », on note ces deux points au sujets des sacs biodégradables: 1) Rien n’empêche le Québec de devenir la première juridiction en Amérique du Nord à faire preuve de leadership et à fournir un encadrement adéquat au marché en matière de sacs biodégradables. Cela serait une avancée réglementaire fort intéressante. 2) Dans les marchés où l’on choisit les sacs biodégradables, en particulier les sacs oxodégradables, ceux-ci devraient être soumis aux mêmes normes que tout autre sac et à une certification avant leur distribution. Plus les sacs de plastique seront identifiés correctement, plus il sera facile d’éviter la confusion chez les consommateurs. Les consommateurs doivent être en mesure de bien identifier parmi les sacs d’emplettes, lesquels sont réutilisables, recyclables ou compostables. Selon un autre document d’information rendu public en novembre 2007, par RECYC-QUÉBEC, il y aurait peu d’avantages associés à l’utilisation de sacs dégradables en remplacement des sacs conventionnels, sauf quand ils se retrouvent dans la nature.

CONCLUSION

Les sacs oxo-dégradable contiennent des additifs qui permettent de transformer le polyéthylène (plastique) en matière biodégradable et bioassimilable. Les composants résultants du processus complet produits par la biodégradation ne sont rien d’autre que de l’eau, du gaz carbonique, et de la biomasse. Il n’y a donc AUCUNE influence néfaste sur l’environnement (composition des sols), ni sur les végétaux, ni sur les micro-organismes.

Même si « l’ECO II » 100 % oxo-biodégradable est un produit relativement nouveau, les sacs recyclables et biodégradables, cependant, ont leur lots de critiqués*. En effet, « nous en concluons que les plastiques oxo-dégradables ne présentent aucun intérêt écologique* ». Il serait plus profitable de recycler! Toutefois, en terme de pollution totale, selon moi, les sacs recyclables et biodégradables sont moins polluants que les sacs plastiques uniquement recyclables. Notons que chaque Canadien émet en moyenne 22 tonnes de CO2 par an, les sacs en plastique ne représentent donc que 0,004 % de nos émissions de gaz à effet de serre. « L’ECO II » 100 % oxo-biodégradable vise à répondre à ses critiques.

En ce qui a trait au sac réutilisable, trois sacs réutilisables sur cinq présentaient un niveau élevé de bactéries, présente donc un risque accru de toxi-infections alimentaires*. D’ailleurs, la plupart des Québécois ne lavent jamais leurs sacs réutilisables* ce qui est une grossière erreur. Cinq ans après leur introduction sur le marché en remplacement des sacs en plastique traditionnels, des sacs réutilisables atteignent maintenant la fin de leur vie utile et révèlent un défaut qu’on n’avait pas anticipé : la plupart ne sont pas recyclables*. Le plastique des sacs réutilisables pourrait être récupéré, mais la plupart d’entre eux sont munis de poignées en tissu, parfois d’œillets métalliques, de surcoutures, de parois en polyester ou d’autres matériaux; bref, des « contaminants » inacceptables dans le processus de recyclage du plastique. La recyclabilité d’un produit est pourtant l’un des trois critères de base pour qu’il soit considéré comme « vert ».

Alors donc, j’opte pour le sac plastique biodégradable dans les situations ou je n’ai pas de sacs réutilisables, que je choisirai attentivement à l’avenir. J’utilise les sacs plastiques recyclables pour le recyclage. Pour moi, il y a plusieurs solutions pour plusieurs situations. Un sac biodégradable et recyclage, comme « l’ECO II », c’est la panacée. Il peut se conformer à la filière de recyclage au Québec, et il peut être utilisé dans les sites d’enfouissement. Un sac plastique versatile.

En espérant donc qu’il y aura des améliorations technologiques au niveau de la « biodégrabilité » des sacs qui permettront éventuellement, dans un proche avenir, de constituer une véritable alternative durable au sac plastique recyclable.

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