[Risques Iatrogènes] Les médicaments pour le TDAH ne sont pas suffisamment testés quant à leurs sécurités et leurs efficacités sur le long terme

Une nouvelle étude[3,4,5] montre que les études à l’appui de l’approbation de la majorité des médicaments utilisés pour traiter chez les enfants les troubles de l’attention avec/sans hyperactivité (TDAH) n’ont pas été conçues pour démontrer la sécurité et l’efficacité des médicaments sur le long terme ou pour détecter les événements indésirables rares (EIR; Risques iatrogènes).

Des chercheurs du Boston Children’s Hospital, dans le Massachusetts, ont constatés que la majorité des études réalisées par les commanditaires quant à leur médicament pour le TDAH, et ce, avant l’approbation pour la mise en marché, étaient soit trop petites, soit trop courtes, ou les deux à la fois, pour effectivement extrapoler les gains cliniques significatifs lors des suivis qualifiés « à long terme » des enfants recevant ces médicaments pour le TDAH.

Il y aurait donc un décalage entre la manière dont ces médicaments sont approuvés, car en fait ils sont testés sur un petit nombre de patients sur de courtes périodes de temps, par rapport à la manière dont les médicaments sont utilisés, par un grand nombre de patients pendant de nombreuses années, signale l’auteur sénior Kenneth Mandl, MD, MPH, professeur de pédiatrie à l’Harvard Medical School, du Boston Children’s chair in biomedical informatics and population health et directeur du Intelligent Health Laboratory au Boston Children’s Informatics Program.

Donc, le constat de cette étude aurait de grandes implications sur la manière dont nous considérons la sécurité et l’efficacité de ces médicaments. Il est également impossible d’évaluer le type d’aboutissements [à partir des essais sur le TDAH] auxquels les parents et les médecins seraient les plus intéressés, y compris l’impact que ces médicaments peuvent avoir sur le rendement scolaire ou le développement cognitif et émotionnel.

Cette étude ne s’adresse pas à savoir si les médicaments pour le TDAH s’avèrent sûrs, bien que leur sécurité a depuis été établie par des années d’expérience clinique. Au lieu de cela, l’étude souligne la nécessité d’un programme mettant l’accent sur l’amélioration de l’évaluation des événements indésirables rares (EIR) et la sécurité à long terme par le biais d’essais post-commercialisation, d’essais comparatifs d’efficacité, une implication de la FDA plus active de maintien de l’ordre.

Une approche utilisée par la FDA pour accroître les connaissances concernant les EIR des médicaments ainsi que la sécurité à long terme de médicaments consiste essentiellement à exiger des compagnies pharmaceutiques de mener des essais post-commercialisation comme suite à l’approbation d’un médicament. Cependant, historiquement, l’application de cette exigence a été négligée et les compagnies pharmaceutiques n’ont pas mené les essais post-commercialisation demandés ou exigés.

Des constats frappants

Pour l’étude, les auteurs ont identifié tous les médicaments pour le TDAH approuvés par la US Food and Drug Administration (FDA) et ont analysé les données provenant des essais cliniques utilisés par la FDA pour évaluer l’efficacité clinique et la sécurité des médicaments.

Pour comprendre l’ampleur de la sécurité à long terme des médicaments communs traitant le TDAH, et la manière dont ils avaient été étudiés avant d’être introduits sur le marché, les chercheurs ont examiné les données d’essais cliniques inclus dans les ensembles d’approbations des médicaments de la FDA pour 20 médicaments, allant aussi loin que l’approbation initiale de la FDA pour méthylphénidate (Ritalin®) en 1955.

Les commanditaires des médicaments (compagnies pharmaceutiques) ont effectué au total 32 essais cliniques en tout pour l’approbation de 20 médicaments différents pour le TDAH. Ces 20 médicaments représentent 10 ingrédients actifs différents, comportant des produits individuels avec des systèmes de formulation et de livraison différents. Seulement 3 des 20 médicaments ont été retirer du marché depuis leur approbation par la FDA.

Le nombre médian des participants étudiés par médicament était de 75 participants, mais 11 médicaments ont été approuvés après avoir été étudié avec moins de 100 participants, et 14 des essais de médicaments comptait moins de 300 personnes (certains des 11 médicaments ont également été inclus dans les essais qui comportait moins de 300 personnes).

La durée médiane pour un essai avant l’approbation de la FDA était de 4 semaines. Encore une fois, cependant, plus de trois quarts des essais ont été réalisés sur moins de 6 mois, et plus d’un tiers ont été effectuées pendant moins de 4 semaines.

Ce qui s’avère préoccupant, c’est que globalement, la moitié de ces essais de médicaments comptait moins de 100 participants, ce qui s’avère un nombre impressionnant, car il est en effet très faible, signale l’auteure principal Florence Bourgeois, MD, MPH.

L’autre constatation préoccupante, a-t-elle ajouté, c’est que la durée médiane des essaies était seulement de 4 semaines, qui clairement ne s’avère pas suffisamment long pour évaluer les aboutissements axés sur le patient, tels que l’impact du traitement du TDAH sur les paramètres cognitifs et développementaux.

Les enquêteurs ont également constaté que la FDA avait approuvé sept médicaments sans commanditaires qui soumettent des données d’essais cliniques sur l’utilisation du médicament pour le traitement du TDAH chez une population pédiatrique.

Tous les 7 de ces médicaments avaient déjà été approuvé par la FDA pour d’autres conditions, telles que l’obésité.

La FDA a également demandé aux commanditaires de 6 médicaments différents de fournir des données d’essai supplémentaires post-commercialisation, mais seulement 2 commanditaires ont respectée cette demande.

Il est important de procéder à des essais post-commercialisation suite à l’approbation d’un médicament afin de contrôler de grands groupes de patients pour les EIR rares qui ne seraient pas détectés dans des essais cliniques limités, notent les auteurs.

Encore plus d’approbations récentes

Les médicaments approuvés pour le traitement du TDAH au cours de la dernière décennie ont fait l’objet d’un examen un peu plus approfondi.

Sur les 6 médicaments approuvés depuis 2004 pour le traitement du TDAH, le nombre médian des participants étudiés pour chaque « drogue » était de 259.

D’autre part, près des trois quarts des participants ont été étudiés que pour moins de 6 mois.

Quant aux médicaments approuvés plus récemment, la longueur médiane des essais avant de recevoir l’approbation de la FDA était de 8 semaines.

En outre, les chercheurs soulignent qu’aucun des médicaments approuvés pour le TDAH n’a rencontré les recommandations de l’International Conference on Harmonization of Technical Requirements for Registration of Pharmaceuticals for Human Use (ICH) quant aux tests et approbations de médicaments utilisés pour traiter les maladies chroniques qui ne mettent pas la vie en danger des souffrants.

Comme le suggère l’ICH, les premiers EIR se produisent et sont plus fréquents au cours des premiers mois de traitement.

Pour capturer ces effets indésirables, l’ICH recommande que soient traités entre 300 et 600 patients pendant au moins 6 mois avant la disponibilité d’un médicament sur le marché.

Alternativement, l’ICH indique qu’au moins 100 patients devraient être exposés à un médicament pendant au moins 12 mois pour capturer les EIR.

Seuls trois médicaments — Daytrana (Noven Pharmaceuticals, Inc), Focalin (Novartis Pharmaceuticals Corporation), et Concerta (Janssen Pharmaceuticals, Inc) — répondent aux exigences de l’ICH avec au moins 300 participants exposés à la « drogue » pendant 6 mois, et ce, avant la commercialisation du médicament.

Les deux médicaments, le Daytrana et le Focalin, se sont également conformés à la recommandation ICH d’étudier au moins 100 participants lors de leurs essais de médicaments sur une durée de 12 mois.

En tout et pour tout, nous ne savons pas vraiment si ces médicaments fonctionnent effectivement, compte tenu de la durée qu’ils sont sur le marché et le nombre de patients qui les ont prises, au moins sur le court terme.

Mais il y a un débat sur la manière dont ils sont efficaces sur le long terme, et il est important que les parents soient au courant de ce qui est connu et ce qui n’est pas connu quant aux avantages de ces médicaments pour qu’ils puissent prendre des décisions éclairées au sujet de la « drogue » pour leur enfant.

Ainsi, Mandl et Bourgeois considèrent leurs résultats comme un appel afin de mettre davantage l’accent sur la réglementation concernant la sécurité et l’efficacité des médicaments à long terme, en particulier ceux prévus pour un usage sur une base chronique.

Un alamisme innaproprité

Adélaïde Robb, MD, professeur de psychiatrie et de pédiatrie à l’Université George Washington, Washington DC, estime que l’étude s’avère « alarmiste » et en fait, relève « d’un alarmiste inapproprié ». La plupart des médicaments dont nous parlons pour le TDAH ont été étudiés sur le long terme et largement chez les enfants », selon le Dr Robb.

Ainsi, lorsque vous prescrivez le Daytrana, par exemple, c’est la même molécule de méthylphénidate qui a été dans tous les autres essais de Ritalin [Novartis Pharmaceuticals Corporation]. Tout ce que les enquêteurs veulent savoir c’est si la préparation liquide ou la préparation sous-la-langue ou la préparation par-le-peau est absorbée, et si ça fonctionne encore? Si la réponse est oui, les questions de sécurité à long terme et de toxicité ont déjà été posées et répondues.

Dr Robb a également estimé que les études pédiatriques quant au TDAH sur une durée de 6 mois ou, mieux encore, 12 mois, donnent effectivement aux médecins une bonne idée des effets secondaires à court et à moyen terme d’un médicament.

Le Dr Robb conclut que la recherche sur les enfants est importante. Acquérir plus d’informations sur la sécurité à long terme est également important, et nous avons donc besoin de consacrer plus de dollars au NIH [National Institutes of Health] pour ce faire. Donc, je le Dr Robb estime que cette étude s’avère un bon message au gouvernement fédéral afin d’accorder plus d’argent à la NIH pour faire des études à long terme de médicaments chez les enfants.

L’étude a été soutenue par l’Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development. Aucun des auteurs de l’étude n’a révélé des relations financières pertinentes. Le Dr Robb a cependant rapporté qu’elle a reçu le soutien pour la recherche provenant d’un certain nombre de sociétés pharmaceutiques pour les essais cliniques impliquant des médicaments pour le TDAH.

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sources

  1. http://www.medscape.com/viewarticle/828445

  2. http://www.sciencedaily.com/releases/2014/07/140709151626.htm

références

  1. http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0102249

  2. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25007171

  3. http://www.sciencedaily.com/releases/2014/07/140709151626.htm

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De la systémique, de la neuropsychologie infantile, et de la prise en charge des EHDAA

WHO : Monitoring child development as part of routine child health care services helps to detect #autism, other development disorders early – http://bit.ly/1dQzOSB

+ Dépistage et évaluation des troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant [agir en amont du cycle de développement]

Le président de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ), Claude Leblond, T.S., demande au chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, de s’excuser publiquement pour ses propos dénigrants prononcés à l’endroit des 12 000 membres de l’Ordre, samedi matin. En point de presse, M. Legault a déclaré que les Québécois seraient mieux servis par un comptable que par un médecin ou une travailleuse sociale [http://bit.ly/1dooYmP].

Ainsi, l’OTSTCFQ prend du temps et de l’argent pour dénoncer haut et fort que leur narcissisme est atteint par « l’allégorie » de François Legault, chef de la CAQ.

Or, si je comprends bien M. Legault, qui a [eu] des médecins dans son équipe, celui-ci nous illustre ainsi que pour lui, les problèmes actuels de la société relèvent plus de nature économique et comptable, que de nature sociale. C’est sa décision et son choix, qu’il doit justifier. Il est ainsi passablement évident que les forces du capital ont eu le dessus sur les forces sociales, car ne dit-on pas : « When Money talks, people follows ».

Je comprends donc que pour la CAQ, et même le PLQ, on s’adresse d’abord à l’économie, aux aspects économiques, dont la création de la richesse, pour supporter le sociale, et révèle ainsi quel poids notre société accorde au travail, à la création de la richesse, à la croissance infinie et aux rendements sur investissement maximal avec un minimum de risque, par rapport au tissu social.

Pour moi, c’est clair, que la CAQ ne méprise pas les médecins et les travailleurs sociaux, car elle ne fait seulement remarquer, certes peut-être maladroitement par une expression quelque peu boiteuse et vaseuse, mais qui, pour moi, reflète bien la démarche de la CAQ, à savoir, celle de vouloir donner priorité à l’économie.

Or, avec la rapacité et la cupidité des marchés financiers comme moteurs de la société, la crise financière de 2007-2008 a bel et bien montré les limitations de la création de la richesse, faisant ainsi également des ravages, qui n’ont pas fini de détruire des vies et des acquis sociaux, dans plusieurs pays. La société est-elle devenue un marché? Le tissu social se capitalise-t-il? Par exemple, nos gouvernements ne protègent-ils pas les revenus du capital bien davantage que les revenus de retraite? On a sauvé les banques bien plus que les régimes de retraite lors de la crise, et on rechigne à taxer les revenus du capital et on n’envisage pas qu’ils puissent être mis à contribution pour financer l’éducation, la santé, voire même les retraites. Ainsi, on privatise la création de la richesse, mais ce sont les gouvernements, et surtout la classe moyenne, qui essuie les pertes.

Conséquemment, l’OTSTCFQ s’offusque inutilement et semble réagir comme s’il avait subi une agression narcissique. On peut lire, « …les valeurs de justice et d’équité sociale, de respect des droits et de la dignité des personnes, que défendent chaque jour les travailleurs sociaux, valent bien celles véhiculées par le chef de la CAQ, quelles qu’elles soient. Il est faux de prétendre que des travailleurs sociaux ne sont pas aptes à assumer des fonctions importantes au sein de notre société, y compris celles de premier ministre. Les propos de M. Legault sont dénigrants et il doit s’en excuser publiquement ».

Non, l’OTSTCFQ ne montre aucune pédagogie autre qu’une atteinte narcissique. Elle ne profite pas de l’occasion pour montrer comment elle défend ces valeurs. J’espère que ce n’est pas en produisant ces communiqués.

En tout état de cause, leur argumentaire me semble excessivement faible et ne semble pas montrer les fameuses dérives qu’il tente de dénoncer.

+ du rêve à la réalité

Or, c’est une erreur de croire que le tissu social ne nécessite pas de l’entretien, tout comme une institution nécessite une forme d’entretien. C’est également une erreur de croire que seuls l’argent et la richesse sont une solution au « nurturing » du tissu sociale. D’ailleurs, je remarquerais que les déviances collusionnaires observées dans certains domaines de l’économie et de la gouvernance québécoises montrent bien l’existence du phénomène de la dégradation du tissu social, et ces problématiques ne se règleront pas avec de l’argent et des investissements.

Il en est de même pour l’éducation, ou les améliorations ne viendront pas seulement par des investissements financiers, mais des investissements sociaux, comme la priorisation de l’éducation qui est le socle de la société du savoir. Les évolutions viendront d’un changement paradigmatique, et non pas seulement de la richesse économique et des investissements financiers. L’État lamentable des infrastructures scolastiques montréalaises représente aujourd’hui un lourd fardeau pour la société alors que la nécessité d’éradiquer le décrochage et l’analphabétisme fonctionnel s’avère des plus urgentes. L’augmentation des enfants EHDAA, de l’intimidation chez les jeunes, et des violences internet, est autant de signes patents qu’il se passe des choses dans le tissu social qui méritent toute notre attention. Il y a un manque chronique de ressources pour les enfants EHDAA, et similairement aux infrastructures scolastiques, dues à un déficit des investissements financiers adéquats, opportuns et appropriés.

Dembler, on croit évidemment que des investissements pour acquérir les ressources s’avèrent la solution, pour avoir plus d’orthopédagogues, de psychologues, plus de services, plus de ceci et plus de cela. C’est quantitatif, jamais qualitatif.

Or, une personne qui exerce au sein d’environnements limitatifs qui ne lui permettent pas de développer et d’exercer ses compétences pleinement, voire même d’en développer d’autres, ne peuvent nécessairement pas acquérir une expertise riche et diverse, et ne peuvent donc pas prétendre que l’ensemble des compétences de leur domaine est construit au sein d’environnement qui favorisent, non seulement le plein exercice des compétences, mais également l’innovation par l’apprentissage expérientielle. Or, on ne peut acquérir de l’expertise de vécu que l’on n’a pas vécu. Et, c’est au sein d’une déficience systémique patente liée aux manques de ressources que l’on tente de faire croire que les prestations de services aux étudiants EHDAA ont l’expérience suffisante et nécessaire afin de tirer;es enseignements et les expertises afin de créer, développer, améliorer, ces services aux étudiants.

Et s’il y a un problème au niveau de l’évaluation développementale des enfants, il y a certainement un problème au niveau du plan.

Ainsi donc, le système de prise en charge des enfants EHDAA souffre de lacunes puisqu’elle n’a pas pu se développer à partir de conditions nécessaires et suffisantes.

La systémique, ici, réfère à l’ensemble des moyens, techniques, méthodes, intervenants et spécialistes, qui est mise en interactions pour faire émerger une entité systémique compétente dans la prise en charge de l’éducation et du développement des enfants EHDAA.

Ainsi donc, l’Éducation et la Santé ne peuvent être considérées que comme des entités interreliées et non pas distinctes et séparer.

+ de la neuropsychologie infantile

Au carrefour entre la neurologie et la psychologie, la neuropsychologie permet d’aborder la personne dans sa globalité et de comprendre les mécanismes sous-jacents des difficultés neurocognitives.

Le neuropsychologue infantile (ou neuropsychologue pédiatrique) possèdent une formation dans la psychologie clinique et la neuropsychologie. Ils ont une formation spéciale dans le développement du cerveau. Ils utilisent cette formation pour évaluer et aider à gérer les enfants atteints de troubles du cerveau. Ces troubles peuvent entraîner des lésions cérébrales, des maladies médicales, ou des problèmes de développement. Le neuropsychologue infantile (ou neuropsychologue pédiatrique)aide, entre autre, les parents, les professionnels de la santé et de l’éducation, les professeurs de tout types, etc.

La neuropsychologie infantile (ou neuropsychologie pédiatrique) permet d’analyser, comprendre et proposer une action rééducative pour permettre une meilleure adaptation scolaire, sociale et familiale.Il consiste donc à évaluer le potentiel intellectuel de l’enfant, notamment la pensée (raisonnement intellectuel verbal et non verbal, l’abstraction, la capacité analytique, de synthèse, et de conceptualisation), la mémoire è long-terme et à court terme, l’attention, le langage (incluant la parole, la lecture, l’écriture et la littératie), la gestion de l’information (ex.: la planification, l’organisation, la vitesse et la qualité du traitement de l’information), la perception, et enfin, la motricité,ainsi qu’à contribuer au traitement et à la prévention de plusieurs situations problématiques vécues dans toutes les sphères de vie de l’enfant. En outre, les résultats de l’évaluation neuropsychologique permettent : 1- à l’enfant et à son entourage (parents, famille, intervenants) de mieux comprendre la nature de ses difficultés et ainsi respecter ses limites; 2— d’identifier l’environnement qui serait le plus propice à son épanouissement; 3— d’établir un plan d’intervention adapté à ses besoins (p. ex., intervention en neuropsychologie, orthopédagogie, orthophonie, ergothérapie, etc.); 4— de fournir les stratégies d’accommodations et d’adaptation, d’apprentissages et d’enseignements optimaux, nécessaires afin de maximiser ses apprentissages, son rendement et son bien-être.

D’apparition bien plus tardive que dans les autres pays occidentaux, la neuropsychologie infantile connaît un essor considérable en France depuis quelques années. Les pratiques de l’examen neuropsychologique, appuyées sur les modèles neurocognitifs du développement comme sur ceux de la modularité du fonctionnement cognitif et de la plasticité cérébrale, bousculent les représentations de l’évaluation psychologique de l’enfant ou de l’adolescent, notamment dans le registre des troubles développementaux (Asperger, Autisme, Syndrome Gilles de la Tournette), des troubles cognitifs et plus généralement des troubles d’apprentissage, notamment, la dyslexie, la dysorthographie, la dysphasie, la dyspraxie, le TDAH, la dyscalculie, les troubles de mémoire, le syndrome des dysfonctions non verbales.

Les psychologues de l’enfance et les professionnels de la santé sont de plus en plus sollicités pour apporter leur regard et leur expertise dans les situations difficiles que vivent les enfants et les familles qui les consultent. La question du profil cognitif de l’enfant, de ses ressources intellectuelles propres comme de ses déséquilibres ou défaillances, du fonctionnement et du développement de ses principales fonctions psychologiques (mémoire, attention, fonctions exécutives…) s’impose progressivement dans les demandes et les attentes parentales, sociales, sociétales et institutionnelles; au risque, expriment certains, de négliger les aspects affectifs, la dynamique psychique et les rapports symboliques aussi bien qu’émotionnels que l’enfant entretient avec le monde réel ou son monde interne. On négligerait [et ignorerait] donc le « cerveau social » de l’être humain.

L’intervention multidisciplinaire (ex.: neuropsychologues, orthopédagogues et psychoéducateurs) pour l’élève en difficulté d’apprentissage se spécialise donc dans l’évaluation et l’intervention auprès d’élèves en difficulté et en trouble d’apprentissage ou de comportement (c.-à-d.: EHDAA) établissant ainsi via une équipe multidisciplinaire l’offre de services le plus complète et adapté aux besoins spécifiques de ces jeunes en situation de handicap selon une approche globale du fonctionnement humain, et/ou tout en mettant l’emphase sur le rôle central est attribué aux parents, dont l’implication [avec un support approprié et opportun ; éducation parentale, parentage et (co)parentage] est essentielle au changement continu qu’exige la prise en charge de telles conditions qu’elle soit neurodéveloppementales, neuropsychologique ou dite psychiatriques.

La neuropsychologie est donc une discipline qui s’attache à chercher à comprendre le lien entre le cerveau et les apprentissages et/ou le comportement pour mieux cerner l’origine des difficultés et des troubles que présentent certains enfants, adolescents et jeunes adultes afin d’aider les parents et professionnels à intervenir de façon judicieuse pour accroître l’efficience et le bien-être des jeunes en difficulté.

Il faudrait dès lors que la science d’aujourd’hui, psychologie du développement de l’enfant et neurosciences cognitives (dont la neuropsychologie infantile ou la neuropsychologie pédiatrique), alimente la pédagogie1. Les découvertes en ces domaines devraient avoir un impact à l’école, dans le secteur sociétal de l’éducation, tout comme les neurosciences associées à la médecine ont déjà eu un fort impact dans le secteur de la santé.

Ainsi, donc, en soi, les entités individuelles (psychologues, pédopsychiatres, orthophonistes, professeurs, médecins, travailleurs sociaux, prestataires de services de santé, etc.) dites « compétentes » doivent être intégré de manière a constitué un système cohérent, capable de faire le suivi de l’état global du développement de la progéniture grâce a une sorte de tableau de bord (c. f. CIF), qui prend en compte un ensemble de facteurs (cliniques, individuelles, sociales, et environnementales), et qui permet d’identifier et de déterminer les mesures et les interventions optimales, de faire un suivi de la progression en quasi-temps réel de l’état de la progéniture et des services, interventions et mesures, ainsi que d’apporter les corrections nécessaires en fonction des changements, évolutions et dévolutions, constatées de l’état de l’apprenant.

Le tableau de bord est l’outil qui permet à toutes les entités du système de communiquer ensemble de manière cohérente et coordonner, de partager des informations pertinentes, et favorise l’interaction et l’échange d’information nécessaire et essentielle pour supporter toutes les activités des entités. Le tableau de bord consigne donc l’information (évaluations, diagnostics, fonctionnement global, mesures, interventions, services) sur lequel les entités génèrent la connaissance [les connaissances deviennent alors de l’information] concernant différents aspects de la problématique développementale de la progéniture sur lequel se fonderont les mesures, interventions, services nécessaires (evidence based practices).

Dans tous les cas, une évaluation neuropsychologique consiste à examiner la pensée, le comportement et le fonctionnement socio-affectif. L’évaluation utilise des tests et des procédures normalisées (ou standardisées).

C’est donc une manière de mettre en commun « virtuel » de plusieurs disciplines et de plusieurs compétences respectives en un tout cohérent ou la collaboration interprofessionnelle, et travailler en interdisciplinarité implique une notion de changement, d’abord un changement paradigmatique, changement qui n’est pas toujours facile à opérer dans un contexte du système de santé et de l’éducation. La collaboration interprofessionnelle dépasse par ailleurs les murs de leurs lieux d’activités, d’où l’aspect virtuel du tableau de bord. Or, le système professionnel dans lequel nous évoluons s’est substantiellement complexifié, notamment par l’introduction de nouvelles lois visant à élargir le rôle, les responsabilités et l’imputabilité des ordres auprès de la population et du gouvernement. Certains métiers du domaine de l’éducation méritent donc d’être professionnalisés.

Tous les professionnels, quel que soit leur champ d’intervention, sont généralement animés par une volonté d’apprendre et de diversifier leur pratique. Cependant, Il n’en demeure pas moins que la formation universitaire étendue n’habilite peut-être pas assez les gens à jouer un rôle de premier plan dans la prise en charge du développement global de la progéniture. Ceci étant dit, le terme professionnalisme (savoir/connaissance, savoir-être/comportement, savoir-faire/expérience) serait relativement nouveau, et relève d’un ensemble de valeurs et de comportements propres à une profession (éthique professionnelle).

+ de la perspective systémique de la prise en charge des EHDAA

La perspective systémique veux qu’un système optimal soit celui qui produit nécessairement les résultats escompter, non pas nécessairement le plus rapidement possible, mais de la meilleure qualité possible.

La perspective systémique veut qu’un système favorise l’interaction entre les entités au moyen d’un protocole de communication, qui ici, se présente sous la forme de la CIF. Ainsi, toutes les entités parlent de la même chose, avec le même langage.

La perspective systémique veut qu’un système abatte les structures en silos pour les mettre en interaction ou émerge de nouvelles connaissances, pratiques et expertises au sein d’une perspective globale et holistique. On parle ici de multidisciplinarité, d’interdisciplinarité, et de pluridisciplinarité.

La perspective systémique veut qu’un système…

+ Éducation,éducation, éducation !

Le rôle de l’éducation dans le développement économique, la création de richesse, mais aussi le progrès social est si central qu’il faut en faire une catégorie à part. Cela n’exclut pas les autres priorités, que ce soit l’assainissement des finances publiques ou l’autonomie énergétique. Mais l’éducation intervient à un niveau plus fondamental. C’est la clé. Si le Québec n’investit pas massivement dans son réseau d’éducation pris dans son sens large – des CPE au doctorat, en passant par la formation – , il ne parviendra pas à combler ses retards économiques.

On sait que les pays dont le niveau de vie est le plus élevé sont aussi ceux qui investissement le plus en éducation. On sait aussi que chaque dollar investi en éducation a un impact mesurable sur la croissance économique. Mais pourquoi ?

Lapresse plus+: http://bit.ly/1iX3TQb

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1 Ainsi, les enseignants doivent savoir qu’il y a trois systèmes cognitifs dans le cerveau. L’un est rapide, automatique et intuitif (le Système 1). L’autre est plus lent, logique et réfléchi (le Système 2). Un troisième système, sous-tendu par le cortex préfrontal, permet l’arbitrage, au cas par cas, entre les deux premiers. C’est ce Système 3 qui assure l’inhibition des automatismes de pensée (issus du Système 1) quand l’application de la logique (Système 2) est nécessaire.