De l’intimidation, de la neuropsychologie et de la neurobiologie interpersonnelle, de l’exclusion et du rejet social, et des troubles neurodéveloppementaux

Trente pour cent des adultes atteints d’un trouble déficitaire de l’attention ou de trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA ou TDAH) rapportent qu’ils ont été victimes de violence physique, et ce, avant l’âge de 18 ans, comparativement à sept pour cent pour ceux qui n’ont pas le TDA/TDAH.

Cette forte association entre la violence et le TDAH n’a pas été expliquée par les différences dans les caractéristiques démographiques ou par d’autres facteurs d’adversités rencontrées en début de vie par ceux qui avaient été maltraités. Même après l’ajustement pour différents facteurs potentiel (tel que l’âge, la race, le sexe, et trois autres types d’expérience adverse lors de l’enfance, comme le divorce, l’abus de drogues chez les parents, le chômage prolongé), ceux qui ont déclaré avoir été abusés physiquement avant 18 ans avaient sept fois plus de chances de vivre de la violence physique.
Les enquêteurs ont examiné un échantillon représentatif de 13 054 adultes âgés de 18 ans et plus du Canadian Community Health Survey de 2005, comprenant 1020 répondants qui ont déclaré avoir subi de la violence physique de la petite enfance et 64 répondants qui ont déclaré qu’ils avaient été diagnostiqués par un professionnel de la santé, soit avec le TDAH ou le TDA.

Les données ne permettent pas de connaître l’orientation de cette association. Il est possible que les comportements des enfants souffrant de TDA/TDAH augmentent le stress parental et la probabilité d’abus. Alternativement, une nouvelle littérature scientifique suggère que l’abus au début de l’enfance peut entraîner et/ou exacerber le risque du TDA/TDAH.

Cette étude souligne l’importance du TDA/TDAH comme marqueur de mauvais traitements. Avec 30 pour cent des adultes souffrant du TDA/TDAH qui signalent avoir subi des sévices physiques durant l’enfance, il s’avère donc important pour les professionnels de la santé travaillant avec ces enfants de pouvoir détecter s’il y a présence de sévices physiques.

Fait intéressant, les victimes de violence physique lors de la petite enfance sont de deux fois plus susceptibles de développer des ulcères que les personnes qui n’ont pas été victimes de violence étant enfants. Des chercheurs ont trouvé une forte et significative association entre les individus qui ont été maltraités durant l’enfance et ceux qui ont été diagnostiqués avec des ulcères gastro-duodénaux plus tard dans la vie. On pensait originellement que ce lien serait expliqué par des facteurs tels que le stress, l’obésité, le tabagisme ou l’abus d’alcool — caractéristiques qui sont fortement associées à des ulcères gastro-duodénaux —, mais même après l’ajustement de 16 variables connues, ceux qui avaient été victimes de violence physique dans l’enfance ont coté 68% supérieurs d’ulcères gastro-duodénaux que leurs pairs non-victimes de violence.

Ces résultats montrent l’importance de la prévention de la maltraitance physique des enfants, mais également la nécessité de dépistage chez les adultes qui ont été victimes de violence durant l’enfance comme ils sont à risque de conséquences négatives sur la santé.

Les chercheurs ont utilisé les données d’un échantillon représentatif de la collectivité de 13 069 Canadiens d’âge adulte. Plus de 1000 ont déclaré être physiquement agressées par une personne proche d’eux avant l’âge de 18 et 493 ont dit qu’ils avaient été diagnostiqués avec des ulcères peptiques par un professionnel de la santé.

L’intimidation, aussi appelé « peer victimization » (l’expérience chez les enfants d’être une cible de l’agressivité des autres enfants, qui ne sont pas des frères et sœurs, et et qui ne sont pas nécessairement des camarades du même âge), est une » relation problématique et irrespectueuse » qui se produit lorsqu’un ou plusieurs enfants utilisent de manière répétée un comportement agressif afin de manipuler, éliciter de la colère, ou de nuire à un autre enfant vulnérable en raison de ses caractéristiques physiques, mentales, sociales.

Les enfants peuvent être victimes d’intimidation de plusieurs manières. Par exemple, un enfant victime d’intimidation physique peut être botté, frappé, ou poussé par un pair qui est plus âgé ou plus fort, tandis qu’un enfant victime d’intimidation verbale peut subir des insultés, des épithètes péjoratives ou dégradantes, ou des menaces. Beaucoup de parents, les éducateurs et les professionnels de santé sont familiers avec les formes physiques et verbales de l’intimidation. Cependant, l’intimidation peut également prendre la forme d’ostracisme, de la propagation de rumeurs ou de ragots visant à saboter les relations avec les pairs de l’enfant ciblé et l’isoler ainsi du groupe de pairs. Ce type d’intimidation, appelée l’intimidation relationnelle, peut-être tout aussi préjudiciable à un enfant étant harcelée ou subissant de la violence (physique, direct, indirecte,…) et de la violence psycholpgoqie et morale.

Les enfants qui sont victimes d’intimidation font face à de nombreux facteurs de risques sociaux et émotionnels, incluant une plus grande probabilité de se sentir déprimé ou anxieux, de se sentir être seul, d’entretenir une faible estime de soi. Les autres conséquences de l’intimidation peuvent inclure des maux de tête ou des problèmes de sommeil, un manque d’assiduité à l’école, un manque de motivation et une baisse du rendement scolaire ; et dans les cas extrêmes, des pensées suicidaires ou des passages à l’acte. En fait, l’intimidation est un problème si grave que la plupart des pays à travers le monde, dont le Canada, en ont fait une priorité quant à la santé des enfants afin de prévenir et de gérer l’intimidation dans les écoles et les communautés.
Bien que de nombreux enfants peuvent être victimes d’intimidation à un moment ou un autre, les enfants handicapés [ou en situation de handicap] semblent être particulièrement vulnérables d’être la cible d’agressions répétées de leurs pairs.

Certaines preuves suggèrent que les enfants qui ont un certain type de handicaps dits « cachés » (Dyspraxie – Developmental coordination disorder, TDAH – Attention Deficit Hyperactivity Disorder, Dysphasie – Specific language impairment) sont moins susceptibles de se voir offrir la protection de leur groupe de pairs que les enfants, dont le handicap, sont plus visibles (par exemple, les enfants handicapés physiques tels que le spina bifida).

Les enfants atteints de dyspraxie ont plusieurs traits physiques qui pourraient accroître leur vulnérabilité à l’intimidation. Par exemple, ils peuvent sembler maladroits et bizarres quand ils se déplacent et se débattent les tâches scolaires que les autres enfants de leur âge peuvent faire. Ils peuvent également ne pas être en aussi bonne forme physique que leurs pairs et peuvent être obèses ou affiche un certain surpoids. Certaines recherches avec les parents d’enfants atteints de dyspraxie suggèrent que les familles expriment souvent des préoccupations au sujet de l’intimidation lorsque leurs enfants atteignent l’âge de 9 ou 10 ans.

Les enfants souffrant de dysphasie sont moins habitués aux nombreuses activités sociales qui s’avèrent importantes pour le développement des relations sociales avec les pairs, tel que savoir comment intégrer les groupes de pairs, savoir négocier avec les pairs et la résolution des conflits, ainsi que savoir prendre part aux activités d’apprentissage de groupe. De récentes études suggèrent également que les enfants dysphasie sont à risque accru d’être intimidé. Par exemple, des chercheurs du Royaume-Uni ont révélé que le risque de « victimization » par les pairs parmi les enfants de11 ans avec dysphasie était de 36 % — près de trois fois plus que le niveau rapporté par les enfants du même âge sans difficulté. De plus, les adolescents avec dysphasie ont signalé un risque tout au long de la vie d’être intimidé ce qui représentait presque le double de celui de leurs camarades du même âge (49 % contre 27 %), et ont déclaré avoir été cinq fois plus victimisés durant l’enfance (13 % chez les enfants avec dysphasie vs 2 % chez les pairs au développement normal).

Les enfants atteints de TDAH peuvent être jusqu’à quatre fois plus susceptibles d’être victimes d’intimidation que leurs pairs. Ils signalent également plus de « victimization » verbale, physique et relationnelle que les enfants sans TDAH. En fait, le risque d’être fréquemment victime d’intimidation peut être aussi grand que 10 fois plus chez les enfants avec TDAH. Dans une étude qualitative de la « victimization » par les pairs parmi les quatre garçons atteints de TDAH, les chercheurs ont décrit comment l’intimidation chronique peut conduire à des sentiments d’impuissance et de détresse psychologique sévère. Même à un jeune âge, si l’intimidation est présente, les enfants atteints de TDAH peuvent souffrir de dépression et d’anxiété.

Un grand nombre d’informations complémentaires sur le risque de « victimization » répétée par les pairs chez les enfants atteints de TDAH ou dysphasiques que chez les enfants atteints de Dyspraxie. Pour les enfants avec dysphasiques ou TDAH, les études montrent un risque accru d’être victimes d’intimidation par rapport à d’autres enfants du même âge sans handicap. La recherche sur le risque d’être victime d’intimidation pour les enfants atteints de Dyspraxie est encore émergente, mais la littérature disponible suggère que certains de ces enfants peuvent y être vulnérables.

Il est important que les adultes soient conscients que ces enfants peuvent être à risque accru d’être victimes d’intimidation, même si leur handicap n’est pas toujours évident ou visible pour les autres. La nécessité pour les adultes d’être au courant des risques encourus par les enfants avec un handicap dit « caché » s’étend à d’autres groupes vulnérables (par exemple, les enfants ayant des troubles d’apprentissage). Par conséquent, les parents et les enseignants doivent se familiariser avec les signes qu’un enfant est victime d’intimidation et savoir ce qu’ils peuvent faire pour aider.

Un nombre croissant d’études montre que le besoin de se connecter socialement avec les autres est aussi fondamental que notre besoin de nourriture, d’eau et d’abris. Être socialement connecté serait l’une des véritables passions de notre cerveau. Cette fonction aurait été encodée dans notre système d’exploitation voilà des dizaines de millions d’années et témoigne ainsi d’une certaine évolution au cours des âges. Cette évolution a finalement rendu les humains d’aujourd’hui plus connectés à un monde dit social et toujours plus dépendants du monde social. Cette prédisposition à être « social » (grégaire) peut expliquer notre besoin d’interagir via les médias sociaux, les appareils électroniques, et même via des ragots et commérages (qui joue un rôle important), et aussi pourquoi les gens sont si intéressés à regarder les interactions sociales d’autrui dans les feuilletons et les télé-réalités, par exemple.

Les mammifères sont socialement plus connectés que les reptiles, les primates le sont plus que les autres mammifères, et les humains plus que les autres primates. Ce que cela suggère c’est que devenir plus connecté socialement est essentiel à notre survie. En un sens, l’évolution a fait le parie, à chaque ‘étape’ de l’évolution, que la meilleure manière de nous rendre plus prospère était de nous rendre encore plus social.

Ainsi, nos institutions exécuteraient mieux si elles étaient structurées avec une compréhension de notre nature sociale, et ayant une compréhension de la psychopathologie de l’interaction. Un jour, dans un futur proche, nous allons regarder notre passé et nous demander comment nous avons pu considérer la vie, le travail et les écoles qui sans être guidé par les principes du « cerveau social » (social brain).

Le système de l’éducation, et les écoles pourraient être considérablement améliorés par l’exploitation du potentiel social du cerveau. Ainsi, l’intérêt des élèves américains [et même canadiens et québécois] à l’école [et l’apprentissage] tend à diminuer quand ceux-ci atteignent les septièmes et huitième année (6iem année ou secondaire 1) — un âge où les humains deviennent extrêmement sociaux. Mais le modèle commun des institutions scolastiques et de notre système scolaire est constitué de sorte d’éteindre ce « cerveau social » de la progéniture.

Par exemple, nous n’apprenons pas l’histoire en demandant ce que Napoléon pensait, on enseigne plutôt les limites territoriales, les dates des faits historiques, une trame historique, et nous les rendons aussi asociales que possible. Trop souvent, semble-t-il, nous enlevons ce qui rend l’information « apprenable » et mémorable et nous soulignons surtout la chronologie des événements, tout en laissant les motivations humaines qui soutendent les faits historiques.

Le cerveau des enfants (fin du primaire et début du secondaire) veut comprendre le monde social et l’esprit d’autres personnes (théorie de l’esprit). Nous pouvons donc puiser dans l’aptitude des élèves d’être biologiquement prédisposés à apprendre, et nous pouvons le faire afin d’améliorer l’enseignement de l’histoire et du français, et même les mathématiques et la science. Ainsi, un nombre croissant d’études suggèrent également que les étudiants sont plus susceptibles de se souvenir d’informations quand ils l’apprennent socialement (apprentissage en groupe). Les écoles pourraient appliquer cette leçon en demandant aux élèves plus âgés de tutorat les plus jeunes.

Si vous avez en étudiant du secondaire qui tutorat en enfant du primaire, la motivation du premier sera sociale : cela pourrait donc aider cet autre étudiant et non pas l’embarrasser. Amener les étudiants à être à la fois enseignant et apprenant créerait probablement un certain enthousiasme, voire même un engouement, pour l’apprentissage.

Les recherches suggèrent également que les chefs d’entreprise pourraient bénéficier d’une meilleure compréhension des motivations sociales de la population, et donc des employés. Les études réalisées par certains chercheurs ont montré que le sentiment d’être apprécié et respecté dans le milieu de travail active le système de récompense du cerveau de la même manière que la compensation financière le fait – et les récompenses sociales pourraient être moins efficaces que l’argent quant à la motivation des travailleurs. Et une étude a montré que les gens étaient généralement disposés à remettre de l’argent qui leur avait été donné si cela signifiait que d’autres écrivent des mots aimables à leur sujet.

On note également qu’une étude sur 60 000 dirigeants a révélé que moins de 5 % de ceux-ci excellent à la fois à obtenir des résultats d’accomplissement importants, et bâtir des relations sociales. Peu de gens combinent efficacement ces deux habiletés.

L’importance des connexions sociale est si forte, que lorsque nous sommes rejetés ou lorsque nous vivons des douleurs de l’expérience sociale, nos cerveaux « souffrent » de la même manière que nous le faisons lorsque nous nous sentons la douleur physique. Ainsi, le rejet social, l’exclusion sociale, est aussi douloureux que la douleur physique et à sensiblement les mêmes effets. Ainsi, la douleur physique et sociale est plus proche qu’on ne l’imagine. Nous ne nous attendons d’e quelqu’un avec une jambe cassée à « juste s’en remettre, ça v’as passé ». Pourtant, quand il s’agit de la douleur de la perte sociale, il s’agit d’une réponse – commune – et erronée.

Notre nature sociale est si puissante qu’elle peut même dicter la manière dont nous sommes efficaces dans le développement de nouvelles innovations et la production d’importants changements sociétaux. Nous sommes branchés pour percevoir les choses et penser. Comment puis-je l’utiliser pour aider d’autres personnes que je connais? ‘« . Ainsi, je pourrais avoir l’idée la plus brillante pour une innovation [sociale], mais si toutefois je ne peux pas exprimer l’idés à d’autres personnes d’une manière qu’il puissent m’aider à construire et mettre en oeuvre, cela demeure qu’une idée dans la tête. Conséquemment, si nous ne sommes pas connectés socialement, même de grandes idées se fanent dans l’oublie.

La neurobiologie interpersonnelle (NI) met en évidence les relations, les émotions et le cerveau. La neurobiologie interpersonnelle, terme inventé par le Dr Dan Siegel, dans son livre “The Developing Mind” est un domaine interdisciplinaire qui cherche à comprendre l’esprit et la santé mentale. Ce champ est basé sur la science, mais n’est pas limité par la science, et qui peut se seront résumées qu’elle met l’accent sur les résultats des neurosciences en ce qui concerne le système des neurones miroirs et la plasticité neuronale.

La neurobiologie interpersonnelle est une approche dite conciliante (1) qui examine les domaines indépendants de savoir afin de trouver des principes communs qui émergent pour peindre une image globale de l’expérience et du développement humain, et (2) la neurobiologie interpersonnelle tente d’extraire la sagesse de plus d’une douzaine de différentes disciplines de la science pour tisser une image de l’expérience humaine et des processus de changement tout au long de la vie. La perspective de la “neurobiologie interpersonnelle” est de construire un modèle dans lequel les domaines objectifs de la science et les domaines subjectifs de la connaissance humaine peuvent trouver un lieu commun (3).

L’approche de la neurobiologie interpersonnelle à la psychothérapie s’appuie sur le cadre de base de ce point de vue interdisciplinaire qui explore les manières dont une personne peut aider les autres à alléger les souffrances et de progresser vers le bien-être. L’idée centrale de la neurobiologie interpersonnelle est d’offrir une définition de l’esprit et de bien-être mental qui peut être utilisée par un large éventail de professionnels concernés par le développement humain.

L’NI utilise les preuves cliniques qui supporte comme fondement la croissance continue du cerveau. Cette technique examine la possibilité de la guérison des traumatismes en stimulant le cerveau avec de puissantes persuasions positives. Certaines études ont montré que les conditions qui ont autrefois été considérées comme irréversibles peuvent être en fait transformable de manière saine. Parce que le cerveau se développe en continu tout au long de nos vies, les implications pour la guérison sont sans fin. Cette technique est utilisée dans un large secteur de la population, y compris avec ceux qui travaillent dans les domaines de la santé mentale, de l’éducation, de la parentalité, des entreprises, de l’industrie, etc.

Cette méthode explore donc, entre autres, les effets des traitements psychothérapeutiques sur le cerveau et comment le mécanisme du cerveau est directement affecté par les expériences de la vie. Dans le passé, les experts estimait que la croissance neurologique cessait au plus tard à l’âge adulte.
La neuroplasticité montre ainsi que la formation de nouveaux neurones et des liens neurologiques continue tout au long de la vie, et ce pour l’ensemble de la population. Ce constat relativement récent appuie donc la théorie de la neurobiologie interpersonnelle et apporte certaines preuves quant à sa validité et de son efficacité. En comprenant mieux comment ces liens neurologiques sont touchés, et de même, la manière dont ils affectent dans son ensemble le corps, l’intellect, et l’esprit, les cliniciens peuvent mieux aider les clients à se reconstruire et à renouer ces liens pour atteindre un équilibre intérieur plus sain.

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