La trajectoire à long terme des enfants diagnostiqué TDAH lors de la période préscolaire peut s’avérer chronique et sévère

Le Trouble d’Hyperactivité avec/sans Déficit de l’Attention (TDAH), un trouble neuropsychologique et neurodéveloppementale, chronique, qui débute dans l’enfance, et se persiste à à l’âge adulte chez la majorité des enfants. En plus des principaux symptômes du TDAH, ces personnes éprouvent souvent des symptomes associés tels que la dysrégulation émotionnelle, les troubles du sommeil ou d’une faible estime de soi, et souffrent également de troubles concomitants (comorbidité), en particulier les épisodes dépressifs, les troubles anxieux, et la toxicomanie.

En europe, par contraste [du  taux de prévalence de la condition de 3-4%], la prévalence du diagnostic est inférieure à 0,5%, ce qui indique que la majorité des cas ne sont pas diagnostiqués et non traités. Ainsi, les données disponibles suggèrent que la plupart des adultes atteints de TDAH en Europe ne sont pas traitées. Nous verrons plus loin pour les États-Unis.

Aussi, les hommes qui ont été diagnostiqués durant l’enfance TDAH semble avoir des aboutissements significativement plus délétères, et ce, dans les sphères éducatifs, professionnels, économiques et sociaux, selon une étude de suivi de 33 ans, ou on les a comparés avec les hommes sans TDAH durand l’enfance [et donc à l’age adulte également].

Le TDAH, qui est d’abord diagnostiqué à l’âge préscolaire, tend à s’avérer chronique et sévère, mais le cours de la maladie est différent chez chaque enfant, selon les données à long terme de suivi de NIMH-funded Preschool ADHD Treatment Study (PATS).

Ainsi, le TDAH chez les enfants d’âge préscolaire est un diagnostic relativement stable sur une période de 6 ans. La trajectoire est généralement chronique, avec une sévérité élevée des symptômes et des troubles, chez les très jeunes enfants atteints de TDAH modérée à sévère, malgré un traitement avec des médicaments. Le développement de stratégies d’intervention de TDAH plus efficace est nécessaire pour ce groupe d’âge.

La plupart des études sur le TDAH se concentrent essentiellement sur les enfants d’âge scolaire, en particulier les garçons. Le PATS a été la première étude à long terme et à grande échelle conçus pour se concentrer sur les enfants d’âge préscolaire atteints de TDAH, et de déterminer l’innocuité et l’efficacité de leur traitement par le méthylphénidate (Ritalin). Les résultats inital de l’étude ont permis constaté que dans l’ensemble, de faibles doses de ce médicament sur ​​le court terme sont efficaces et sûres, à condition que l’enfant d’âge préscolaire, qui est particulièrement sensible aux effets secondaires, soit étroitement surveillé.

Dans l’étude de suivi, les participants originel, à l’époque âgés de 3 à 5 ans, ont été suivis pendant six ans après que le PATS ait débuter le suivit la trajectoire clinique de leur TDAH. Parents et enseignants ont été interrogés sur les symptômes des enfants à trois (3), quatre (4) et six (6) ans, suivant la fin de l’étude. Après six ans, 89 pour cent des participants rencontrait encore les critères diagnostic du TDAH. Bien que certains symptômes avaient diminué, beaucoup d’entre eux présentaient encore des symptômes sévères, en dépit de l’utilisation des médicaments. Dans l’ensemble, les trajectoires de maladie des enfants variaient considérablement.

Les filles et les garçons ont également montré différents types de changements au cours de leur maladie. Au départ, les filles ont tendance à avoir des symptômes plus graves, notamment d’inattention. Même si elles ont montré au fil du temps une baisse plus marquée de la sévérité de leurs symptômes par rapport aux garçons, leurs symptômes sont quand même restés plus sévère que ceux des garçons, et ce, tout au long de la période d’étude, à l’exception de l’hyperactivité et de l’impulsivité dans le cadre scolaire.

À mesure qu’il y a plus d’enfants d’âge préscolaire qui sont diagnostiqués du TDAH et qui tenteront d’obtenir des traitements, une connaissance de l’évolution à long terme de la maladie s’avère importante afin d’établir les interventions les plus efficaces, et ce, dès le début du cours de la maladie. Et parce que le diagnostic de TDAH chez les enfants d’âge préscolaire tend à persister tout au long de l’enfance, l’intervention précoce et intensive pouvant inclure une médication, les interventions dites comportementales et la formation des parents, s’avèrent nécessaires.

Dans un effort pour améliorer les conséquences néfastes pour ces enfants, plus de recherches sont nécessaires concernant les effets des médicaments traitant le TDAH sur les enfants d’âge préscolaire sur le long terme, ainsi que les effets de la combinaison de différents médicaments. En outre, plus de recherches sont nécessaires pour identifier les caractéristiques individuelles qui pourraient accroître le risque d’un enfant de TDAH à long terme ainsi que les caractéristiques des enfants dont les symptômes disparaissent avec l’âge.

« Ces résultats soulèvent des questions qui, malheureusement, ne peuvent être répondues à partir de nos données actuelles » écrivent les auteurs de l’étude. « Par exemple, pourquoi les médicaments, tels qu’administrés dans la communauté, ne semblent pas suffisamment efficaces pour réduire les symptômes en deçà de l’écart clinique de la plupart des participants? Est-ce un problème de conformité? Alternativement, il est possible que les pratiques pharmacothérapeutique des praticiens de la communauté n’aient pas été adaptées afin de maximiser les bénéfices cliniques. Notre étude n’a pas été conçue pour répondre à ces questions, toutefois, quelle que soit les raisons puissent être, il est inquiétant de constater que les enfants atteints de TDAH, même lorsqu’ils sont traités avec des médicaments, continuent d’éprouver des symptômes, et ce que nous devons savoir, c’est pourquoi cela en est ainsi et comment pouvons-nous faire mieux », explique le chercheur principal, Mark Riddle, MD, un psychiatre pédiatrique au Johns Hopkins Children Center. « Le TDAH est devenu un diagnostic plus fréquent dans la petite enfance, et comprendre comment la maladie progresse dans ce groupe d’âge devient critique. Nous avons constaté que le TDAH chez les enfants d’âge préscolaire est une maladie chronique et plutôt persistante, qui exige de meilleurs traitements comportementaux et pharmacologiques à long terme que nous avons actuellement ».

Une autre étude montre que près de 37.5% des enfants atteints de TDAH continuent de lutter contre cette condition jusqu’à l’âge adulte, et certains peuvant développer d’autres troubles psychiatriques. Nous devons donc concevoir et adopter une approche des maladies chroniques au TDAH comme nous le faisons pour le diabète. Le système de soins doit être conçu pour le long terme. De plus, près de 57% des adultes TDAH arborait au moins 1 autre trouble psychiatrique à l’âge adulte, comparativement à 35% des participants du groupe témoin adultes qui n’avaient pas eu le TDAH lors de l’enfance. Les troubles psychiatriques rencontrés les plus fréquents étaient la toxicomanie ou la dépendance, trouble de la personnalité antisociale, les épisodes hypomaniaques, de l’anxiété généralisée et la dépression majeure. L’incidence de décès par suicide était près de 5 fois plus élevé chez les adultes TDAH.

Les enquêteurs de l’étude expliquent que le TDAH ne doit plus être considérée uniquement comme un trouble qui affecte principalement le comportement et l’apprentissage des enfants, mais aussi comme un problème de santé majeur qui confère un risque accru de mortalité, d’adversité sociale sous forme de comportements criminels, de persistance des symptômes et des déficiences du TDAH jusqu’à l’âge adulte, et un taux accrus d’autres problèmes de santé mentale. Cette étude montre la nécessité d’améliorer considérablement le traitement à long terme des enfants atteints de TDAH et de fournir un mécanisme pour les traiter comme comme des adultes.

Il est possible, sinon probable, que l’ampleur des effets négatifs de cette cohorte serait encore plus important dans les populations ayant des difficultés supplémentaires telles que des taux plus élevés de pauvreté ayant des conditions socioéconommiques défavorables.

Les parents d’enfants atteints de TDAH doivent s’assurer que leurs enfants obtiennent des traitements de haute qualité et qu’il continue leurs traitements alors qu’ils entrent [et sortent] dans l’adolescence. Les enfants doivent également être évalués pour les troubles d’apprentissage et le suivi des conditions associés au TDAH, y compris l’usage de drogues, la dépression et l’anxiété.

De plus, les auteurs de l’étude pensent sous-estimer les aboutissements délétères du TDAH chez les enfants. Car la plupart des personnes étudiés étaient de race blanche et de classe moyenne, avec une bonne éducation et l’accès aux soins de santé. Selon les auteurs, on peut dire que c’est potentiellement le meilleur scénario. Les aboutissements pourraient donc être pire dans les populations socioéconomiquement défavorables.

SOURCES

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