Porter son attention sur la TDAH : Prévalence de l’usage et de la consommation de médicaments

Un traitement pharmacologique est le traitement le plus commun, bien que la thérapie comportementale [et psychosociale] est l’approche recommandée en première ligne chez les jeunes enfants TDAH. Le psychostimulant Ritalin (méthylphénidate) a été le premier médicament largement utilisé dans le traitement du TDAH. Les stimulants continuent d’être la thérapie pharmacologique la plus couramment prescrite pour le TDAH, tandis qu’une plus petite population de patients est traitée avec des médicaments dit non stimulants.

Alors que les stimulants sont extrêmement efficaces pour réduire certains symptômes coeur du TDAH (impulsivité, hyperactivité et attention), comme de nombreux médicaments d’ailleurs, il y a certes des risques associés à leur utilisation, y compris la dépendance et les effets délétères, et indésirables chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires ou de conditions qui y sont reliées. Les médicaments traitant le TDAH peuvent également augmenter les risques d’autres troubles psychiatriques et peuvent provoquer des convulsions s’il est pris à fortes doses.

Il y a également certaines préoccupations quant à l’augmentation de l’abus de l’usage de stimulants sur ordonnance prescrits pour le TDAH ainsi que leur grande disponibilité sur le marché noir dans un cadre universitaire, voire collégial. Selon certaines recherches récentes, un adolescent sur huit avait abusé ou avait fait un mauvais usage de la médication pour le TDAH. En 2011 et en 2012, la Drug Enforcement Administration (DEA) a intensifié leurs efforts afin de lutter contre l’utilisation illicite de ces drogues par la mise en œuvre des restrictions supplémentaires sur leur disponibilité. Ces nouvelles restrictions obligent les fabricants de limiter la production de ces médicaments à un niveau défini, qui, combiné avec des augmentations substantielles dans l’utilisation, a conduit à une importante pénurie de l’offre.

L’analyse montre que le nombre d’adultes et d’enfants qui utilisent la médication pour le TDAH continue sa « fulgurante » ascension, passant à 35,5 % de 2008 à 2012. En 2012, près de 4,8 millions d’Américains assurés aux privés avaient pris un médicament pour traiter le TDAH. Alors que les enfants sont toujours les principaux utilisateurs de médicaments contre le TDAH, le nombre d’adultes faisant usage de ces médicaments a augmenté à un rythme beaucoup plus rapide, jusqu’à 53,4 % contre 18,9 % de 2008 à 2012.

La hausse spectaculaire dans le diagnostic et le traitement du TDAH chez les adultes peut largement être attribuée au nombre croissant de preuves que le TDAH n’est pas une condition exclusive à l’enfance. En fait, selon une étude récente étude, environ 30 % des enfants atteints de TDAH continue de souffrir de ce trouble à l’âge adulte. Il y a eu un changement radical au cours des dernières années dans la manière dont nous concevons et pensons le TDAH. Tout en affectant principalement les enfants, nous savons maintenant que le TDAH n’est pas seulement une maladie de l’enfance, mais peut continuer à influer sur plusieurs sphères de la vie des adultes. Un développement inattendu qui a résulté de la reconnaissance du TDAH chez l’adulte est que les femmes ont reçu le traitement pharmacologique dans une plus grande mesure que les hommes.

Comme cela a toujours été le cas, les garçons sont les principaux utilisateurs de ces traitements médicamenteux de stimulants et dépassent de loin le nombre de filles qui en font également usage. Cependant, la tendance s’inverse chez les adultes, alors que plus de femmes font usage de ces médicaments pour le TDAH que les hommes.

Alors que le TDAH se présente souvent chez les femmes sous la forme d’inattention, et qui ne présentent également pas de comportements perturbateurs à l’école (ou de symptômes externalisés), la condition, ses symptômes et ses comorbidités, peuvent être négligés, ignorés ou celés, et souvent ces femmes ne sont pas diagnostiqués et ni traités pour leur TDAH Durand l’enfance et l’adolescence. Plus tard dans la vie, quand elles deviennent plus conscientes de la condition, surtout si leurs enfants montrent des signes de symptômes TDAH, ces femmes peuvent reconnaître ainsi leurs propres symptômes liés à cette condition et consultent alors un médecin à ce sujet (on entend souvent des parents – mères – découvrir qu’il souffre de la même condition que leur progéniture). Elles ont aussi tendance à être le parent qui s’occupe des visites médicales lorsque leur enfant doit être traité pour le TDAH.

Ainsi, de ce nombre croissant de femmes faisant usage de médicaments du TDAH, certaines d’entre elles peuvent aussi être en cours de traitement « off-label » pour une dépression résistante, puisque les stimulants sont parfois utilisés conjointement avec des antidépresseurs dans ces cas.
Pour les femmes avec un diagnostic clinique qui justifient un traitement médicamenteux, les médicaments du TDAH peuvent être extrêmement bénéfiques pour les principaux symptômes du TDAH. Malheureusement, il y a des utilisations moins appropriées du médicament qui pourrait également favoriser ces augmentations de l’usage, et pose également certains problèmes de sécurité, compte tenu des effets secondaires potentiels et délétères, ainsi que la nature « addictive » de stimulants. Depuis que les stimulants sont (re)connus pour diminuer l’appétit, ils sont parfois utilisés, à tort, comme une aide à la perte de poids qui peut être une alternative intéressante à la volonté de suivre un régime. Ces médicaments peuvent également être utilisés par les femmes qui peuvent éprouver des symptômes de troubles de l’attention résultant des multiples exigences de la trépidante vie moderne (une mère non-tdah, ayant un enfant tdah, pourrait faire usage de médication pour augmenter ses facultés attentionnelles et de concentration, etc.).

Les différences entre les sexes sont également visibles lorsque l’on compare la prévalence chez les enfants et les adultes. Contrairement aux hommes, dont le nombre chute brutalement alors qu’ils entrent dans l’âge adulte, la prévalence des jeunes femmes qui utilisent ces médicaments continue d’augmenter, et ce après l’enfance, avec des femmes âgées de 19 à 25 ans éclipsant effectivement le nombre de filles qui prennent des médicaments pour le TDAH, et ce, de 27 %.

Contrairement aux hommes donc, dont le nombre chute après 18 ans, les jeunes femmes âgées de 19 à 25 ont des taux plus élevés d’utilisation des médicaments stimulant pour le TDAH que de filles âgées de 4 à 18 ans. Ainsi, les garçons sont souvent diagnostiquer durant l’enfance et cessent généralement de prendre leurs médications au cours ou peu après l’adolescence, alors que pour les filles, la condition du TDAH passe sous le radar durant l’enfance, et est généralement diagnostiqué et traité au cours de l’adolescence et à l’âge adulte. De plus, les femmes seraient plus portées à se conformer plus longtemps que les hommes aux traitements pharmacologiques.

Historiquement, le diagnostic et le traitement du TDAH a sensiblement été plus élevés chez les garçons que les filles, en partie à cause des comportements plus agressifs, perturbateurs et impulsifs exposés chez les jeunes hommes, tandis que les filles sont plus susceptibles d’afficher des symptômes de « distraction » de la condition qui peut être plus facilement négligée.

En 2012, 7,8 % des garçons âgés de 4 à 18 prenaient un médicament pour le TDAH, plus de deux fois le nombre de filles du même âge (3,5 %). Les garçons adolescents, âgés de 12 à 18 ans, sont de loin les utilisateurs les plus répandus. En 2012, 9,3 % de cette population a pris un médicament pour le TDAH – 7,9 % en 2008.

Dans son édition, mise à jour, du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), publié en mai 2013, l’American Psychiatric Association (APA) a pour la première fois fourni des lignes directrices spécifiques aux professionnels de la santé mentale sur la caractérisation et le diagnostic de TDAH chez l’adulte. Le DSM-5 reflète plus de 20 ans de recherches publiées démontrant que le TDAH se présente d’abord avant l’âge de 12 ans, il peut continuer à l’âge adulte. Les adultes atteints du TDAH ont des taux plus élevés de divorce, d’abus de drogues et de comportement criminel, de perte d’emploi.

Nous avons observer, au cours des dernières années, une forte augmentation de l’ampleur de traitements médicamenteux pour le TDAH au sein de la population adulte, et les gains les plus importants ont été observés chez les 26 à 34 ans – jusqu’à 84,4% de 2008 à 2012. L’augmentation de la prévalence chez les femmes de ce groupe d’âge étaient légèrement plus élevés, en hausse de 85,1%, au cours de la période de cinq ans.
Bien que l’on constate des augmentations plus élevé parmis les femmes agées de 26 à 34 ans, les jeunes femmes âgées de 19 à 25 ans montrent un taux d’usage de traitements médicamenteux du TDAH plus élevé, par rapport aux femmes des autres groupes d’âge. Fait intéressant, ils ont également dépassé les filles dans l’utilisation de ces médicaments, avec 4,4% d’entre elle daisant usade de médicament pour le TDAH en 2012, comparativement à seulement 3,5% pour les 4 à 18 ans.

Les différences entre les sexes chez l’adulte quant à l’utilisation de médicaments pour le TDAH sont à l’opposé de ceux observés chez les enfants. Il y a seulement une légère différence entre le nombre d’hommes et de femmes âgés de 19 à 25 qui font usage de ces médicaments. Après cela, plus de femmes que d’hommes adultes font usage de traitements pour le TDAH et l’écart relatif entre eux s’élargit à mesure qu’ils vieillissent.

L’étude à également permis de montré que près des deux tiers des adultes ont recu prescriptions de médicaments contre le TDAH par un médecin de soins primaires (primary care physicians) plutôt que d’un spécialiste.

Une sensibilisation accrue et une plus grande acceptation que le TDAH comme un trouble du comportement (c’est un trouble neurodéveloppementale, avec des symptômes comportementaux) au cours des dernières décennies a conduit de nombreux enfants souffrant de cette condition à recevoir des traitements pharmacologiques dont ils auraient besoin pour réussir à l’école et dans leur vie. Cependant, il y aurait également une variété de tendances cliniques et sociétales qui gonflent le nombre de diagnostics de TDAH et de traitements médicamenteux, et ce, à des niveaux préoccupants et anormaux aux États-Unis.

Un facteur contribuant serait la pression croissante et accrue sur les écoles et les étudiants pour améliorer les performances scolaires au sein d’environnement d’évaluation à grands enjeux où il y a moins de tolérance pour les comportements perturbateurs en classe. Cela est particulièrement vrai chez les garçons qui affichent souvent la forme la plus impulsive et « agressive » de la maladie.

Bien qu’il existe des enfants qui ont très certainement TDAH et qui bénéficient grandement de traitements médicamenteux, le TDAH est malheureusement devenu « fast-track » pour les enfants ayant des problèmes de comportement, masquant parfois d’autres problèmes tels que des troubles de l’humeur, des troubles de l’anxiété, des troubles oppositionnels avec provocation ou des troubles des conduites. Les pédiatres et les médecins de soins primaires qui, souvent, n’ont pas le temps ou la formation pour mener l’évaluation neuropsychologique approfondie et les entretiens cliniques nécessaires pour déterminer efficacement et avec un certains niveau de certitude le diagnostic du TDAH, sont les premiers responsables de traitement et du suivi de ces enfants. Les médecins peuvent également se trouver sous la pression des parents, des professeurs, ou d’autres intervenants (DPJ, CLSC, etc.) qui ne sont pas heureux avec les qualités des comportements de l’enfant et sont convaincus que le TDAH est responsable. Il existe donc un biais, biais de confirmation, qui consiste à la tendance naturelle qu’ont les personnes à privilégier les informations qui confirment leurs idées préconçues ou leurs hypothèses (sans considération pour la véracité de ces informations) et/ou d’accorder moins de poids aux hypothèses jouant en défaveur de leurs conceptions. Compte tenu du manque général d’accès aux thérapies comportementales, psychoéducationnelle, et psychosociales, et des frais qui y sont associés, une prescription de médicament est généralement le résultat, une fois un diagnostic de TDAH a été fait.

Un autre facteur qui peut être ajouté à la prévalence du diagnostic et du traitement du TDAH est l’exposition des enfants à « temps d’écran » (screen time) ou l’on a montré qu’il augmenter les comportements perturbateurs et la distraction et mène à l’abaissement des performances scolastiques, dont la diminution des notes scolaires. Bien qu’il n’y ait pas de preuve concluante que les activités d’écran peuvent effectivement causer le TDAH, jouer aux jeux vidéo — en particulier chez les jeunes enfants dont le cerveau est en développement – les entraines à répondre à changements de stimuli très rapide et, sans les autres activités nécessitant une attention prosocial prolongée, peuvent entraîner des comportements qui imitent les symptômes du TDAH. L’utilisation généralisée de la technologie à des âges de plus jeunes et plus jeunes deviendra un facteur de plus en plus important dans le diagnostic de TDAH. C’est un phénomène qui doit préoccuper et interpeller les parents ainsi que les cliniciens.

Alors que la grande majorité des enfants sont traités avec des stimulants, il y a une plus grande proportion de jeunes enfants sur les médicaments dits « non stimulants » que l’on observe chez les adolescents. En 2012, 19,5 % de 4 à 11 ans qui prenaient un médicament pour le TDAH ont utilisé un « non stimulant » par rapport à 14,2 % des 12 à 18 ans. Les « non-stimulants » sont considérés comme plus aisés à tolérer, car ils ne provoquent pas un certain nombre des effets secondaires associés aux stimulants, y compris la perte d’appétit et des troubles du sommeil. Cependant, ils peuvent ne pas être aussi efficaces que les stimulants dans le traitement du TDAH chez certaines populations de patients.

En plus d’utiliser des congés pharmacothérapeutiques pour contrer certains problèmes et troubles de la croissance, certains enfants sont offerts des pauses de médicaments afin de réduire leur exposition à un certain nombre d’effets secondaires désagréables ou délétères de stimulants. Il y a, cependant, certains éléments de preuve montrant que les enfants atteints de TDAH, qui persistent sans pauses avec les médicaments tout au long de l’année ont moins de problèmes que ceux dont le traitement est interrompu. À suivre…

Si les effets secondaires des médicaments TDAH ou des problèmes de croissance s’avèrent importants, les congés pharmacothérapeutiques s’avèrent une importante option pour atténuer ces problèmes. Cependant, une approche individualisée d’une analyse bénéfice/risque et la conversation avec le patient et les parents devraient faire partie de toute décision sur la nécessité d’une pause de médicaments. La cessation de traitement pour une période de temps peut, dans certains cas, rendre plus difficile pour un enfant de revenir à la prise de médicaments pour le TDAH sur une base régulière, ce qui entraîne la « non-observance » ou de l’utilisation sous-optimale du médicament qui peut s’avérer problématique.

Le fait que nous observons une légère hausse significative du nombre d’adultes sous ordonnance de médicaments pour le TDAH au cours des dernières années est clairement lié à la reconnaissance qu’il y a une proportion de personnes qui continuent a souffrir de symptomes et à avoir besoin de traitement pour le TDAH à l’âge adulte. Il n’est pas surprenant de voir, d’ailleurs, qu’il y ait une baisse significative de l’utilisation de médicaments pour le TDAH chez les garçons passé l’age de 18 ans, car une fois les enfants quittent le domicile familiale, ils ont tendance à moins conforme se conformer aux traitements de leur spécialiste ou médecin. Aussi, ces disparités peuvent être liées au fait que les femmes vont, à un taux plus élevé que les hommes, à l’université et les étudiants qui fréquente l’enseignement supérieur font plus usage de stimulants que ceux qui de le fréquente pas. En outre, les femmes ont tendance à être de meilleurs patients que les hommes et à se conformer plus facilement aux soins recommandés, et donc à honorer leurs prescriptions. En outre, les jeunes femmes sont souvent en contact plus régulier avec leurs parents qui peuvent aider à soutenir l’adhésion aux médicaments.

Il est également intéressant de noter qu’une fois entrer dans le milieu du travail, les femmes devancent dépasse en nombre les hommes dans leur utilisation de traitements médicamenteux du TDAH. Il y a donc une tendance pour les femmes à mieux adhérer à des soins médicaux. Mais un autre facteur qui a un effet appréciable dans la conduite de l’usage de drogues pour les TDAH, en particulier chez les femmes de carrière, est le « syndrome de superwoman ». Pour certaines femmes, les stimulants peuvent fournir, à un niveau élevé, l’énergie supplémentaire et l’attention nécessaire et suffisante qu’elles doivent obtenir, tant à la maison et qu’au travail.

Il ne fait aucun doute qu’il y a des adultes qui ont besoin de médicaments pour le TDAH pour réussir dans leur vie professionnelle et personnelle. Cependant, le fait qu’il y a eu une substantielle hausse de l’usage de médication pour le TDAH chez les adultes soulève les mêmes questions que nous avons posées à propos de l’utilisation appropriée de ces traitements chez les enfants: sur-diagnostiquons nous ou sur-médicamentons nous la population adulte?

L’utilisation d’antipsychotiques pour le traitement de patients atteints de TDAH a longtemps été controversée. Les antipsychotiques sont des puissants médicaments avec des effets secondaires potentiellement sévères et délétaires. Ils sont approuvés pour une utilisation chez les patients souffrant de troubles de l’humeur, de la schizophrénie et d’autres graves troubles de santé mentale. Ils ne sont pas approuvés pour traiter le TDAH. Cependant, ils sont parfois prescrits «off label »  pour certains patients atteints de TDAH qui ont des sévères problèmes comportementaux, car ils peuvent être très efficaces pour rapidement améliorer les comportements. Un petit sous-ensemble des ces enfants atteints de TDAH pevent également souffrir d’autres problèmes de santé mentale qui justifient l’utilisation des antipsychotiques.

Les enfants utilisant les médicaments pour le TDAH sont beaucoup plus susceptibles de se voire offrir un antipsychotique que les enfants qui ne sont pas traités pour le TDAH. L’utilisation concomitante de médicaments antipsychotiques et pour le TDAH chez les enfants âgés de 4 à 11 s’élève à 7,4% (contre 0.5% pour les non TDAH) , taux 10 fois plus élevé que chez les enfants qui n’utilisent pas de médicaments pour le TDAH. Cependant, les enfants âgés de 12 à 18 ans souffrant du TDAH font une utilisation concomitante de médicaments antipsychotiques plus élevé, à 9,6% (contre 1.2 % pour les non TDAH), soit plus de sept fois le taux d’utilisation vu chez leurs pairs non traités pour la maladie.

Ces nouvelles données sont définie dans un contexte qui montre que 9,9% de la population de tous les âges ayant un TDAH ont pris une médication antipsychotique, en 2012, et ce par rapport à seulement 1,5% des personnes non-TDAH (personnes assurées en privé). Cependant, l’étude révèle également une tendance de la consommation annuelle d’antipsychotiques progressivement inférieur chez les enfants et les adultes qui prennent des médicaments pour le TDAH depuis 2009. La baisse a été particulièrement notable chez les adultes atteints de TDAH âges 26 à 34 qui ont réduit leur utilisation des antipsychotiques de 10,6% en 2008 à 7,6% en 2012. Les données également montrer un renversement de la tendance au cours des trois dernières années par rapport aux études antérieures qui ont signalés une augmentation sept fois plus importante dans l’utilisation des antipsychotiques chez les enfants et une augmentation de près de cinq fois chez les adolescents, et ce entre 1993-2009, dont un grand nombre ont été diagnostiqués avec le TDAH.

Le fait que tant d’enfants atteints de TDAH sont également traités avec des antipsychotiques s’avère alarmant. Bien qu’il existe certains cas qui peuvent justifier l’utilisation de ces médicaments ainsi que les stimulants, ils doivent être utiliser comme ultime et dernier recours thérapeutique alors que les autres médicaments qui ont été essayées ont échoué.

Les estimations sur le nombre de personnes souffrant de TDAH ainsi que de la dépression varient considérablement. Des études ont présenté des chiffres entre 16 % à 37 % des adultes et 9 % à 38 % des enfants atteints de TDAH, qui ont également un trouble dépressif.
La dépression est une fréquente comorbidité chez les patients atteints de TDAH, en particulier chez les femmes, et, dans certains cas, les médicaments pour le TDAH ont été utilisés pour traiter la dépression majeure qui ne répond pas à d’autres treatments. Les symptômes d’un trouble imitent souvent les symptômes de l’autre, et les erreurs de diagnostic sont un problème potentiel.

Les utilisateurs TDAH des deux sexes et de tous âges sont beaucoup plus susceptibles de prendre un antidépresseur que ceux qui ne sont pas traités pour le TDAH. Selon l’analyse, l’utilisation des antidépresseurs pour ceux qui suivent un traitement pour le TDAH augmente avec l’âge, autant chez les femmes que chez les hommes, mais, à partir de l’âge de 12 ans, les femmes souffrant de TDAH sont beaucoup plus susceptibles de se voir offrir un traitement d’antidépresseurs que les hommes. Le taux de traitement aux antidépresseurs est de 15,0 % chez les enfants atteints de TDAH et de 40,5 % chez les adultes atteints de TDAH, mais s’élève jusqu’à 64,4 % chez les femelles d’âges de 50 à 64 ans et 47,0 % chez les hommes de même âge.
Chez les enfants, la plus grande augmentation de l’utilisation concomitante a été observée chez les enfants âgés de 4 à 11 ans de 2008 à 2011, avec une prévalence de 10,6 % environ. L’utilisation d’antidépresseurs a diminué au cours de cette période chez la plupart des adultes TDAH et la seule exception étant que les hommes dans le groupe de 19 à 25 ans a connu une légère hausse du nombre de personnes qui prenait un antidépresseur.

La recherche a montré que, bien que le traitement médicamenteux pour le TDAH peut s’avérer extrêmement efficace sur les symptômes cœur du TDAH (hyperactivité, impulsivité, attention), la combinaison de médicaments et la thérapie comportementale [et psychosociale] peuvent entraîner de meilleur rendement scolaire et de meilleures relations familiales. L’approche combinée peut aussi conduire à la prescription de doses plus faibles de médicaments.

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5e édition (DSM-V, publié en 2013 par l’American Psychiatric Association (APA), recommande la psychothérapie comme intervention en première ligne chez les enfants atteints de TDAH, complétée une médication en fonction des besoins des enfants plus âgés. Cette directive nonobstant, un seul enfant assuré sur quatre qui prend des médicaments pour le TDAH a reçu une forme de psychothérapie en 2010. L’étude a également identifié une grande disparité dans les taux de psychothérapie reçue à travers les États-Unis.
Un des résultats de l’étude valide que les enfants dans les comtés qui ont le moins de psychologues étaient deux fois moins susceptibles de recevoir une psychothérapie que ceux dans les comtés ayant le plus de psychologues. Mais parmi toutes les autres communautés ayant des ressources de santé mentale comparables, il n’y avait aucune explication clinique apparente pour expliquer la variation de l’offre de psychothérapies chez les patients atteints de TDAH.

Les coûts des médicaments pour le TDAH ont connu une augmentation de 91 % sur la période d’étude de cinq ans, et ce, à partir de 18,57 $ en 2008 à 35,52 $ en 2012, principalement grâce à la hausse de l’utilisation de la médication, bien qu’il y ait également une augmentation du coût de ces médicaments. La moyenne que les plans paient par ordonnance a augmenté de 35,4 % à 146,41 $, tandis que les coûts pour les bénéficiaires « hors poche » (beneficiaries out-of-pocket costs) ont augmenté de seulement 4,2 % à 27,52 $ au cours de cette même période.

La plus forte augmentation dans le coût du plan moyen par ordonnance (average plan cost per prescription) a été observée chez les patients plus âgés, ceux âgés de 50 à 64 ans, à 236,92 $, tandis que les 4 à 11 ans ont produit la plus faible augmentation à 117,75 $. Les coûts du régime par prescription (plan costs per prescription) diffèrent selon le sexe, ainsi, les femmes dépensent en moyenne 153,29 $, les hommes dépensent considérablement moins, à 140,98 $.

Des différences régionales dans le coût moyen par ordonnance ont également été observées, dont les coûts les plus élevés en 2012 ont été observer dans le Midwest à 154,37 $, tandis que le plus bas coût par ordonnance ont été observés dans le sud à 140,61 $. Cependant, les coûts pour les bénéficiaires « hors poche » les plus élevés sont assumés par ceux qui vivent dans le sud, avec un prix moyen par ordonnance de 32,27 $, tandis que le coût le plus bas à 23,23 $ a été observé dans l’Ouest.

Le type de médicaments prescrits ainsi que le médecin qui prescrit influence aussi de façon significative les coûts. En moyenne, les coûts des plans de médicaments stimulants et les membres (stimulant medications cost plans and members) paient 142,86 $ par ordonnance par rapport à 159,74 $ pour les non-stimulants. Le coût total par ordonnance lorsque le médicament est prescrit par un spécialiste était de 167,28 $, et de 133,65 $ lorsqu’il est prescrit par un médecin de soins primaires (primary care physicians).

Cependant, les coûts par patient « hors poche » (patient out-of-pocket costs) étaient légèrement plus faibles pour les médicaments prescrits par des spécialistes. Cela peut être lié à une plus grande proportion de patients âgés — ceux qui sont plus susceptibles d’utiliser de coûteux médicaments de marque, sans solutions génériques de rechange — étant prescrit des médicaments pour le TDAH par des spécialistes lorsque comparé avec ceux prescrits par les médecins de soins primaires (primary care physicians).

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