De la complexité, du constructivisme et du taylorisme éducationnel!

Infinite diversity, in infinite combination

LE CHOIX D’UN PEUPLE

J’ai toujours été surpris devant les critiques du courant constructiviste. Je dirais d’emblé que l’on confond l’élaboration théorique de son application. Entendons donc pas là que les pédagogues, déconnectés des réalités complexes, sont responsables, et non pas la théorie elle-même. Il ne faut également pas confondre l’utopie de pédagogie actualisante à son application parcellaire et confuse. Dans ce maelstrom de concept et notions théoriques, le blâme doit aller ailleurs, plutôt sur sa mise en oeuvre. Évacuons donc l’une des principales cibles des critiques du système de l’éducation qui consiste en tout ce qui a trait à l’évaluation et à ses méthodes.

Plus fondamentalement, nous devons nous mettre d’accord sur les objectifs d’un système éducatif. Dans une démocratie, les valeurs sont élaborées par les hommes, de manière souvent conflictuelle, à contrario de la (co)construction de savoirs, de connaissances, des valeurs. Élaborer des valeurs commune n’est pas un exercice aisé. Or, on apprend d’abord pour vivre ensemble, et ensuite on apprend pour contribuer à la société. C’est donc dans cette optique que l’éducation devrait être conçue. Et puisque nous voulons développer le potentiel de chacun, nous nous éloignerons donc de la dictature qui confond éducation et normalisation. L’exercice de penser l’école dans son ensemble, dans sa globalité, n’a pas encore été mené à son terme dans notre société.

Il faut également se demander si la société est responsable de l’éducation de la progéniture, ou seulement les parents. Or la tendance lourde, c’est une responsabilisation accrue des enseignants tributaires de multiples enjeux socioéconomiques (les troubles d’apprentissages et les psychopathologies des enfants, remplacer des parents défaillants ou négligeant, de lutter contre la violence, de former à la civilité, à la culture, à la citoyenneté, à la sensibilité, à l’écologie, à la pensée complexe, à l’environnement durable et à l’interculturalisme). Les enseignants se trouvent donc devant une tâche titanesque, et bien sure, dans un contexte de rareté des ressources, l’État ne reconnaît pas encore cet état de choses. Les parents, étant accaparés par les exigences du monde du travail, n’ont ni le temps, ni les connaissances, pour répondre au développement de leurs progénitures dans une société de plus en plus complexe, qui eux-même ont reçu une éducation déficiente. D’où la nécessité d’un système d’éducation ou les enseignants auront à jouer un rôle pivot dans le développement de la progéniture. En effet, les enseignants retrouveront le rôle social dont il était tributaire, celui d’enseigner à des enfants à devenir des êtres humains, des citoyens, et des apprenants. Mais le fardeau dépasse les seules épaules des enseignants et de la famille, parfois bien fragiles.

La profession enseignante est mutante, elle reprend ses études.

DES PÉDAGOGUES

La pédagogie (du grec παιδαγωγία, direction ou éducation des enfants1) est l’art d’éduquer. Le terme désigne les méthodes et pratiques d’enseignement et d’éducation ainsi que toutes les qualités requises pour transmettre un savoir quelconque.  Notons que la pédagogie est également considéré comme une science de l’éducation des jeunes, qui étudie les problèmes concernant le développement complet (physique, intellectuel, moral, spirituel) de l’enfant et de l’adolescent. Par extension, c’est l’ensemble des méthodes dont l’objet est d’assurer l’adaptation réciproque d’un contenu de formation et des individus à former.

Le problème des pédagogues relève essentiellement de la perversion — l’action de détourner quelque chose de sa vraie nature — , d’abord, à savoir, par l’incapacité d’appréhender et d’utiliser des concepts théorique de doctrines pédagogiques afin de produire méthodes (ou méthodologies) de l’enseignement, et d’autre part, par l’effet de cet incapacité entrainant un désintérêt du Sujet lui-même (apprenant, réceptacle passif de l’enseignement) et un détournement de la Nature du Sujet lui-même. Ainsi, la ou les méthodologies développées s’éloignent, et même se détournent, des doctrines pédagogiques, de la nature humaine au lieu de l’embrassé, et la décontextualise, comme si l’on pouvait extirper l’apprenant de son environnement, de son contexte social, de ses conditions socioéconomiques. Il est donc question de l’élaborations de méthodologies ainsi que de leurs mise en oeuvre.

On parle donc avec raison des difficultés du système de l’éducation à répondre aux besoins spécifiques des apprenants, des personnes souffrant de troubles d’apprentissages, qui relève essentiellement d’une rareté de la diversité des méthodes pédagogiques. On pourra d’abord poser l’hypothèse qu’il y a un problème de gestion de la complexité, et ce, pour deux raisons. D’une part, de par le fait que la société s’est complexifiée, et qu’il en est de même pour les emplois, et que le « taylorisme éducationnel » (moyens de production de l’enseignement et des individus éduqués) ne répond pas aux nouveaux défis de la complexité. Et d’autre part, de par le fait qu’il y ait nivellement par le bas, de par l’application de méthodologie de production, donc d’un « taylorisme éducationnel », dans un contexte de rareté de ressources, qui cèle  et ne prends pas en compte les différences individuelles (nivellement par le bas ou par dénie), amenant souvenant vers une psychologisation, une médicalisation, une psychiatrisation, du social, des troubles d’apprentissages et des psychopathologies?

Essentiellement, ce que l’on tente de faire, c’est d’utiliser un « taylorisme éducationnel » en pervertissant des concepts novateurs dans l’application d’une méthodologie pédagogique qui ne répond pas aux réalités d’aujourd’hui. Il y a un clivage, comme si l’on appliquait une méthodologie pédagogique archaïque, en celant des considérations relevant de la modernité, de la complexification de la société et du monde du travail. C’est comme si nous étions incapables d’utiliser l’apport des toutes dernières connaissances des sciences, et que nous tentions utiliser et d’appliquer de manière parcellaire et rudimentairement ces mêmes connaissances, mais en les détrounant, témoignant nécessairement soit d’une méconnaissance, soit d’un abrutissement, et d’une lacune certaine de l’application de la pensée systémique et holistique.

DES FACTEURS HUMAINS

Donc, si l’on comprend que les pédagogues forment un groupe homogène qui se distingue des enseignants, et que les enseignants sont incapables de fournir un « feed-back » et de contribuer à l’amélioration du développement et de l’application des méthodologies de l’enseignement, et que les enseignants et les pédagogues sont en conflits, alors nous avons affaire à des facteurs humains minant le système de l’éducation. Et si en plus les fonctionnaires se distinguent des deux autres groupes, on pourra croire que non seulement il y a un problème au nouveau de la gestion de la complexité, mais également un problème d’intelligence collective.
Dans ce contexte, il me semble évident que, d’une part, le taux de pénétration des nouvelles connaissances est lacunaire, mais d’autre part, que leur compréhension en vue du développement de méthodologies de résolution de problèmes, donc de la méthode pédagogique, s’avère également lacunaire.

Similairement, il convient également de mentionner une lacune importante du taux de pénétration des nouvelles connaissances dans la société. De plus, il faut donc mentionner une difficulté importante de l’utilisation des nouvelles connaissances dans l’élaboration de méthodologies. Car qui dit nouvelles connaissances, dit souvent changement paradigmatique (gestion de la complexité; et différentes perspectives — multidimensionnelle, holistique, systémique et global; etc.). Ainsi donc, l’élaboration et l’application de méthode de pédagogies s’en trouvent miné et tellement biaisé qu’elle n’est ni conforme à la réalité, et ni ne répond aucunement aux réalités de la modernité et de l’être humain. On pourra ajouter que des facteurs humains, qui amènent différentes entités groupales aux intérêts tout aussi divergents à travailler en silos, minant des démarches transdisciplinaires, (trans)sectorielles, (trans)ministérielles, etc.

L’utilisation biaisé du jargon cognitivisme et constructiviste témoigne donc certainement de l’incapacité de développer une méthodologie en usant concepts théorique de doctrines pédagogiques. Elle témoigne d’une incapacité au changement paradigmatique, donc d’une perspective biaisée, parcellaire, rudimentaire, et passéiste, ainsi que de sa mise en oeuvre. Elle témoigne d’une incompréhension de ces nouvelles connaissances, et elle témoigne d’un clivage entre ce qui est voulu (de désiré), les besoins, la réalité, et la méthodologie. Le seul changement possible, c’est celui du changement de vocabulaire sur fond de mise en oeuvre confuse.

Ainsi donc, dans le cas des enfants ayant des problèmes d’apprentissages, c’est bien le « taylorisme éducationnel » qui engendre ce problème. De plus, puisque les apprenants ayant des problèmes d’apprentissages sont indisposés à apprendre, et ce pour diverses raisons (conditions socioéconomiques défavorables, conditions familiales défavorables, facteurs individuels, facteurs de vulnérabilité, etc. ), il faut donc également s’adresser à l’environnement et au context social de l’apprenant.

Cet usage est dépassé, passéiste, ne prend pas en compte les aspects de la modernité, et entre en conflit avec le changement paradigmatique nécessaire à l’élaboration et l’application de concepts théoriques des nouvelles doctrines pédagogiques. Gosso modo, c’est comme si nous avions un nouveau jeu de Lego (nouvelles connaissances, constructivisme, cognitivisme, etc.), mais que nous nous obstinions à utiliser l’ancien jeu de Lego (taylorisme éducationnel), et de tenter de faire emboîter des pièces qui ne s’emboîtent pas, en usant d’anciens modes de pensées et d’anciens paradigmes.

Ainsi, le système est si rigide, qu’il ne permet pas l’innovation, l’application de méthodologies novatrices, et que l’apport des nouvelles connaissances sont pervertits et ne répond pas aux nouvelles réalités de la complexité de la modernité.

ALLÉGORIE DU CERVEAU

CRITIQUES ET CONTRE-ARGUMENTS

Il est pourtant possible d’avoir autant des principes directeurs, que des principes spécifiques (du général au particulier et vice versa), qui ensemble, favoriseront une démarche globale et holistique du développement humain dans le système d’éducation. L’idée d’individualisation de l’enseignement est aussi ancienne que l’enseignement lui-même.   Elle renvoie à une grande diversité terminologique qui embrasse toute l’histoire de la pédagogie : autonomie, travail indépendant, pédagogie de la découverte, autodidaxie, contrat pédagogique, conseil méthodologique, différenciation pédagogique, médiation…

À la méthodologie, il faut donc faire la distinction en différents types de connaissances, donc de différents types d’apprentissages, donc différents types d’enseignement ou d’auto-apprentissages. Un contenant homogène à un contenu homogène s’avère donc problématique. Il est également question du développement de l’individu et la standardisation du « taylorisme éducationnel » ne prend pas en compte les (dys)synchronie développementalesdes individus, donc des facteurs individuels. On ne peut pas considéré de manière probante que tous, nous nous développons à la même vitesse, de la même manière, et que tous, nous réussissons chaque stade de développement humain de manière opportune et appropriée. On ne peut également pas extirper l’apprenant de son contexte social ni de son environnement.

Certes le contenant est important, car il permettrait d’optimiser les méthodologies de l’enseignement, et optimiserait donc l’apport de connaissance à l’apprenant. Le contenant est tout aussi important que le contenu, car on peut imaginer qu’il convient d’avoir des contenants différents appliqué à des contenus différents. L’enseignement individualisé insiste sur l’opposition entre le « processus d’enseigner » et le « processus d’apprendre ». Le premier progresse souvent du simple au complexe, en s’adossant de façon cartésienne à l’analyse de la matière. Mais il s’illusionne en pensant que la « logique de l’apprenant » puisse être un décalque de la « logique du contenu ». A contrario, ce sont souvent les débuts qui sont compliqués, et l’apprentissage simplifie progressivement la compréhension, dès lors que se mettent en place des structures cognitives qui permettent une meilleure organisation mentale. L’expertise se traduit par une diminution de la charge cognitive en mémoire de travail ce qui procure une importante économie mentale. L’expert peine alors à comprendre les difficultés du novice, puisque les choses sont simples pour lui. On comprend mieux alors à quel point la tâche prescrite par l’enseignant (avec ses consignes) se différencie de l’activité réelle de l’apprenant maître de ses acquisitions, avec ses démarches et stratégies, quelle soit imprévues et surprenantes, éloignées des procédures canoniques attendues, même lorsque celles-ci ont été enseignées.

C’est ainsi que le « taylorisme éducationnel » ne pourra jamais répondre à cette nécessité de contenants différents appliquer à des contenus différents. L’homogénéisation découlant du « taylorisme éducationnel », qui lui-même relève d’une méthode d’organisation scientifique et de production homogène (enseignements/élèves) dans la production d’unités homogène (citoyen éduqué pour travailler), donc une production qui est constituée d’éléments semblables? Loin du créneau de la diversité et de la multiplicité des méthodes pédagogiques, l’homogénéisation des savoirs n’est plus un gage d’adaptabilité!

Le terme apprenant est un générique par rapport à élève, étudiant, écolier, apprenti, et celui qui suit un enseignement par ordinateur. Son implantation dans l’usage reflète un changement de vision de l’enseignement selon lequel l’apprenant est le premier responsable de son apprentissage et y exerce un rôle actif. Le constructivisme est une approche axée sur le rôle actif de l’apprenant dans la construction de ses connaissances à partir de ses perceptions, de son expérience et de ses connaissances antérieures et tout processus de construction de connaissances est étroitement lié au contexte dans lequel se déroule l’apprentissage. L’être humain doit apprendre à apprendre en vue d’atteindre la capacité de pouvoir modifier ses propres représentations dans un processus évolutif.

Or, ce principe constructiviste entre en contradiction directe avec l’état actuel des choses:

  • Rappelons que le « taylorisme éducationnel » fait donc appel à l’industrialisation et à ses moyens de production, à l’homogénéisation, à « l’outilisation de l’individu » (instrumentalisation de l’individu), à la marchandisation et à la consommation. Voulons-nous faire de notre progéniture des consommateurs, des travailleurs ou des sujets d’une démocratie?
  • L’approche traditionnelle considère l’apprenant comme un réceptacle passif, qui doit être gaver, et ou tout apprentissages est standardiser. L’une des principale limites du développement du capital humain est celui de l’incapacité à l’auto-acquisition de connaissance. Essentiellement, les humains ne considère pas l’apprentissage tout au long de la vie comme un gage d’évolution, voire même d’élaboration d’une culture personnelle, mais comme une corvé qui doit être accomplis;
  • Une fois sur le marché du travail, les travailleurs ont généralement des formations destinés, soit à servir leur emploi, soit à amélioré leur employabilité. L’éducation n’est pas vue comme un outils de développelent personnel, mais comme un outils pour accéder et se maintenir sur le  marché de l’emploi. Or, on apprend d’abord pour vivre ensemble, ensuite pour contribuer à la société;
Pourquoi le constructiviste est juste et bon:
  • Or, il existe un phénomène de fragmentation de l’emploi. En effet, alors qu’au siècle dernier, on pouvait retrouver de large bassein homogène de travailleurs, aujourd’hui le marché de l’emploi commande la micro spécialité. Avec la croissances de micro-entreprise (travailleurs autonome/travailleurs idépendants), des formations de plus en plus spécifiques sont nécessaires. Or, seule l’auto-apprentissage permettra au capital humain de répondre au besoins du marché de l’emploi de l’avenir et à ces exigences;

Puisque la première tâche de tout être humain est celui de se donner naissance, il s’avère donc fondamentale d’Apprendre à Apprendre.


Work in progress…

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