Les interventions dites comportementales s’avèreraient efficaces pour le TDAH

L’usage des interventions dites comportementales (behavioral interventions) dont l’objectif relève du traitement chez les enfants et les adolescents souffrant de troubles de l’attention (TDAH) peut effectivement améliorer significativement à la fois le fonctionnement de l’enfant et du parent, suggère une nouvelle recherche.

Une méta-analyse réalisée pour le compte de l’European ADHD Guidelines Group de 32 études sur les jeunes atteints de cette condition a montré que les familles qui ont reçu des interventions dites comportementales (behavioral interventions) ont connu des améliorations significatives au niveau du parentage (parenting) et des concepts de soi parentales (parental selff-concept), ainsi qu’une amélioration des problèmes concomitants de comportement chez les enfants.

Le message clé de cette étude explique que les interventions dites comportementales telles que les formations parentales sont une importante composante de traitements multimodaux pour le TDAH, selon le co-enquêteur Edmund J. S. Sonuga-Barke, PhD, professeur de psychopathologie du développement à l’Université de Southampton au Royaume-Uni et visitant les professeurs au University of Ghent.

Ainsi, ce n’est pas nécessairement en raison de leurs effets sur les symptômes [noyaux] du TDAH, mais plutôt parce qu’ils peuvent améliorer les compétences parentales, augmenter le fonctionnement social, et réduire les comportements d’opposition et de défi.

L’étude a été publiée dans l’édition d’août du Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry.

Des aboutissements plus étendus

Les chercheurs indiquent qu’ils voulaient bâtir à partir d’une récente méta-analyse menée par le Dr Sonuga-Barke et fournir certaines réponses quant à un éventail plus large d’aboutissements chez l’enfant et les parents. Ils voulaient également répondre aux trois questions suivantes :

  • Est-ce que les interventions comportementales améliorer les réponses des adultes face aux enfants atteints du TDAH?

  • Pour les adultes qui travaillent avec ces enfants, est-ce que les interventions améliorer leur sentiment de compétence (c.f. sentiment d’auto-efficacité) tout en diminuant leurs propres problèmes de santé mentale?

  • Est-ce que ces interventions diminuent les niveaux de comportement d’opposition et à la dépréciation des compétences sociales et le rendement scolaire chez l’enfant ?

Les chercheurs ont mené une revue systématique des essais contrôlés randomisés (ECR ; randomized controlled trials – RCT) publiés jusqu’au 5 février 2013 de personnes âgées de 3 à 18 ans qui ont été diagnostiqués TDAH. Parmi ceux-ci, 32 essais ont été inclus dans l’analyse actuelle.

Les participants aux essais cliniques randomisés ont reçu soit une « condition de contrôle » (control condition), soit des interventions dites comportementales, qui ont été définis comme l’augmentation des comportements souhaités et la réduction des comportements indésirables grâce à une gestion classique de contingence, la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie dite comportementale par les parents ou les enseignants médiateurs. Le tout a été mis en œuvre dans un cadre scolaire ou de la maisonnée.

Les « conditions de contrôle » (control condition) comprennent notamment le traitement habituel (y compris les médicaments) ou les listes d’attentes.

Les mesures des aboutissements comprenaient notamment l’amélioration de la parentalité positive et négative (évalués à 9 et 14 essais, respectivement); l’anxiété, la dépression, ou d’autres comportements de santé mentale chez les parents (évaluée dans 9 essais); et le concept de soi parental/le sentiment de compétence (évaluée dans 7 essais ; c.f. sentiment d’auto-efficacité).

D’autres mesures ont porté spécifiquement sur les enfants et qui comprennent notamment des améliorations des symptômes du TDAH (évalués dans 19 des études), l’amélioration des problèmes de comportement (évalués à 15 essais), ainsi que la réussite scolaire et les compétences sociales (évalués dans 9 essais chacun).

Traitement de première ligne

Les résultats des essais d’évaluation généralement en mode « non aveugles » ont montré que les familles qui sont passées par des interventions comportementales ont considérablement amélioré les scores de parentage (parenting) positif et négatif (différence standardisée moyenne [standardized mean difference – SMD], 0.68 et 0.57, respectivement), du concept de soi parental (SMD, 0.37), ainsi que des symptômes chez l’enfant TDAH (SMD, 0.35), des problèmes de comportement (SMD, 0.26), de rendement scolaire (SMD, 0.28), et des compétences sociales (SMD, 0.47).

Les essais de qualité supérieure de mesure des symptômes de TDAH ont donné des effets plus importants. De plus, la méta-régression a montré des effets plus importants dans les études chez les jeunes enfants, pour les mesures de la plupart des parentages plus positifs (P = 0.03), des symptômes TDAH (p = 0.05), et des problèmes de comportements (P = 0.03).

Dans les essais contrôlés randomisés, probablement en mode aveugle, de significatives améliorations ont persisté pour les groupes quant aux interventions dites comportementales de parentage positif et négatif (SMD, 0.63 et 0.43, respectivement) et quant aux problèmes « conduites » chez l’enfant (SMD, 0.31).

Aucun des essais ne comportait une mesure en mode « probablement aveugle » pour les symptômes du TDAH. En outre, il n’y avait pas d’effets significatifs des traitements dans l’une des études dans les mesures de la santé mentale des parents.

Bien que plus de preuves soient nécessaires avant que les interventions dites comportementales soient mises en oeuvre à titre de traitement de première ligne pour les symptômes noyau du TDAH, les chercheurs ont montré la preuve qu’ils ont des effets bénéfiques sur le parentage et le sens de l’autonomisation (empowerment) des parents et d’effets corroborés de manière indépendante sur les problèmes de comportement des enfants atteints du TDAH.

Ils ajoutent que les analyses en mode « probablement aveugle » sont également nécessaires pour confirmer leurs conclusions quant à l’amélioration de la réussite scolaire et des compétences sociales. De plus, une plus grande exploration s’avère nécessaire sur l’effet modérateur de l’âge de l’enfant sur l’aboutissement de l’intervention.

Des bénéfices évidents

Un traitement efficace [du TDAH] s’avère crucial compte tenu de la chronicité bien documentée et la nature de compromettante de la condition, selon Linda J. Pfiffner, PhD, professeur de psychiatrie à l’Université de Californie, San Francisco.

Elle note que les médicaments stimulants et les interventions comportementales sont deux des traitements les plus étudiés lorsqu’il est question du TDAH.

Les lignes directrices de pratique professionnelle recommandent généralement soit l’un de ces traitements ou les deux traitements à la fois pour le TDAH, selon l’âge et la gravité des symptômes, écrit-elle. En raison de limitations de chaque traitement, les approches multimodales sont souvent recommandées.

Dr Pfiffner ajoute que la méta-analyse présente « les avantages évidents » des interventions dites comportementales chez les parents et sur les aboutissements chez les enfants. Elle note que cela montre également qu’en mettant l’accent sur la réduction des symptômes du TDAH comme unique aboutissement(s) sous-estime l’impact important et plus étendu des interventions dites comportementales.

Elle signale que les déficits fonctionnels ou les problèmes de comportement sont souvent générés par les familles qui cherchent à se faire soigner — et qu’ils sont généralement les principales cibles des interventions dites comportementales.

Tel qu’indiqué par les enquêteurs, les conclusions concernant les déficiences fonctionnelles sont particulièrement importantes étant donné que la médication n’a généralement eu que peu d’effets en ces domaines, écrit-elle.

Elle ajoute que la recherche sur les traitements a encore plusieurs défis persistants à relever, en particulier lorsqu’il s’agit des mesures sur les aboutissements.

Il y a… un besoin pour plus de clarté et de consensus quant aux niveaux de preuve nécessaires pour tirer des conclusions sur l’efficacité d’une intervention. De plus, il n’existe aucun système clair d’évaluation et d’interprétation des résultats mitigés, au sein, et entre, les études, écrit le Dr . Pfiffner.

Une multi-méthode (multi-method), et l’approche multi-informatrice (multi-informant approach) quant à l’évaluation des traitements ont le potentiel de fournir une image beaucoup plus nuancée sur l’efficacité d’un traitement que les approches individuelles et offriraient un meilleur pairage quant aux complexités inhérentes du traitement du TDAH et de ses troubles associés (comorbidités), ajoute-t-elle.

En fin de compte, ces approches semblent les mieux placés pour informer quant à la prise de décision et des lignes directrices cliniques pour la pratique médicale.

Dr Pfiffner n’a signalé aucun conflit d’intérêts. Les auteurs de l’étude ont noté plusieurs informations, dont la liste figure dans l’article original.

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sources

  1. http://www.medscape.com/viewarticle/829192?src=wnl_edit_tpal&uac=161915BT

  2. http://www.jaacap.com/article/S0890-8567(14)00408-0/abstract…

références

  1. http://www.jaacap.com/article/S0890-8567(14)00256-1/fulltext

  2. Pliszka S AACAP Workgroup on Quality Issues. Practice parameters for the assessment and treatment of children, adolescents, and adults with attention-deficit/hyperactivity disorder. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 2007;46:894–921

  3. Pelham WE, Fabiano GA. Evidence-based psychosocial treatments for attention-deficit/hyperactivity disorder. J Clin Child Adolesc Psychol. 2008;37:184–214

  4. DuPaul GJ, Eckert TL, Vilardo B. The effects of school-based interventions for attention deficit hyperactivity disorder: a meta-analysis 1996-2010. School Psychol Rev. 2012;41:387–412

  5. Evans SW, Owens JS, Bunford N. Evidence-based psychosocial treatments for children and adolescents with attention-deficit/hyperactivity disorder [published online ahead of print November 18, 2013]. J Clin Child Adolesc Psychol. PMID:24245813.

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  7. American Academy of Pediatrics. Clinical practice guideline for the diagnosis, evaluation and treatment of attention deficit hyperactivity disorder in children and adolescents. Pediatrics. 2011;128:1007–1022

  8. Sonuga-Barke EJ, Brandeis D, Cortese S, et al. Nonpharmacological interventions for ADHD: systematic review and meta-analyses of randomized controlled trials of dietary and psychological treatments. Am J Psychiatry. 2013;170:275–289

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  10. Galanter CA. Limited support for the efficacy of nonpharmacological treatments for the core symptoms of ADHD [editorial]. Am J Psychiatry. 2013;170:241–244

  11. Daley D, van der Oord S, Ferrin M, et al. Behavioral interventions in attention-deficit/hyperactivity disorder: a meta-analysis of randomized controlled trials across multiple outcome domains. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 2014;53:835–847

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[Risques Iatrogènes] Les médicaments pour le TDAH ne sont pas suffisamment testés quant à leurs sécurités et leurs efficacités sur le long terme

Une nouvelle étude[3,4,5] montre que les études à l’appui de l’approbation de la majorité des médicaments utilisés pour traiter chez les enfants les troubles de l’attention avec/sans hyperactivité (TDAH) n’ont pas été conçues pour démontrer la sécurité et l’efficacité des médicaments sur le long terme ou pour détecter les événements indésirables rares (EIR; Risques iatrogènes).

Des chercheurs du Boston Children’s Hospital, dans le Massachusetts, ont constatés que la majorité des études réalisées par les commanditaires quant à leur médicament pour le TDAH, et ce, avant l’approbation pour la mise en marché, étaient soit trop petites, soit trop courtes, ou les deux à la fois, pour effectivement extrapoler les gains cliniques significatifs lors des suivis qualifiés « à long terme » des enfants recevant ces médicaments pour le TDAH.

Il y aurait donc un décalage entre la manière dont ces médicaments sont approuvés, car en fait ils sont testés sur un petit nombre de patients sur de courtes périodes de temps, par rapport à la manière dont les médicaments sont utilisés, par un grand nombre de patients pendant de nombreuses années, signale l’auteur sénior Kenneth Mandl, MD, MPH, professeur de pédiatrie à l’Harvard Medical School, du Boston Children’s chair in biomedical informatics and population health et directeur du Intelligent Health Laboratory au Boston Children’s Informatics Program.

Donc, le constat de cette étude aurait de grandes implications sur la manière dont nous considérons la sécurité et l’efficacité de ces médicaments. Il est également impossible d’évaluer le type d’aboutissements [à partir des essais sur le TDAH] auxquels les parents et les médecins seraient les plus intéressés, y compris l’impact que ces médicaments peuvent avoir sur le rendement scolaire ou le développement cognitif et émotionnel.

Cette étude ne s’adresse pas à savoir si les médicaments pour le TDAH s’avèrent sûrs, bien que leur sécurité a depuis été établie par des années d’expérience clinique. Au lieu de cela, l’étude souligne la nécessité d’un programme mettant l’accent sur l’amélioration de l’évaluation des événements indésirables rares (EIR) et la sécurité à long terme par le biais d’essais post-commercialisation, d’essais comparatifs d’efficacité, une implication de la FDA plus active de maintien de l’ordre.

Une approche utilisée par la FDA pour accroître les connaissances concernant les EIR des médicaments ainsi que la sécurité à long terme de médicaments consiste essentiellement à exiger des compagnies pharmaceutiques de mener des essais post-commercialisation comme suite à l’approbation d’un médicament. Cependant, historiquement, l’application de cette exigence a été négligée et les compagnies pharmaceutiques n’ont pas mené les essais post-commercialisation demandés ou exigés.

Des constats frappants

Pour l’étude, les auteurs ont identifié tous les médicaments pour le TDAH approuvés par la US Food and Drug Administration (FDA) et ont analysé les données provenant des essais cliniques utilisés par la FDA pour évaluer l’efficacité clinique et la sécurité des médicaments.

Pour comprendre l’ampleur de la sécurité à long terme des médicaments communs traitant le TDAH, et la manière dont ils avaient été étudiés avant d’être introduits sur le marché, les chercheurs ont examiné les données d’essais cliniques inclus dans les ensembles d’approbations des médicaments de la FDA pour 20 médicaments, allant aussi loin que l’approbation initiale de la FDA pour méthylphénidate (Ritalin®) en 1955.

Les commanditaires des médicaments (compagnies pharmaceutiques) ont effectué au total 32 essais cliniques en tout pour l’approbation de 20 médicaments différents pour le TDAH. Ces 20 médicaments représentent 10 ingrédients actifs différents, comportant des produits individuels avec des systèmes de formulation et de livraison différents. Seulement 3 des 20 médicaments ont été retirer du marché depuis leur approbation par la FDA.

Le nombre médian des participants étudiés par médicament était de 75 participants, mais 11 médicaments ont été approuvés après avoir été étudié avec moins de 100 participants, et 14 des essais de médicaments comptait moins de 300 personnes (certains des 11 médicaments ont également été inclus dans les essais qui comportait moins de 300 personnes).

La durée médiane pour un essai avant l’approbation de la FDA était de 4 semaines. Encore une fois, cependant, plus de trois quarts des essais ont été réalisés sur moins de 6 mois, et plus d’un tiers ont été effectuées pendant moins de 4 semaines.

Ce qui s’avère préoccupant, c’est que globalement, la moitié de ces essais de médicaments comptait moins de 100 participants, ce qui s’avère un nombre impressionnant, car il est en effet très faible, signale l’auteure principal Florence Bourgeois, MD, MPH.

L’autre constatation préoccupante, a-t-elle ajouté, c’est que la durée médiane des essaies était seulement de 4 semaines, qui clairement ne s’avère pas suffisamment long pour évaluer les aboutissements axés sur le patient, tels que l’impact du traitement du TDAH sur les paramètres cognitifs et développementaux.

Les enquêteurs ont également constaté que la FDA avait approuvé sept médicaments sans commanditaires qui soumettent des données d’essais cliniques sur l’utilisation du médicament pour le traitement du TDAH chez une population pédiatrique.

Tous les 7 de ces médicaments avaient déjà été approuvé par la FDA pour d’autres conditions, telles que l’obésité.

La FDA a également demandé aux commanditaires de 6 médicaments différents de fournir des données d’essai supplémentaires post-commercialisation, mais seulement 2 commanditaires ont respectée cette demande.

Il est important de procéder à des essais post-commercialisation suite à l’approbation d’un médicament afin de contrôler de grands groupes de patients pour les EIR rares qui ne seraient pas détectés dans des essais cliniques limités, notent les auteurs.

Encore plus d’approbations récentes

Les médicaments approuvés pour le traitement du TDAH au cours de la dernière décennie ont fait l’objet d’un examen un peu plus approfondi.

Sur les 6 médicaments approuvés depuis 2004 pour le traitement du TDAH, le nombre médian des participants étudiés pour chaque « drogue » était de 259.

D’autre part, près des trois quarts des participants ont été étudiés que pour moins de 6 mois.

Quant aux médicaments approuvés plus récemment, la longueur médiane des essais avant de recevoir l’approbation de la FDA était de 8 semaines.

En outre, les chercheurs soulignent qu’aucun des médicaments approuvés pour le TDAH n’a rencontré les recommandations de l’International Conference on Harmonization of Technical Requirements for Registration of Pharmaceuticals for Human Use (ICH) quant aux tests et approbations de médicaments utilisés pour traiter les maladies chroniques qui ne mettent pas la vie en danger des souffrants.

Comme le suggère l’ICH, les premiers EIR se produisent et sont plus fréquents au cours des premiers mois de traitement.

Pour capturer ces effets indésirables, l’ICH recommande que soient traités entre 300 et 600 patients pendant au moins 6 mois avant la disponibilité d’un médicament sur le marché.

Alternativement, l’ICH indique qu’au moins 100 patients devraient être exposés à un médicament pendant au moins 12 mois pour capturer les EIR.

Seuls trois médicaments — Daytrana (Noven Pharmaceuticals, Inc), Focalin (Novartis Pharmaceuticals Corporation), et Concerta (Janssen Pharmaceuticals, Inc) — répondent aux exigences de l’ICH avec au moins 300 participants exposés à la « drogue » pendant 6 mois, et ce, avant la commercialisation du médicament.

Les deux médicaments, le Daytrana et le Focalin, se sont également conformés à la recommandation ICH d’étudier au moins 100 participants lors de leurs essais de médicaments sur une durée de 12 mois.

En tout et pour tout, nous ne savons pas vraiment si ces médicaments fonctionnent effectivement, compte tenu de la durée qu’ils sont sur le marché et le nombre de patients qui les ont prises, au moins sur le court terme.

Mais il y a un débat sur la manière dont ils sont efficaces sur le long terme, et il est important que les parents soient au courant de ce qui est connu et ce qui n’est pas connu quant aux avantages de ces médicaments pour qu’ils puissent prendre des décisions éclairées au sujet de la « drogue » pour leur enfant.

Ainsi, Mandl et Bourgeois considèrent leurs résultats comme un appel afin de mettre davantage l’accent sur la réglementation concernant la sécurité et l’efficacité des médicaments à long terme, en particulier ceux prévus pour un usage sur une base chronique.

Un alamisme innaproprité

Adélaïde Robb, MD, professeur de psychiatrie et de pédiatrie à l’Université George Washington, Washington DC, estime que l’étude s’avère « alarmiste » et en fait, relève « d’un alarmiste inapproprié ». La plupart des médicaments dont nous parlons pour le TDAH ont été étudiés sur le long terme et largement chez les enfants », selon le Dr Robb.

Ainsi, lorsque vous prescrivez le Daytrana, par exemple, c’est la même molécule de méthylphénidate qui a été dans tous les autres essais de Ritalin [Novartis Pharmaceuticals Corporation]. Tout ce que les enquêteurs veulent savoir c’est si la préparation liquide ou la préparation sous-la-langue ou la préparation par-le-peau est absorbée, et si ça fonctionne encore? Si la réponse est oui, les questions de sécurité à long terme et de toxicité ont déjà été posées et répondues.

Dr Robb a également estimé que les études pédiatriques quant au TDAH sur une durée de 6 mois ou, mieux encore, 12 mois, donnent effectivement aux médecins une bonne idée des effets secondaires à court et à moyen terme d’un médicament.

Le Dr Robb conclut que la recherche sur les enfants est importante. Acquérir plus d’informations sur la sécurité à long terme est également important, et nous avons donc besoin de consacrer plus de dollars au NIH [National Institutes of Health] pour ce faire. Donc, je le Dr Robb estime que cette étude s’avère un bon message au gouvernement fédéral afin d’accorder plus d’argent à la NIH pour faire des études à long terme de médicaments chez les enfants.

L’étude a été soutenue par l’Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development. Aucun des auteurs de l’étude n’a révélé des relations financières pertinentes. Le Dr Robb a cependant rapporté qu’elle a reçu le soutien pour la recherche provenant d’un certain nombre de sociétés pharmaceutiques pour les essais cliniques impliquant des médicaments pour le TDAH.

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sources

  1. http://www.medscape.com/viewarticle/828445

  2. http://www.sciencedaily.com/releases/2014/07/140709151626.htm

références

  1. http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0102249

  2. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25007171

  3. http://www.sciencedaily.com/releases/2014/07/140709151626.htm

Comment le traumatisme d’enfance pourrait être confondu avec le TDAH

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Je dédis spécialement ce papier à une travailleuse sociale, Lina Savard, qui saura très bien reconnaître mes propos lors de nos premières rencontres, et non pas à des exigences farfelus, mais bien une méthode concrète de prise en charge.

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Certains experts affirment que les effets normaux de l’adversité peuvent être diagnostiqués à tort à titre de TDAH.

La quête de la Dre Nicole Brown afin de comprendre les mauvaises conduites de ses patients pédiatriques a d’abord débuté par une intuition.

Dre Brown achevait ainsi sa résidence à l’hôpital Johns Hopkins à Baltimore, lorsqu’elle s’est rendu compte que beaucoup de ses petits patients qui vivaient dans un environnement à faible revenu avaient été diagnostiqués avec un trouble du déficit de l’attention avec/sans hyperactivité (TDAH).

Ces enfants vivaient essentiellement dans des ménages (ou dans des familles) et des quartiers où la violence et le stress implacable prévalent. Leurs parents les ont généralement trouvés difficiles à gérer et les enseignants les ont décrits comme perturbateurs et/ou inattentifs. Dre Brown reconnaissait ces comportements comme des symptômes classiques du TDAH, un trouble du cerveau caractérisé par l’impulsivité, l’hyperactivité, et une incapacité à se concentrer.

Lorsque Dre Brown s’y est cependant penchée de plus près, elle a remarqué autre chose : un traumatisme. L’hyper-vigilance et la dissociation, par exemple, pourraient être confondues avec l’inattention. L’impulsivité peut être provoquée par une réaction de stress au surmenage.

En dépit de nos meilleurs efforts en les référant à la thérapie comportementale et au démarrage d’une prisede stimulants, il s’avérerait toutefois difficile d’atteindre un contrôle des symptômes, même si le traitement des patients s’effectuait en fonction de lignes directrices pour le TDAH. Elle débuta alors l’élaboration de l’hypothèse que peut-être la plupart des constats relevassent plus d’un comportement externalisé à la suite d’un dysfonctionnement familiale ou d’expériencestraumatiques.

Considérés comme un trouble du cerveau héréditaire, un enfant sur neuf aux États-Unis — ou 6,4 millions de jeunes[2] — ont actuellement un diagnostic du TDAH. Au cours des dernières années, les parents et les experts se sont demandés[3] si la croissante de la prévalence du TDAH relevait : d’évaluations hâtives médicales; à une inondation et une surabondance de la publicité pour les médicaments du TDAH; et à une pression accrue des enseignants à cultiver la performance chez les étudiants. Or, aujourd’hui, Dre Brown et d’autres chercheurs attirent l’attention sur une possibilité convaincante : le comportement inattentif, hyperactif et impulsif peut en fait refléter les effets d’adversité vécue par la progéniture, et de nombreux pédiatres, psychiatres et psychologues ne savent pas comment — ou n’ont pas le temps — faire la différence.

Bien que le TDAH a été étudié de manière « agressive », peu de chercheurs ont exploré le chevauchement entre les symptômes et les effets du stress chronique ou de vécu traumatique tel que la maltraitance, les abus et la violence. Pour tester son hypothèse au-delà de Baltimore, Dre Brown a analysé les résultats d’une enquête nationale sur la santé et le bien-être de plus de 65 000 enfants.

Les conclusions de Dre Brown, présenté en mai à une réunion annuelle de la Pediatric Academic Societies, ont révélé que les enfants diagnostiqués du TDAH ont également connu des niveaux nettement plus élevés de pauvreté, de divorce, de violence et d’abus de substances de la part de la famille. Ceux qui ont subi quatre ou plus d’événements adverses dans leurs enfances étaient trois fois plus susceptibles d’utiliser des médicaments pour le TDAH.

L’interprétation de ces résultats s’avère toutefois délicate. Tous les enfants peuvent avoir été correctement diagnostiqués avec le TDAH, même si c’est peu probable. Certains chercheurs soutiennent que la difficulté d’élever un enfant avec des problèmes de comportement peut conduire à des difficultés économiques[4], au divorce[5] et à la violence psychologique, même physique. Cela s’avère particulièrement vrai pour les parents qui ont eux-mêmes TDAH, ou similairement des comportements impulsif ou qui ont vécu leur propre histoire de maltraitance infantile. Il n’y a également pas de preuve convaincante que le traumatisme ou le stress chronique conduit au développement du TDAH. [Mais, rien n’empêche d’ailleurs un enfant TDAH d’avoir subis un vécu traumatique].

Pour la Dre Brown, qui est maintenant un pédiatre au Montefiore Medical Center dans le Bronx, les données mettent en garde. Ce n’est pas évident comment le vécu traumatique influence le diagnostic et le traitement du TDAH, mais il est clair que certains enfants désobéissants pourraient éprouver des préjudices ou blessures (psychologiques) qu’aucun stimulant peut réparer ou mitiguer. Ces enfants peuvent aussi également et légitimement avoir un TDAH, mais à moins que les dommages émotionnels préalables ou courant ne soient traité, il peut être difficile de constater une spectaculaire amélioration dans le comportement de l’enfant, [surtout si le traitement ne repose que sur l’usage de psychostimulants].

Nous devons donc davantage réfléchir sur le dépistage des traumatismes et la conception d’un plan de traitement plus axés sur les traumatismes subis.

Dre Kate Szymanski en est venu à la même conclusion il y a quelques années. Professeur agrégé à l’Adelphi University’s Derner Institute et expert en traumatologie, Dre Szymanski a analysé les données de l’hôpital psychiatrique pour enfants à New York. La majorité des 63 patients de son échantillon avait été maltraité physiquement et avaient vécu dans des foyers d’accueil. En moyenne, ils ont rapporté trois traumatismes eu cours de leur courte vie. Pourtant, seulement huit pour cent des enfants avaient reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique alors que le tiers avait TDAH.

J’ai été frappé par la confusion ou l’empressement – ou les deux à la foisdans le choix dun diagnostic sur une autre, dit Szymanski. Obtenir une image du ou des traumatisme(s) d’un enfant s’avère beaucoup plus difficile et ardu que le constat de comportements comme l’impulsivité et l’hyperactivité. Et si elles se regroupent dans une certaine manière, il est facile d’aller à la conclusion que c’est un TDAH.

Une précédente édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux a exhorté les cliniciens à distinguer entre les symptômes du TDAH et les difficultés de comportement orienté vers un but chez les enfants d « environnements inadéquats, désorganisés ou chaotiques », mais cette mise en garde ne figure pas dans la dernière version. « Déterrer » les détails sur le vécu familiale de la maison de l’enfant peut s’avérer tout aussi être difficile, dit Szymanski. [D’ou l’importance de l’entrevue diagnostique qui relève littéralement de l’enquête.]

Un enfant peut refuser de divulguer l’abus ou la négligence vécue afin de protéger sa famille, ou après avoir « normalisé » ou « intégré » l’expérience ne la mentionnetout simplement pas. Les cliniciens peuvent également sous-estimer la prévalence de l’adversité. L‘étude « Adverse Childhood Experiences Study »[6], une enquête d’une année auprès de plus de 17.000 adultes, a établique les deux tiers des participants ont déclaré avoir vécu au moins un des 10 types d’abus, de négligence, ou de dysfonctionnement de ménages (ou familiale). Douze pour cent en ont rapporté quatre ou plus. Cette liste ne s’avère toutefoispas exhaustive. L’étude, par exemple, n’inclut pas les sans-abri et les personnes issues de familles d’accueil et le DSM ne classe pas facilement ces événements comme « traumatiques ».

Il ne s’avère pas non plus vraiment clair comment l’on pourrait déterminer le nombre d’enfants, qui chaque année, ont été mal diagnostiqués TDAH, mais une étude[7] publiée en 2010 estimait que le nombre pourrait être de près de 1 million. Cette recherche a comparé les taux de diagnostic parmi 12 000 des enfants les plus jeunes et plus âgés dans un échantillon de la maternelle et a établique les élèves moins matures étaient 60 pour cent plus susceptibles de recevoir un diagnostic de TDAH.

Bien que le TDAH est considéré comme une maladie génétique, ou peut-être associée à l’exposition prénatale au plomb, à l’alcool ou à la cigarette, il n’y a pas de scanner du cerveau ou un test d’ADN qui permet d’établir un diagnostic définitif. Au lieu de cela, les cliniciens sont censés suivre des lignes directrices exhaustives prévues par des organisations professionnelles, et à partir d’observations personnelles ainsi déclarées du comportement de l’enfant, ils doivent ainsi produire un diagnostic. Pourtant, sous la pression financière afin de garder les rendez-vous le plus bref possibles, et facturables, les pédiatres ainsi que les thérapeutes ne sont pas toujours rigoureux, minutieux et exhaustifs. [C’est pourquoi le financement à l’activité s’avère nécessaire et primordial.]

Des rencontres de 15 minutes, peut-être 30 minutes tout au plus, les professionnels n’ont pas vraiment le temps d’aller plus profondément. Si on soupçonne un TDAH ou un trouble psychologique, Dre Brown recommande son patient à un professionnel de la santé mentale pour une évaluation complète. Or, les professionnels ont peut-être obtenu un « historique social ou psychosocial » qu’ils ont pris au début des premières rencontres [lors de l’anamnèse], mais à moins que les parents soient ouverts et partagent le plus possible sur ce qui se passe à la maison, ceux-ci n’ont souvent pas la possibilité ou la réflexion nécessaire pour relier les deux.

Caelan Kuban, une psychologue et une directrice du « National Institute for Trauma and Loss in Children », basés au Michigan, connaissent bien les dangers de cette lacune. Il y a quatre ans, elle a commencé à offrir un cours conçu pour enseigner aux éducateurs, aux travailleurs sociaux et autres professionnels de la santé sur la manière de distinguer les signes de traumatisme de ceux du TDAH.

C’est une formation plutôtaccablante et très frustrante selon Kuban. Lors de l’entrainement, la première chose qu’elle explique aux gens, c’est que vous quittez cette formation plus confus que vous le soyez en ce moment.

Dans le séminaire d’une journée, Kuban décrit comment les enfants traumatisés ont souvent du mal à contrôler leur comportement et comment ils peuvent rapidement passer d’un état d’esprit à l’autre. Ils pourraient même dériver dans un état de dissociation tout en revivant une mémoire horrible ou bien perdre le « focus » tout en anticipant la prochaine violation de leur sécurité. Pour un enseignant ou un clinicien bien intentionné, ce comportement distrait et parfois perturbateur peut beaucoup ressembler au TDAH.

Kuban exhorte ses étudiants de son cours d’abandonner le personnage du « clinicien qui sait tout » et d’adopter le point de vue du « praticien vraiment curieux ».

Plutôt que de demander quel est le problème avec un enfant, Kuban suggère de se renseigner sur ce qui s’est passé dans sa vie, de sonder pour des événements qui perturbent et changent la vie (accident de vie).

Jean West, une travailleuse social employé par le district scolaire de Joseph, dans le Missouri, a suivi le cours de Kuban, et ce, il y a quelques années. West a ainsi remarqué que certaines mères enceintes adolescentes et certains étudiants « sans-abri » qui participaient aux programmes du district avaient souvent été diagnostiqués TDAH. Selon West, ce n’est pas tout à fait inattendu : des études ont montré que le TDAH peut être plus fréquente chez les jeunes à faible revenu[8], et que les enfants et les adolescents atteints de la condition sont plus enclins à des comportements à haut risque[9]. Pourtant, West a sentique les expériences des élèves pourraient aussi expliquer une conduite facilement confondue avec le TDAH.

Le cours de Kuban avait convaincu West de d’abord examiner le rôle des traumatismes dans la vie de ses étudiants. Quel avait été l’impact? Quel genre de soutien familial et sociétal avait-ils bénéficié? Si nous pouvons travailler à ce niveau afin de vraiment bien connaître leur histoire, il y a tant de pouvoir et de possibilités à cet égard.

À titre de responsable de l’école, West réfère parfois certains étudiants en difficulté à un pédiatre ou à un psychiatre pour un diagnostic, et rencontre les parents pour expliquer comment et pourquoi l’adversité peut façonner le comportement de leur enfant. Dans sa pratique privée, West évalue ainsi régulièrement les patients pour le syndrome du stress post-traumatique, à la place de, ou en plus, du TDAH.

Bien que les médicaments stimulants peuventaider les patients atteints de TDAH en augmentant leurs niveaux de neurotransmetteurs dans le cerveau associé au plaisir, au mouvement, et l’attention, certains cliniciens s’inquiètent de la manière dont ils affectent un enfant souffrant du SSPT, ou d’un trouble d’anxiété similaire, qui se ressent déjà comme une hypervigilance ou une agitation. Les thérapies comportementales disponibles pour le TDAH se concentrent essentiellement sur la gestion du temps et des compétences organisationnelles, et ne sont pas conçues pour traiter les troubles émotionnels et psychologiques.

Au lieu de cela, West enseigne aux enfants traumatisés à faire face et à désamorcer leur peur et leur anxiété. Elle recommande également une formation et une thérapie pour les parents qui peuvent contribuer à la gestion du, ou à composer avec le, comportement malsain de leur enfant. Ces programmes peuvent en effet aider les parents à réduire leur utilisation d’une discipline sévère ou abusive tout en améliorant la communication et la confiance[10], et ont été montrés à diminuer les comportements perturbateurs des enfants.

Szymanski utilise une approche similaire avec ses patients et leurs parents. Elle pense que tout enfant traumatisé a besoin d’une thérapie individuelle, mais aussi d’une thérapie familiale. Le traumatisme est une expérience familiale; il ne se produit jamais dans le vide.

Pourtant, trouver un fournisseur qui est familier avec un tel traitement peut s’avérer difficile chez les pédiatres et les psychiatres, affirme Szymanski. Bien que certains hôpitaux ont des centres de traumatismes de l’enfance, ils n’ont pas de réseau de référence bien défini. Même alors, les compagnies d’assurance, y compris le programme fédéral Medicaid, ne peuvent pas toujours payer pour les séances de groupe couramment utilisées dans les programmes de formation des parents.

Face à ces choix complexes, continue Szymanski, il n’est pas surprenant de voir les cliniciens négliger le rôle des traumatismes dans le comportement perturbateur d’un enfant et d’à la place uniquement se concentrer sur le TDAH.

Bien qu’il existe maintenant quelques recommandations pour les cliniciens, cet état de fait serait susceptible de changer au cours années à venir. L’American Academy of Pediatrics (AAP) développe actuellement de nouvelles directives pour le TDAH qui comprendra une section sur l’évaluation des traumatismes chez les patients, même si elle ne sera pas achevée avant 2016.

Dre Heather Forkey, pédiatre à l’Université du Massachusetts Memorial Medical Center, qui se spécialise dans le traitement des enfants placés dans les familles d’accueil, assiste l’AAP. Son objectif est de rappeler aux médecins que le comportement inattentif et hyperactif peut être retracée à un certain nombre de conditions — tout comme des douleurs thoraciques n’ont pas la même origine chez tous les patients. Idéalement, le PAA offrira des recommandations aux pédiatres quant aux outils de dépistages qui permetterontd’efficacement évaluer l’adversité dans la vie d’un enfant. Cette pratique, dit-elle, doit venir avant tout diagnostic du TDAH.

Lorsque l’on parle aux enfants traumatisés diagnostiqués de manière inappropriée du TDAH, elle leur offre une explication rassurante de leur comportement. Le système de stress du corps, dit-elle, développé il y a longtemps réagit en réponse à des menaces de vie et de morts, comme un tigre prédateur. La partie du cerveau qui contrôle les impulsions, par exemple, est coupée de sorte que l’instinct de survie peut prévaloir.

À quoi cela ressemble lorsque vous mettez un enfant dans une classe? demande Forkey. Lors que les gens ne comprennent pas qu’il y a eu un tigre dans votre vie, cela ressemble beaucoup à un TDAH pour eux.

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sources

  1. http://www.theatlantic.com/health/archive/2014/07/how-childhood-trauma-could-be-mistaken-for-adhd/373328/

références

  1. http://www.cdc.gov/ncbddd/adhd/data.html

  2. http://www.nytimes.com/2013/04/01/health/more-diagnoses-of-hyperactivity-causing-concern.html?pagewanted=all

  3. http://gas.sagepub.com/content/18/5/625.abstract

  4. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0277953613002128

  5. http://www.cdc.gov/violenceprevention/acestudy/

  6. https://www.msu.edu/~telder/2010-JHE.pdf

  7. http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jcpp.12170/abstract

  8. http://www.cdc.gov/ncbddd/adhd/workshops/outcomes.html

  9. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK82373/

Girls with ADHD more prone to self-injury, suicide as they enter adulthood

As they enter adulthood, girls with histories of #ADHD are more prone to internalize their struggles and feelings of failure – a development that can manifest itself in self-injury and even attempted suicide [http://bit.ly/PhtuV0].

According to the Centers for Disease Control and Prevention, approximately 5 million children aged 3 to 17 years had ADHD in 2010. According to the 2010 survey, 11 percent of boys had received an ADHD diagnosis, compared to about 6 percent of girls [http://huff.to/S0NtKi]

Girls with attention deficit hyperactivity disorder are significantly more likely to attempt suicide or injure themselves as young adults than girls who do not have ADHD, according to research published by the American Psychological Association [http://bit.ly/NAT5Vz]

The most recent study done by Stepehn Hinshaw of UC Berkeley shows girls are often diagnosed later than boys. They also have higher rates of self-injury and attempts of suicide in their teenage years [http://bit.ly/1hkOPcF]

De l’intimidation, de la neuropsychologie et de la neurobiologie interpersonnelle, de l’exclusion et du rejet social, et des troubles neurodéveloppementaux

Trente pour cent des adultes atteints d’un trouble déficitaire de l’attention ou de trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA ou TDAH) rapportent qu’ils ont été victimes de violence physique, et ce, avant l’âge de 18 ans, comparativement à sept pour cent pour ceux qui n’ont pas le TDA/TDAH.

Cette forte association entre la violence et le TDAH n’a pas été expliquée par les différences dans les caractéristiques démographiques ou par d’autres facteurs d’adversités rencontrées en début de vie par ceux qui avaient été maltraités. Même après l’ajustement pour différents facteurs potentiel (tel que l’âge, la race, le sexe, et trois autres types d’expérience adverse lors de l’enfance, comme le divorce, l’abus de drogues chez les parents, le chômage prolongé), ceux qui ont déclaré avoir été abusés physiquement avant 18 ans avaient sept fois plus de chances de vivre de la violence physique.
Les enquêteurs ont examiné un échantillon représentatif de 13 054 adultes âgés de 18 ans et plus du Canadian Community Health Survey de 2005, comprenant 1020 répondants qui ont déclaré avoir subi de la violence physique de la petite enfance et 64 répondants qui ont déclaré qu’ils avaient été diagnostiqués par un professionnel de la santé, soit avec le TDAH ou le TDA.

Les données ne permettent pas de connaître l’orientation de cette association. Il est possible que les comportements des enfants souffrant de TDA/TDAH augmentent le stress parental et la probabilité d’abus. Alternativement, une nouvelle littérature scientifique suggère que l’abus au début de l’enfance peut entraîner et/ou exacerber le risque du TDA/TDAH.

Cette étude souligne l’importance du TDA/TDAH comme marqueur de mauvais traitements. Avec 30 pour cent des adultes souffrant du TDA/TDAH qui signalent avoir subi des sévices physiques durant l’enfance, il s’avère donc important pour les professionnels de la santé travaillant avec ces enfants de pouvoir détecter s’il y a présence de sévices physiques.

Fait intéressant, les victimes de violence physique lors de la petite enfance sont de deux fois plus susceptibles de développer des ulcères que les personnes qui n’ont pas été victimes de violence étant enfants. Des chercheurs ont trouvé une forte et significative association entre les individus qui ont été maltraités durant l’enfance et ceux qui ont été diagnostiqués avec des ulcères gastro-duodénaux plus tard dans la vie. On pensait originellement que ce lien serait expliqué par des facteurs tels que le stress, l’obésité, le tabagisme ou l’abus d’alcool — caractéristiques qui sont fortement associées à des ulcères gastro-duodénaux —, mais même après l’ajustement de 16 variables connues, ceux qui avaient été victimes de violence physique dans l’enfance ont coté 68% supérieurs d’ulcères gastro-duodénaux que leurs pairs non-victimes de violence.

Ces résultats montrent l’importance de la prévention de la maltraitance physique des enfants, mais également la nécessité de dépistage chez les adultes qui ont été victimes de violence durant l’enfance comme ils sont à risque de conséquences négatives sur la santé.

Les chercheurs ont utilisé les données d’un échantillon représentatif de la collectivité de 13 069 Canadiens d’âge adulte. Plus de 1000 ont déclaré être physiquement agressées par une personne proche d’eux avant l’âge de 18 et 493 ont dit qu’ils avaient été diagnostiqués avec des ulcères peptiques par un professionnel de la santé.

L’intimidation, aussi appelé « peer victimization » (l’expérience chez les enfants d’être une cible de l’agressivité des autres enfants, qui ne sont pas des frères et sœurs, et et qui ne sont pas nécessairement des camarades du même âge), est une » relation problématique et irrespectueuse » qui se produit lorsqu’un ou plusieurs enfants utilisent de manière répétée un comportement agressif afin de manipuler, éliciter de la colère, ou de nuire à un autre enfant vulnérable en raison de ses caractéristiques physiques, mentales, sociales.

Les enfants peuvent être victimes d’intimidation de plusieurs manières. Par exemple, un enfant victime d’intimidation physique peut être botté, frappé, ou poussé par un pair qui est plus âgé ou plus fort, tandis qu’un enfant victime d’intimidation verbale peut subir des insultés, des épithètes péjoratives ou dégradantes, ou des menaces. Beaucoup de parents, les éducateurs et les professionnels de santé sont familiers avec les formes physiques et verbales de l’intimidation. Cependant, l’intimidation peut également prendre la forme d’ostracisme, de la propagation de rumeurs ou de ragots visant à saboter les relations avec les pairs de l’enfant ciblé et l’isoler ainsi du groupe de pairs. Ce type d’intimidation, appelée l’intimidation relationnelle, peut-être tout aussi préjudiciable à un enfant étant harcelée ou subissant de la violence (physique, direct, indirecte,…) et de la violence psycholpgoqie et morale.

Les enfants qui sont victimes d’intimidation font face à de nombreux facteurs de risques sociaux et émotionnels, incluant une plus grande probabilité de se sentir déprimé ou anxieux, de se sentir être seul, d’entretenir une faible estime de soi. Les autres conséquences de l’intimidation peuvent inclure des maux de tête ou des problèmes de sommeil, un manque d’assiduité à l’école, un manque de motivation et une baisse du rendement scolaire ; et dans les cas extrêmes, des pensées suicidaires ou des passages à l’acte. En fait, l’intimidation est un problème si grave que la plupart des pays à travers le monde, dont le Canada, en ont fait une priorité quant à la santé des enfants afin de prévenir et de gérer l’intimidation dans les écoles et les communautés.
Bien que de nombreux enfants peuvent être victimes d’intimidation à un moment ou un autre, les enfants handicapés [ou en situation de handicap] semblent être particulièrement vulnérables d’être la cible d’agressions répétées de leurs pairs.

Certaines preuves suggèrent que les enfants qui ont un certain type de handicaps dits « cachés » (Dyspraxie – Developmental coordination disorder, TDAH – Attention Deficit Hyperactivity Disorder, Dysphasie – Specific language impairment) sont moins susceptibles de se voir offrir la protection de leur groupe de pairs que les enfants, dont le handicap, sont plus visibles (par exemple, les enfants handicapés physiques tels que le spina bifida).

Les enfants atteints de dyspraxie ont plusieurs traits physiques qui pourraient accroître leur vulnérabilité à l’intimidation. Par exemple, ils peuvent sembler maladroits et bizarres quand ils se déplacent et se débattent les tâches scolaires que les autres enfants de leur âge peuvent faire. Ils peuvent également ne pas être en aussi bonne forme physique que leurs pairs et peuvent être obèses ou affiche un certain surpoids. Certaines recherches avec les parents d’enfants atteints de dyspraxie suggèrent que les familles expriment souvent des préoccupations au sujet de l’intimidation lorsque leurs enfants atteignent l’âge de 9 ou 10 ans.

Les enfants souffrant de dysphasie sont moins habitués aux nombreuses activités sociales qui s’avèrent importantes pour le développement des relations sociales avec les pairs, tel que savoir comment intégrer les groupes de pairs, savoir négocier avec les pairs et la résolution des conflits, ainsi que savoir prendre part aux activités d’apprentissage de groupe. De récentes études suggèrent également que les enfants dysphasie sont à risque accru d’être intimidé. Par exemple, des chercheurs du Royaume-Uni ont révélé que le risque de « victimization » par les pairs parmi les enfants de11 ans avec dysphasie était de 36 % — près de trois fois plus que le niveau rapporté par les enfants du même âge sans difficulté. De plus, les adolescents avec dysphasie ont signalé un risque tout au long de la vie d’être intimidé ce qui représentait presque le double de celui de leurs camarades du même âge (49 % contre 27 %), et ont déclaré avoir été cinq fois plus victimisés durant l’enfance (13 % chez les enfants avec dysphasie vs 2 % chez les pairs au développement normal).

Les enfants atteints de TDAH peuvent être jusqu’à quatre fois plus susceptibles d’être victimes d’intimidation que leurs pairs. Ils signalent également plus de « victimization » verbale, physique et relationnelle que les enfants sans TDAH. En fait, le risque d’être fréquemment victime d’intimidation peut être aussi grand que 10 fois plus chez les enfants avec TDAH. Dans une étude qualitative de la « victimization » par les pairs parmi les quatre garçons atteints de TDAH, les chercheurs ont décrit comment l’intimidation chronique peut conduire à des sentiments d’impuissance et de détresse psychologique sévère. Même à un jeune âge, si l’intimidation est présente, les enfants atteints de TDAH peuvent souffrir de dépression et d’anxiété.

Un grand nombre d’informations complémentaires sur le risque de « victimization » répétée par les pairs chez les enfants atteints de TDAH ou dysphasiques que chez les enfants atteints de Dyspraxie. Pour les enfants avec dysphasiques ou TDAH, les études montrent un risque accru d’être victimes d’intimidation par rapport à d’autres enfants du même âge sans handicap. La recherche sur le risque d’être victime d’intimidation pour les enfants atteints de Dyspraxie est encore émergente, mais la littérature disponible suggère que certains de ces enfants peuvent y être vulnérables.

Il est important que les adultes soient conscients que ces enfants peuvent être à risque accru d’être victimes d’intimidation, même si leur handicap n’est pas toujours évident ou visible pour les autres. La nécessité pour les adultes d’être au courant des risques encourus par les enfants avec un handicap dit « caché » s’étend à d’autres groupes vulnérables (par exemple, les enfants ayant des troubles d’apprentissage). Par conséquent, les parents et les enseignants doivent se familiariser avec les signes qu’un enfant est victime d’intimidation et savoir ce qu’ils peuvent faire pour aider.

Un nombre croissant d’études montre que le besoin de se connecter socialement avec les autres est aussi fondamental que notre besoin de nourriture, d’eau et d’abris. Être socialement connecté serait l’une des véritables passions de notre cerveau. Cette fonction aurait été encodée dans notre système d’exploitation voilà des dizaines de millions d’années et témoigne ainsi d’une certaine évolution au cours des âges. Cette évolution a finalement rendu les humains d’aujourd’hui plus connectés à un monde dit social et toujours plus dépendants du monde social. Cette prédisposition à être « social » (grégaire) peut expliquer notre besoin d’interagir via les médias sociaux, les appareils électroniques, et même via des ragots et commérages (qui joue un rôle important), et aussi pourquoi les gens sont si intéressés à regarder les interactions sociales d’autrui dans les feuilletons et les télé-réalités, par exemple.

Les mammifères sont socialement plus connectés que les reptiles, les primates le sont plus que les autres mammifères, et les humains plus que les autres primates. Ce que cela suggère c’est que devenir plus connecté socialement est essentiel à notre survie. En un sens, l’évolution a fait le parie, à chaque ‘étape’ de l’évolution, que la meilleure manière de nous rendre plus prospère était de nous rendre encore plus social.

Ainsi, nos institutions exécuteraient mieux si elles étaient structurées avec une compréhension de notre nature sociale, et ayant une compréhension de la psychopathologie de l’interaction. Un jour, dans un futur proche, nous allons regarder notre passé et nous demander comment nous avons pu considérer la vie, le travail et les écoles qui sans être guidé par les principes du « cerveau social » (social brain).

Le système de l’éducation, et les écoles pourraient être considérablement améliorés par l’exploitation du potentiel social du cerveau. Ainsi, l’intérêt des élèves américains [et même canadiens et québécois] à l’école [et l’apprentissage] tend à diminuer quand ceux-ci atteignent les septièmes et huitième année (6iem année ou secondaire 1) — un âge où les humains deviennent extrêmement sociaux. Mais le modèle commun des institutions scolastiques et de notre système scolaire est constitué de sorte d’éteindre ce « cerveau social » de la progéniture.

Par exemple, nous n’apprenons pas l’histoire en demandant ce que Napoléon pensait, on enseigne plutôt les limites territoriales, les dates des faits historiques, une trame historique, et nous les rendons aussi asociales que possible. Trop souvent, semble-t-il, nous enlevons ce qui rend l’information « apprenable » et mémorable et nous soulignons surtout la chronologie des événements, tout en laissant les motivations humaines qui soutendent les faits historiques.

Le cerveau des enfants (fin du primaire et début du secondaire) veut comprendre le monde social et l’esprit d’autres personnes (théorie de l’esprit). Nous pouvons donc puiser dans l’aptitude des élèves d’être biologiquement prédisposés à apprendre, et nous pouvons le faire afin d’améliorer l’enseignement de l’histoire et du français, et même les mathématiques et la science. Ainsi, un nombre croissant d’études suggèrent également que les étudiants sont plus susceptibles de se souvenir d’informations quand ils l’apprennent socialement (apprentissage en groupe). Les écoles pourraient appliquer cette leçon en demandant aux élèves plus âgés de tutorat les plus jeunes.

Si vous avez en étudiant du secondaire qui tutorat en enfant du primaire, la motivation du premier sera sociale : cela pourrait donc aider cet autre étudiant et non pas l’embarrasser. Amener les étudiants à être à la fois enseignant et apprenant créerait probablement un certain enthousiasme, voire même un engouement, pour l’apprentissage.

Les recherches suggèrent également que les chefs d’entreprise pourraient bénéficier d’une meilleure compréhension des motivations sociales de la population, et donc des employés. Les études réalisées par certains chercheurs ont montré que le sentiment d’être apprécié et respecté dans le milieu de travail active le système de récompense du cerveau de la même manière que la compensation financière le fait – et les récompenses sociales pourraient être moins efficaces que l’argent quant à la motivation des travailleurs. Et une étude a montré que les gens étaient généralement disposés à remettre de l’argent qui leur avait été donné si cela signifiait que d’autres écrivent des mots aimables à leur sujet.

On note également qu’une étude sur 60 000 dirigeants a révélé que moins de 5 % de ceux-ci excellent à la fois à obtenir des résultats d’accomplissement importants, et bâtir des relations sociales. Peu de gens combinent efficacement ces deux habiletés.

L’importance des connexions sociale est si forte, que lorsque nous sommes rejetés ou lorsque nous vivons des douleurs de l’expérience sociale, nos cerveaux « souffrent » de la même manière que nous le faisons lorsque nous nous sentons la douleur physique. Ainsi, le rejet social, l’exclusion sociale, est aussi douloureux que la douleur physique et à sensiblement les mêmes effets. Ainsi, la douleur physique et sociale est plus proche qu’on ne l’imagine. Nous ne nous attendons d’e quelqu’un avec une jambe cassée à « juste s’en remettre, ça v’as passé ». Pourtant, quand il s’agit de la douleur de la perte sociale, il s’agit d’une réponse – commune – et erronée.

Notre nature sociale est si puissante qu’elle peut même dicter la manière dont nous sommes efficaces dans le développement de nouvelles innovations et la production d’importants changements sociétaux. Nous sommes branchés pour percevoir les choses et penser. Comment puis-je l’utiliser pour aider d’autres personnes que je connais? ‘« . Ainsi, je pourrais avoir l’idée la plus brillante pour une innovation [sociale], mais si toutefois je ne peux pas exprimer l’idés à d’autres personnes d’une manière qu’il puissent m’aider à construire et mettre en oeuvre, cela demeure qu’une idée dans la tête. Conséquemment, si nous ne sommes pas connectés socialement, même de grandes idées se fanent dans l’oublie.

La neurobiologie interpersonnelle (NI) met en évidence les relations, les émotions et le cerveau. La neurobiologie interpersonnelle, terme inventé par le Dr Dan Siegel, dans son livre “The Developing Mind” est un domaine interdisciplinaire qui cherche à comprendre l’esprit et la santé mentale. Ce champ est basé sur la science, mais n’est pas limité par la science, et qui peut se seront résumées qu’elle met l’accent sur les résultats des neurosciences en ce qui concerne le système des neurones miroirs et la plasticité neuronale.

La neurobiologie interpersonnelle est une approche dite conciliante (1) qui examine les domaines indépendants de savoir afin de trouver des principes communs qui émergent pour peindre une image globale de l’expérience et du développement humain, et (2) la neurobiologie interpersonnelle tente d’extraire la sagesse de plus d’une douzaine de différentes disciplines de la science pour tisser une image de l’expérience humaine et des processus de changement tout au long de la vie. La perspective de la “neurobiologie interpersonnelle” est de construire un modèle dans lequel les domaines objectifs de la science et les domaines subjectifs de la connaissance humaine peuvent trouver un lieu commun (3).

L’approche de la neurobiologie interpersonnelle à la psychothérapie s’appuie sur le cadre de base de ce point de vue interdisciplinaire qui explore les manières dont une personne peut aider les autres à alléger les souffrances et de progresser vers le bien-être. L’idée centrale de la neurobiologie interpersonnelle est d’offrir une définition de l’esprit et de bien-être mental qui peut être utilisée par un large éventail de professionnels concernés par le développement humain.

L’NI utilise les preuves cliniques qui supporte comme fondement la croissance continue du cerveau. Cette technique examine la possibilité de la guérison des traumatismes en stimulant le cerveau avec de puissantes persuasions positives. Certaines études ont montré que les conditions qui ont autrefois été considérées comme irréversibles peuvent être en fait transformable de manière saine. Parce que le cerveau se développe en continu tout au long de nos vies, les implications pour la guérison sont sans fin. Cette technique est utilisée dans un large secteur de la population, y compris avec ceux qui travaillent dans les domaines de la santé mentale, de l’éducation, de la parentalité, des entreprises, de l’industrie, etc.

Cette méthode explore donc, entre autres, les effets des traitements psychothérapeutiques sur le cerveau et comment le mécanisme du cerveau est directement affecté par les expériences de la vie. Dans le passé, les experts estimait que la croissance neurologique cessait au plus tard à l’âge adulte.
La neuroplasticité montre ainsi que la formation de nouveaux neurones et des liens neurologiques continue tout au long de la vie, et ce pour l’ensemble de la population. Ce constat relativement récent appuie donc la théorie de la neurobiologie interpersonnelle et apporte certaines preuves quant à sa validité et de son efficacité. En comprenant mieux comment ces liens neurologiques sont touchés, et de même, la manière dont ils affectent dans son ensemble le corps, l’intellect, et l’esprit, les cliniciens peuvent mieux aider les clients à se reconstruire et à renouer ces liens pour atteindre un équilibre intérieur plus sain.

Porter son attention sur la TDAH : Prévalence de l’usage et de la consommation de médicaments

Un traitement pharmacologique est le traitement le plus commun, bien que la thérapie comportementale [et psychosociale] est l’approche recommandée en première ligne chez les jeunes enfants TDAH. Le psychostimulant Ritalin (méthylphénidate) a été le premier médicament largement utilisé dans le traitement du TDAH. Les stimulants continuent d’être la thérapie pharmacologique la plus couramment prescrite pour le TDAH, tandis qu’une plus petite population de patients est traitée avec des médicaments dit non stimulants.

Alors que les stimulants sont extrêmement efficaces pour réduire certains symptômes coeur du TDAH (impulsivité, hyperactivité et attention), comme de nombreux médicaments d’ailleurs, il y a certes des risques associés à leur utilisation, y compris la dépendance et les effets délétères, et indésirables chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires ou de conditions qui y sont reliées. Les médicaments traitant le TDAH peuvent également augmenter les risques d’autres troubles psychiatriques et peuvent provoquer des convulsions s’il est pris à fortes doses.

Il y a également certaines préoccupations quant à l’augmentation de l’abus de l’usage de stimulants sur ordonnance prescrits pour le TDAH ainsi que leur grande disponibilité sur le marché noir dans un cadre universitaire, voire collégial. Selon certaines recherches récentes, un adolescent sur huit avait abusé ou avait fait un mauvais usage de la médication pour le TDAH. En 2011 et en 2012, la Drug Enforcement Administration (DEA) a intensifié leurs efforts afin de lutter contre l’utilisation illicite de ces drogues par la mise en œuvre des restrictions supplémentaires sur leur disponibilité. Ces nouvelles restrictions obligent les fabricants de limiter la production de ces médicaments à un niveau défini, qui, combiné avec des augmentations substantielles dans l’utilisation, a conduit à une importante pénurie de l’offre.

L’analyse montre que le nombre d’adultes et d’enfants qui utilisent la médication pour le TDAH continue sa « fulgurante » ascension, passant à 35,5 % de 2008 à 2012. En 2012, près de 4,8 millions d’Américains assurés aux privés avaient pris un médicament pour traiter le TDAH. Alors que les enfants sont toujours les principaux utilisateurs de médicaments contre le TDAH, le nombre d’adultes faisant usage de ces médicaments a augmenté à un rythme beaucoup plus rapide, jusqu’à 53,4 % contre 18,9 % de 2008 à 2012.

La hausse spectaculaire dans le diagnostic et le traitement du TDAH chez les adultes peut largement être attribuée au nombre croissant de preuves que le TDAH n’est pas une condition exclusive à l’enfance. En fait, selon une étude récente étude, environ 30 % des enfants atteints de TDAH continue de souffrir de ce trouble à l’âge adulte. Il y a eu un changement radical au cours des dernières années dans la manière dont nous concevons et pensons le TDAH. Tout en affectant principalement les enfants, nous savons maintenant que le TDAH n’est pas seulement une maladie de l’enfance, mais peut continuer à influer sur plusieurs sphères de la vie des adultes. Un développement inattendu qui a résulté de la reconnaissance du TDAH chez l’adulte est que les femmes ont reçu le traitement pharmacologique dans une plus grande mesure que les hommes.

Comme cela a toujours été le cas, les garçons sont les principaux utilisateurs de ces traitements médicamenteux de stimulants et dépassent de loin le nombre de filles qui en font également usage. Cependant, la tendance s’inverse chez les adultes, alors que plus de femmes font usage de ces médicaments pour le TDAH que les hommes.

Alors que le TDAH se présente souvent chez les femmes sous la forme d’inattention, et qui ne présentent également pas de comportements perturbateurs à l’école (ou de symptômes externalisés), la condition, ses symptômes et ses comorbidités, peuvent être négligés, ignorés ou celés, et souvent ces femmes ne sont pas diagnostiqués et ni traités pour leur TDAH Durand l’enfance et l’adolescence. Plus tard dans la vie, quand elles deviennent plus conscientes de la condition, surtout si leurs enfants montrent des signes de symptômes TDAH, ces femmes peuvent reconnaître ainsi leurs propres symptômes liés à cette condition et consultent alors un médecin à ce sujet (on entend souvent des parents – mères – découvrir qu’il souffre de la même condition que leur progéniture). Elles ont aussi tendance à être le parent qui s’occupe des visites médicales lorsque leur enfant doit être traité pour le TDAH.

Ainsi, de ce nombre croissant de femmes faisant usage de médicaments du TDAH, certaines d’entre elles peuvent aussi être en cours de traitement « off-label » pour une dépression résistante, puisque les stimulants sont parfois utilisés conjointement avec des antidépresseurs dans ces cas.
Pour les femmes avec un diagnostic clinique qui justifient un traitement médicamenteux, les médicaments du TDAH peuvent être extrêmement bénéfiques pour les principaux symptômes du TDAH. Malheureusement, il y a des utilisations moins appropriées du médicament qui pourrait également favoriser ces augmentations de l’usage, et pose également certains problèmes de sécurité, compte tenu des effets secondaires potentiels et délétères, ainsi que la nature « addictive » de stimulants. Depuis que les stimulants sont (re)connus pour diminuer l’appétit, ils sont parfois utilisés, à tort, comme une aide à la perte de poids qui peut être une alternative intéressante à la volonté de suivre un régime. Ces médicaments peuvent également être utilisés par les femmes qui peuvent éprouver des symptômes de troubles de l’attention résultant des multiples exigences de la trépidante vie moderne (une mère non-tdah, ayant un enfant tdah, pourrait faire usage de médication pour augmenter ses facultés attentionnelles et de concentration, etc.).

Les différences entre les sexes sont également visibles lorsque l’on compare la prévalence chez les enfants et les adultes. Contrairement aux hommes, dont le nombre chute brutalement alors qu’ils entrent dans l’âge adulte, la prévalence des jeunes femmes qui utilisent ces médicaments continue d’augmenter, et ce après l’enfance, avec des femmes âgées de 19 à 25 ans éclipsant effectivement le nombre de filles qui prennent des médicaments pour le TDAH, et ce, de 27 %.

Contrairement aux hommes donc, dont le nombre chute après 18 ans, les jeunes femmes âgées de 19 à 25 ont des taux plus élevés d’utilisation des médicaments stimulant pour le TDAH que de filles âgées de 4 à 18 ans. Ainsi, les garçons sont souvent diagnostiquer durant l’enfance et cessent généralement de prendre leurs médications au cours ou peu après l’adolescence, alors que pour les filles, la condition du TDAH passe sous le radar durant l’enfance, et est généralement diagnostiqué et traité au cours de l’adolescence et à l’âge adulte. De plus, les femmes seraient plus portées à se conformer plus longtemps que les hommes aux traitements pharmacologiques.

Historiquement, le diagnostic et le traitement du TDAH a sensiblement été plus élevés chez les garçons que les filles, en partie à cause des comportements plus agressifs, perturbateurs et impulsifs exposés chez les jeunes hommes, tandis que les filles sont plus susceptibles d’afficher des symptômes de « distraction » de la condition qui peut être plus facilement négligée.

En 2012, 7,8 % des garçons âgés de 4 à 18 prenaient un médicament pour le TDAH, plus de deux fois le nombre de filles du même âge (3,5 %). Les garçons adolescents, âgés de 12 à 18 ans, sont de loin les utilisateurs les plus répandus. En 2012, 9,3 % de cette population a pris un médicament pour le TDAH – 7,9 % en 2008.

Dans son édition, mise à jour, du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), publié en mai 2013, l’American Psychiatric Association (APA) a pour la première fois fourni des lignes directrices spécifiques aux professionnels de la santé mentale sur la caractérisation et le diagnostic de TDAH chez l’adulte. Le DSM-5 reflète plus de 20 ans de recherches publiées démontrant que le TDAH se présente d’abord avant l’âge de 12 ans, il peut continuer à l’âge adulte. Les adultes atteints du TDAH ont des taux plus élevés de divorce, d’abus de drogues et de comportement criminel, de perte d’emploi.

Nous avons observer, au cours des dernières années, une forte augmentation de l’ampleur de traitements médicamenteux pour le TDAH au sein de la population adulte, et les gains les plus importants ont été observés chez les 26 à 34 ans – jusqu’à 84,4% de 2008 à 2012. L’augmentation de la prévalence chez les femmes de ce groupe d’âge étaient légèrement plus élevés, en hausse de 85,1%, au cours de la période de cinq ans.
Bien que l’on constate des augmentations plus élevé parmis les femmes agées de 26 à 34 ans, les jeunes femmes âgées de 19 à 25 ans montrent un taux d’usage de traitements médicamenteux du TDAH plus élevé, par rapport aux femmes des autres groupes d’âge. Fait intéressant, ils ont également dépassé les filles dans l’utilisation de ces médicaments, avec 4,4% d’entre elle daisant usade de médicament pour le TDAH en 2012, comparativement à seulement 3,5% pour les 4 à 18 ans.

Les différences entre les sexes chez l’adulte quant à l’utilisation de médicaments pour le TDAH sont à l’opposé de ceux observés chez les enfants. Il y a seulement une légère différence entre le nombre d’hommes et de femmes âgés de 19 à 25 qui font usage de ces médicaments. Après cela, plus de femmes que d’hommes adultes font usage de traitements pour le TDAH et l’écart relatif entre eux s’élargit à mesure qu’ils vieillissent.

L’étude à également permis de montré que près des deux tiers des adultes ont recu prescriptions de médicaments contre le TDAH par un médecin de soins primaires (primary care physicians) plutôt que d’un spécialiste.

Une sensibilisation accrue et une plus grande acceptation que le TDAH comme un trouble du comportement (c’est un trouble neurodéveloppementale, avec des symptômes comportementaux) au cours des dernières décennies a conduit de nombreux enfants souffrant de cette condition à recevoir des traitements pharmacologiques dont ils auraient besoin pour réussir à l’école et dans leur vie. Cependant, il y aurait également une variété de tendances cliniques et sociétales qui gonflent le nombre de diagnostics de TDAH et de traitements médicamenteux, et ce, à des niveaux préoccupants et anormaux aux États-Unis.

Un facteur contribuant serait la pression croissante et accrue sur les écoles et les étudiants pour améliorer les performances scolaires au sein d’environnement d’évaluation à grands enjeux où il y a moins de tolérance pour les comportements perturbateurs en classe. Cela est particulièrement vrai chez les garçons qui affichent souvent la forme la plus impulsive et « agressive » de la maladie.

Bien qu’il existe des enfants qui ont très certainement TDAH et qui bénéficient grandement de traitements médicamenteux, le TDAH est malheureusement devenu « fast-track » pour les enfants ayant des problèmes de comportement, masquant parfois d’autres problèmes tels que des troubles de l’humeur, des troubles de l’anxiété, des troubles oppositionnels avec provocation ou des troubles des conduites. Les pédiatres et les médecins de soins primaires qui, souvent, n’ont pas le temps ou la formation pour mener l’évaluation neuropsychologique approfondie et les entretiens cliniques nécessaires pour déterminer efficacement et avec un certains niveau de certitude le diagnostic du TDAH, sont les premiers responsables de traitement et du suivi de ces enfants. Les médecins peuvent également se trouver sous la pression des parents, des professeurs, ou d’autres intervenants (DPJ, CLSC, etc.) qui ne sont pas heureux avec les qualités des comportements de l’enfant et sont convaincus que le TDAH est responsable. Il existe donc un biais, biais de confirmation, qui consiste à la tendance naturelle qu’ont les personnes à privilégier les informations qui confirment leurs idées préconçues ou leurs hypothèses (sans considération pour la véracité de ces informations) et/ou d’accorder moins de poids aux hypothèses jouant en défaveur de leurs conceptions. Compte tenu du manque général d’accès aux thérapies comportementales, psychoéducationnelle, et psychosociales, et des frais qui y sont associés, une prescription de médicament est généralement le résultat, une fois un diagnostic de TDAH a été fait.

Un autre facteur qui peut être ajouté à la prévalence du diagnostic et du traitement du TDAH est l’exposition des enfants à « temps d’écran » (screen time) ou l’on a montré qu’il augmenter les comportements perturbateurs et la distraction et mène à l’abaissement des performances scolastiques, dont la diminution des notes scolaires. Bien qu’il n’y ait pas de preuve concluante que les activités d’écran peuvent effectivement causer le TDAH, jouer aux jeux vidéo — en particulier chez les jeunes enfants dont le cerveau est en développement – les entraines à répondre à changements de stimuli très rapide et, sans les autres activités nécessitant une attention prosocial prolongée, peuvent entraîner des comportements qui imitent les symptômes du TDAH. L’utilisation généralisée de la technologie à des âges de plus jeunes et plus jeunes deviendra un facteur de plus en plus important dans le diagnostic de TDAH. C’est un phénomène qui doit préoccuper et interpeller les parents ainsi que les cliniciens.

Alors que la grande majorité des enfants sont traités avec des stimulants, il y a une plus grande proportion de jeunes enfants sur les médicaments dits « non stimulants » que l’on observe chez les adolescents. En 2012, 19,5 % de 4 à 11 ans qui prenaient un médicament pour le TDAH ont utilisé un « non stimulant » par rapport à 14,2 % des 12 à 18 ans. Les « non-stimulants » sont considérés comme plus aisés à tolérer, car ils ne provoquent pas un certain nombre des effets secondaires associés aux stimulants, y compris la perte d’appétit et des troubles du sommeil. Cependant, ils peuvent ne pas être aussi efficaces que les stimulants dans le traitement du TDAH chez certaines populations de patients.

En plus d’utiliser des congés pharmacothérapeutiques pour contrer certains problèmes et troubles de la croissance, certains enfants sont offerts des pauses de médicaments afin de réduire leur exposition à un certain nombre d’effets secondaires désagréables ou délétères de stimulants. Il y a, cependant, certains éléments de preuve montrant que les enfants atteints de TDAH, qui persistent sans pauses avec les médicaments tout au long de l’année ont moins de problèmes que ceux dont le traitement est interrompu. À suivre…

Si les effets secondaires des médicaments TDAH ou des problèmes de croissance s’avèrent importants, les congés pharmacothérapeutiques s’avèrent une importante option pour atténuer ces problèmes. Cependant, une approche individualisée d’une analyse bénéfice/risque et la conversation avec le patient et les parents devraient faire partie de toute décision sur la nécessité d’une pause de médicaments. La cessation de traitement pour une période de temps peut, dans certains cas, rendre plus difficile pour un enfant de revenir à la prise de médicaments pour le TDAH sur une base régulière, ce qui entraîne la « non-observance » ou de l’utilisation sous-optimale du médicament qui peut s’avérer problématique.

Le fait que nous observons une légère hausse significative du nombre d’adultes sous ordonnance de médicaments pour le TDAH au cours des dernières années est clairement lié à la reconnaissance qu’il y a une proportion de personnes qui continuent a souffrir de symptomes et à avoir besoin de traitement pour le TDAH à l’âge adulte. Il n’est pas surprenant de voir, d’ailleurs, qu’il y ait une baisse significative de l’utilisation de médicaments pour le TDAH chez les garçons passé l’age de 18 ans, car une fois les enfants quittent le domicile familiale, ils ont tendance à moins conforme se conformer aux traitements de leur spécialiste ou médecin. Aussi, ces disparités peuvent être liées au fait que les femmes vont, à un taux plus élevé que les hommes, à l’université et les étudiants qui fréquente l’enseignement supérieur font plus usage de stimulants que ceux qui de le fréquente pas. En outre, les femmes ont tendance à être de meilleurs patients que les hommes et à se conformer plus facilement aux soins recommandés, et donc à honorer leurs prescriptions. En outre, les jeunes femmes sont souvent en contact plus régulier avec leurs parents qui peuvent aider à soutenir l’adhésion aux médicaments.

Il est également intéressant de noter qu’une fois entrer dans le milieu du travail, les femmes devancent dépasse en nombre les hommes dans leur utilisation de traitements médicamenteux du TDAH. Il y a donc une tendance pour les femmes à mieux adhérer à des soins médicaux. Mais un autre facteur qui a un effet appréciable dans la conduite de l’usage de drogues pour les TDAH, en particulier chez les femmes de carrière, est le « syndrome de superwoman ». Pour certaines femmes, les stimulants peuvent fournir, à un niveau élevé, l’énergie supplémentaire et l’attention nécessaire et suffisante qu’elles doivent obtenir, tant à la maison et qu’au travail.

Il ne fait aucun doute qu’il y a des adultes qui ont besoin de médicaments pour le TDAH pour réussir dans leur vie professionnelle et personnelle. Cependant, le fait qu’il y a eu une substantielle hausse de l’usage de médication pour le TDAH chez les adultes soulève les mêmes questions que nous avons posées à propos de l’utilisation appropriée de ces traitements chez les enfants: sur-diagnostiquons nous ou sur-médicamentons nous la population adulte?

L’utilisation d’antipsychotiques pour le traitement de patients atteints de TDAH a longtemps été controversée. Les antipsychotiques sont des puissants médicaments avec des effets secondaires potentiellement sévères et délétaires. Ils sont approuvés pour une utilisation chez les patients souffrant de troubles de l’humeur, de la schizophrénie et d’autres graves troubles de santé mentale. Ils ne sont pas approuvés pour traiter le TDAH. Cependant, ils sont parfois prescrits «off label »  pour certains patients atteints de TDAH qui ont des sévères problèmes comportementaux, car ils peuvent être très efficaces pour rapidement améliorer les comportements. Un petit sous-ensemble des ces enfants atteints de TDAH pevent également souffrir d’autres problèmes de santé mentale qui justifient l’utilisation des antipsychotiques.

Les enfants utilisant les médicaments pour le TDAH sont beaucoup plus susceptibles de se voire offrir un antipsychotique que les enfants qui ne sont pas traités pour le TDAH. L’utilisation concomitante de médicaments antipsychotiques et pour le TDAH chez les enfants âgés de 4 à 11 s’élève à 7,4% (contre 0.5% pour les non TDAH) , taux 10 fois plus élevé que chez les enfants qui n’utilisent pas de médicaments pour le TDAH. Cependant, les enfants âgés de 12 à 18 ans souffrant du TDAH font une utilisation concomitante de médicaments antipsychotiques plus élevé, à 9,6% (contre 1.2 % pour les non TDAH), soit plus de sept fois le taux d’utilisation vu chez leurs pairs non traités pour la maladie.

Ces nouvelles données sont définie dans un contexte qui montre que 9,9% de la population de tous les âges ayant un TDAH ont pris une médication antipsychotique, en 2012, et ce par rapport à seulement 1,5% des personnes non-TDAH (personnes assurées en privé). Cependant, l’étude révèle également une tendance de la consommation annuelle d’antipsychotiques progressivement inférieur chez les enfants et les adultes qui prennent des médicaments pour le TDAH depuis 2009. La baisse a été particulièrement notable chez les adultes atteints de TDAH âges 26 à 34 qui ont réduit leur utilisation des antipsychotiques de 10,6% en 2008 à 7,6% en 2012. Les données également montrer un renversement de la tendance au cours des trois dernières années par rapport aux études antérieures qui ont signalés une augmentation sept fois plus importante dans l’utilisation des antipsychotiques chez les enfants et une augmentation de près de cinq fois chez les adolescents, et ce entre 1993-2009, dont un grand nombre ont été diagnostiqués avec le TDAH.

Le fait que tant d’enfants atteints de TDAH sont également traités avec des antipsychotiques s’avère alarmant. Bien qu’il existe certains cas qui peuvent justifier l’utilisation de ces médicaments ainsi que les stimulants, ils doivent être utiliser comme ultime et dernier recours thérapeutique alors que les autres médicaments qui ont été essayées ont échoué.

Les estimations sur le nombre de personnes souffrant de TDAH ainsi que de la dépression varient considérablement. Des études ont présenté des chiffres entre 16 % à 37 % des adultes et 9 % à 38 % des enfants atteints de TDAH, qui ont également un trouble dépressif.
La dépression est une fréquente comorbidité chez les patients atteints de TDAH, en particulier chez les femmes, et, dans certains cas, les médicaments pour le TDAH ont été utilisés pour traiter la dépression majeure qui ne répond pas à d’autres treatments. Les symptômes d’un trouble imitent souvent les symptômes de l’autre, et les erreurs de diagnostic sont un problème potentiel.

Les utilisateurs TDAH des deux sexes et de tous âges sont beaucoup plus susceptibles de prendre un antidépresseur que ceux qui ne sont pas traités pour le TDAH. Selon l’analyse, l’utilisation des antidépresseurs pour ceux qui suivent un traitement pour le TDAH augmente avec l’âge, autant chez les femmes que chez les hommes, mais, à partir de l’âge de 12 ans, les femmes souffrant de TDAH sont beaucoup plus susceptibles de se voir offrir un traitement d’antidépresseurs que les hommes. Le taux de traitement aux antidépresseurs est de 15,0 % chez les enfants atteints de TDAH et de 40,5 % chez les adultes atteints de TDAH, mais s’élève jusqu’à 64,4 % chez les femelles d’âges de 50 à 64 ans et 47,0 % chez les hommes de même âge.
Chez les enfants, la plus grande augmentation de l’utilisation concomitante a été observée chez les enfants âgés de 4 à 11 ans de 2008 à 2011, avec une prévalence de 10,6 % environ. L’utilisation d’antidépresseurs a diminué au cours de cette période chez la plupart des adultes TDAH et la seule exception étant que les hommes dans le groupe de 19 à 25 ans a connu une légère hausse du nombre de personnes qui prenait un antidépresseur.

La recherche a montré que, bien que le traitement médicamenteux pour le TDAH peut s’avérer extrêmement efficace sur les symptômes cœur du TDAH (hyperactivité, impulsivité, attention), la combinaison de médicaments et la thérapie comportementale [et psychosociale] peuvent entraîner de meilleur rendement scolaire et de meilleures relations familiales. L’approche combinée peut aussi conduire à la prescription de doses plus faibles de médicaments.

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5e édition (DSM-V, publié en 2013 par l’American Psychiatric Association (APA), recommande la psychothérapie comme intervention en première ligne chez les enfants atteints de TDAH, complétée une médication en fonction des besoins des enfants plus âgés. Cette directive nonobstant, un seul enfant assuré sur quatre qui prend des médicaments pour le TDAH a reçu une forme de psychothérapie en 2010. L’étude a également identifié une grande disparité dans les taux de psychothérapie reçue à travers les États-Unis.
Un des résultats de l’étude valide que les enfants dans les comtés qui ont le moins de psychologues étaient deux fois moins susceptibles de recevoir une psychothérapie que ceux dans les comtés ayant le plus de psychologues. Mais parmi toutes les autres communautés ayant des ressources de santé mentale comparables, il n’y avait aucune explication clinique apparente pour expliquer la variation de l’offre de psychothérapies chez les patients atteints de TDAH.

Les coûts des médicaments pour le TDAH ont connu une augmentation de 91 % sur la période d’étude de cinq ans, et ce, à partir de 18,57 $ en 2008 à 35,52 $ en 2012, principalement grâce à la hausse de l’utilisation de la médication, bien qu’il y ait également une augmentation du coût de ces médicaments. La moyenne que les plans paient par ordonnance a augmenté de 35,4 % à 146,41 $, tandis que les coûts pour les bénéficiaires « hors poche » (beneficiaries out-of-pocket costs) ont augmenté de seulement 4,2 % à 27,52 $ au cours de cette même période.

La plus forte augmentation dans le coût du plan moyen par ordonnance (average plan cost per prescription) a été observée chez les patients plus âgés, ceux âgés de 50 à 64 ans, à 236,92 $, tandis que les 4 à 11 ans ont produit la plus faible augmentation à 117,75 $. Les coûts du régime par prescription (plan costs per prescription) diffèrent selon le sexe, ainsi, les femmes dépensent en moyenne 153,29 $, les hommes dépensent considérablement moins, à 140,98 $.

Des différences régionales dans le coût moyen par ordonnance ont également été observées, dont les coûts les plus élevés en 2012 ont été observer dans le Midwest à 154,37 $, tandis que le plus bas coût par ordonnance ont été observés dans le sud à 140,61 $. Cependant, les coûts pour les bénéficiaires « hors poche » les plus élevés sont assumés par ceux qui vivent dans le sud, avec un prix moyen par ordonnance de 32,27 $, tandis que le coût le plus bas à 23,23 $ a été observé dans l’Ouest.

Le type de médicaments prescrits ainsi que le médecin qui prescrit influence aussi de façon significative les coûts. En moyenne, les coûts des plans de médicaments stimulants et les membres (stimulant medications cost plans and members) paient 142,86 $ par ordonnance par rapport à 159,74 $ pour les non-stimulants. Le coût total par ordonnance lorsque le médicament est prescrit par un spécialiste était de 167,28 $, et de 133,65 $ lorsqu’il est prescrit par un médecin de soins primaires (primary care physicians).

Cependant, les coûts par patient « hors poche » (patient out-of-pocket costs) étaient légèrement plus faibles pour les médicaments prescrits par des spécialistes. Cela peut être lié à une plus grande proportion de patients âgés — ceux qui sont plus susceptibles d’utiliser de coûteux médicaments de marque, sans solutions génériques de rechange — étant prescrit des médicaments pour le TDAH par des spécialistes lorsque comparé avec ceux prescrits par les médecins de soins primaires (primary care physicians).

L’étrange répartition du TDAH aux USA

ADHD

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