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Les interventions dites comportementales s’avèreraient efficaces pour le TDAH

L’usage des interventions dites comportementales (behavioral interventions) dont l’objectif relève du traitement chez les enfants et les adolescents souffrant de troubles de l’attention (TDAH) peut effectivement améliorer significativement à la fois le fonctionnement de l’enfant et du parent, suggère une nouvelle recherche.

Une méta-analyse réalisée pour le compte de l’European ADHD Guidelines Group de 32 études sur les jeunes atteints de cette condition a montré que les familles qui ont reçu des interventions dites comportementales (behavioral interventions) ont connu des améliorations significatives au niveau du parentage (parenting) et des concepts de soi parentales (parental selff-concept), ainsi qu’une amélioration des problèmes concomitants de comportement chez les enfants.

Le message clé de cette étude explique que les interventions dites comportementales telles que les formations parentales sont une importante composante de traitements multimodaux pour le TDAH, selon le co-enquêteur Edmund J. S. Sonuga-Barke, PhD, professeur de psychopathologie du développement à l’Université de Southampton au Royaume-Uni et visitant les professeurs au University of Ghent.

Ainsi, ce n’est pas nécessairement en raison de leurs effets sur les symptômes [noyaux] du TDAH, mais plutôt parce qu’ils peuvent améliorer les compétences parentales, augmenter le fonctionnement social, et réduire les comportements d’opposition et de défi.

L’étude a été publiée dans l’édition d’août du Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry.

Des aboutissements plus étendus

Les chercheurs indiquent qu’ils voulaient bâtir à partir d’une récente méta-analyse menée par le Dr Sonuga-Barke et fournir certaines réponses quant à un éventail plus large d’aboutissements chez l’enfant et les parents. Ils voulaient également répondre aux trois questions suivantes :

  • Est-ce que les interventions comportementales améliorer les réponses des adultes face aux enfants atteints du TDAH?

  • Pour les adultes qui travaillent avec ces enfants, est-ce que les interventions améliorer leur sentiment de compétence (c.f. sentiment d’auto-efficacité) tout en diminuant leurs propres problèmes de santé mentale?

  • Est-ce que ces interventions diminuent les niveaux de comportement d’opposition et à la dépréciation des compétences sociales et le rendement scolaire chez l’enfant ?

Les chercheurs ont mené une revue systématique des essais contrôlés randomisés (ECR ; randomized controlled trials – RCT) publiés jusqu’au 5 février 2013 de personnes âgées de 3 à 18 ans qui ont été diagnostiqués TDAH. Parmi ceux-ci, 32 essais ont été inclus dans l’analyse actuelle.

Les participants aux essais cliniques randomisés ont reçu soit une « condition de contrôle » (control condition), soit des interventions dites comportementales, qui ont été définis comme l’augmentation des comportements souhaités et la réduction des comportements indésirables grâce à une gestion classique de contingence, la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie dite comportementale par les parents ou les enseignants médiateurs. Le tout a été mis en œuvre dans un cadre scolaire ou de la maisonnée.

Les « conditions de contrôle » (control condition) comprennent notamment le traitement habituel (y compris les médicaments) ou les listes d’attentes.

Les mesures des aboutissements comprenaient notamment l’amélioration de la parentalité positive et négative (évalués à 9 et 14 essais, respectivement); l’anxiété, la dépression, ou d’autres comportements de santé mentale chez les parents (évaluée dans 9 essais); et le concept de soi parental/le sentiment de compétence (évaluée dans 7 essais ; c.f. sentiment d’auto-efficacité).

D’autres mesures ont porté spécifiquement sur les enfants et qui comprennent notamment des améliorations des symptômes du TDAH (évalués dans 19 des études), l’amélioration des problèmes de comportement (évalués à 15 essais), ainsi que la réussite scolaire et les compétences sociales (évalués dans 9 essais chacun).

Traitement de première ligne

Les résultats des essais d’évaluation généralement en mode « non aveugles » ont montré que les familles qui sont passées par des interventions comportementales ont considérablement amélioré les scores de parentage (parenting) positif et négatif (différence standardisée moyenne [standardized mean difference – SMD], 0.68 et 0.57, respectivement), du concept de soi parental (SMD, 0.37), ainsi que des symptômes chez l’enfant TDAH (SMD, 0.35), des problèmes de comportement (SMD, 0.26), de rendement scolaire (SMD, 0.28), et des compétences sociales (SMD, 0.47).

Les essais de qualité supérieure de mesure des symptômes de TDAH ont donné des effets plus importants. De plus, la méta-régression a montré des effets plus importants dans les études chez les jeunes enfants, pour les mesures de la plupart des parentages plus positifs (P = 0.03), des symptômes TDAH (p = 0.05), et des problèmes de comportements (P = 0.03).

Dans les essais contrôlés randomisés, probablement en mode aveugle, de significatives améliorations ont persisté pour les groupes quant aux interventions dites comportementales de parentage positif et négatif (SMD, 0.63 et 0.43, respectivement) et quant aux problèmes « conduites » chez l’enfant (SMD, 0.31).

Aucun des essais ne comportait une mesure en mode « probablement aveugle » pour les symptômes du TDAH. En outre, il n’y avait pas d’effets significatifs des traitements dans l’une des études dans les mesures de la santé mentale des parents.

Bien que plus de preuves soient nécessaires avant que les interventions dites comportementales soient mises en oeuvre à titre de traitement de première ligne pour les symptômes noyau du TDAH, les chercheurs ont montré la preuve qu’ils ont des effets bénéfiques sur le parentage et le sens de l’autonomisation (empowerment) des parents et d’effets corroborés de manière indépendante sur les problèmes de comportement des enfants atteints du TDAH.

Ils ajoutent que les analyses en mode « probablement aveugle » sont également nécessaires pour confirmer leurs conclusions quant à l’amélioration de la réussite scolaire et des compétences sociales. De plus, une plus grande exploration s’avère nécessaire sur l’effet modérateur de l’âge de l’enfant sur l’aboutissement de l’intervention.

Des bénéfices évidents

Un traitement efficace [du TDAH] s’avère crucial compte tenu de la chronicité bien documentée et la nature de compromettante de la condition, selon Linda J. Pfiffner, PhD, professeur de psychiatrie à l’Université de Californie, San Francisco.

Elle note que les médicaments stimulants et les interventions comportementales sont deux des traitements les plus étudiés lorsqu’il est question du TDAH.

Les lignes directrices de pratique professionnelle recommandent généralement soit l’un de ces traitements ou les deux traitements à la fois pour le TDAH, selon l’âge et la gravité des symptômes, écrit-elle. En raison de limitations de chaque traitement, les approches multimodales sont souvent recommandées.

Dr Pfiffner ajoute que la méta-analyse présente « les avantages évidents » des interventions dites comportementales chez les parents et sur les aboutissements chez les enfants. Elle note que cela montre également qu’en mettant l’accent sur la réduction des symptômes du TDAH comme unique aboutissement(s) sous-estime l’impact important et plus étendu des interventions dites comportementales.

Elle signale que les déficits fonctionnels ou les problèmes de comportement sont souvent générés par les familles qui cherchent à se faire soigner — et qu’ils sont généralement les principales cibles des interventions dites comportementales.

Tel qu’indiqué par les enquêteurs, les conclusions concernant les déficiences fonctionnelles sont particulièrement importantes étant donné que la médication n’a généralement eu que peu d’effets en ces domaines, écrit-elle.

Elle ajoute que la recherche sur les traitements a encore plusieurs défis persistants à relever, en particulier lorsqu’il s’agit des mesures sur les aboutissements.

Il y a… un besoin pour plus de clarté et de consensus quant aux niveaux de preuve nécessaires pour tirer des conclusions sur l’efficacité d’une intervention. De plus, il n’existe aucun système clair d’évaluation et d’interprétation des résultats mitigés, au sein, et entre, les études, écrit le Dr . Pfiffner.

Une multi-méthode (multi-method), et l’approche multi-informatrice (multi-informant approach) quant à l’évaluation des traitements ont le potentiel de fournir une image beaucoup plus nuancée sur l’efficacité d’un traitement que les approches individuelles et offriraient un meilleur pairage quant aux complexités inhérentes du traitement du TDAH et de ses troubles associés (comorbidités), ajoute-t-elle.

En fin de compte, ces approches semblent les mieux placés pour informer quant à la prise de décision et des lignes directrices cliniques pour la pratique médicale.

Dr Pfiffner n’a signalé aucun conflit d’intérêts. Les auteurs de l’étude ont noté plusieurs informations, dont la liste figure dans l’article original.

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sources

  1. http://www.medscape.com/viewarticle/829192?src=wnl_edit_tpal&uac=161915BT

  2. http://www.jaacap.com/article/S0890-8567(14)00408-0/abstract…

références

  1. http://www.jaacap.com/article/S0890-8567(14)00256-1/fulltext

  2. Pliszka S AACAP Workgroup on Quality Issues. Practice parameters for the assessment and treatment of children, adolescents, and adults with attention-deficit/hyperactivity disorder. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 2007;46:894–921

  3. Pelham WE, Fabiano GA. Evidence-based psychosocial treatments for attention-deficit/hyperactivity disorder. J Clin Child Adolesc Psychol. 2008;37:184–214

  4. DuPaul GJ, Eckert TL, Vilardo B. The effects of school-based interventions for attention deficit hyperactivity disorder: a meta-analysis 1996-2010. School Psychol Rev. 2012;41:387–412

  5. Evans SW, Owens JS, Bunford N. Evidence-based psychosocial treatments for children and adolescents with attention-deficit/hyperactivity disorder [published online ahead of print November 18, 2013]. J Clin Child Adolesc Psychol. PMID:24245813.

  6. Fabiano GA, Pelham WE, Coles EK, Chronis-Tuscano A, O’Connor BC. A meta-analysis of behavioral treatments for attention-deficit/hyperactivity disorder. Clin Psychol Rev. 2009;29:129–140

  7. American Academy of Pediatrics. Clinical practice guideline for the diagnosis, evaluation and treatment of attention deficit hyperactivity disorder in children and adolescents. Pediatrics. 2011;128:1007–1022

  8. Sonuga-Barke EJ, Brandeis D, Cortese S, et al. Nonpharmacological interventions for ADHD: systematic review and meta-analyses of randomized controlled trials of dietary and psychological treatments. Am J Psychiatry. 2013;170:275–289

  9. Chronis-Tuscano A, Chacko A, Barkley RA. Key issues relevant to the efficacy of behavioral treatment for ADHD [letter to the editor]. Am J Psychiatry. 2013;170:799

  10. Galanter CA. Limited support for the efficacy of nonpharmacological treatments for the core symptoms of ADHD [editorial]. Am J Psychiatry. 2013;170:241–244

  11. Daley D, van der Oord S, Ferrin M, et al. Behavioral interventions in attention-deficit/hyperactivity disorder: a meta-analysis of randomized controlled trials across multiple outcome domains. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 2014;53:835–847

  12. Fabiano GA, Pelham WE, Gnagy EM, et al. The single and combined effects of multiple intensities of behavior modification and methylphenidate for children with attention deficit hyperactivity disorder in a classroom setting. School Psychol Rev. 2007;36:195–216

  13. Pelham WE, Burrows-MacLean L, Gnagy EM et al. A dose-ranging study of behavioral and pharmacological treatment in social settings for children with ADHD [published online ahead of print January 16, 2014]. J Abnormal Child Psychol. PMID:24429997.

Une étude découvre que le traumatisme et le TDAH vont souvent de pair

Une nouvelle étude[1] montre qu’un enfant ayant un diagnostic du TDAH est plus susceptible d’avoir également subi du stress et des traumatismes tôt dans la vie. Les enfants atteints du TDAH reçoivent un diagnostic souvent fondé sur leur comportement: une bougeotte inapproprié selon l’âge, l’inattention, l’hyperactivité et avoir du mal à rester assis et à se concentrer. Toutefois, selon cette nouvelle étude présentée ces comportements peuvent aussi être liées à un traumatisme d’enfance.

Lorsque les enfants qui ont du mal à se concentrer sur leurs tâches, à rester organisés, et à contrôler leur comportement et à rester assis, peuvent ainsi être évalués pour la présence du TDAH. Or, les cliniciens ne devraient toutefois pas s’arrêter là selon une étude qui a été présentée le mardi 6 mai à l’American Academy of Pediatrics (AAP) lors d’une réunion annuelle à Vancouver, Colombie-Britannique, Canada [3].

Les chercheurs de l’étude ont constaté que de nombreux enfants atteints de TDAH sont également confrontés à des défis tels que la pauvreté (conditions socioéconomiques défavorables), le divorce, la violence de quartier et l’abus de substances chez les membres de la famille.

Ces résultats suggèrent que les enfants TDAH font l’expérience de taux significativement plus élevés de traumatismes que ceux et celle qui n’ont pas le TDAH. Les fournisseurs de soins de santé peuvent ainsi se concentrer sur le TDAH comme diagnostic principal et alors négliger la présence possible d’une histoire traumatique pouvant influer sur le traitement.

Les chercheurs ont analysé, pour cette étude, les données de l’« Enquête nationale sur la santé des enfants — 2011 » (National Survey of Children’s Health — 2011)[4]. Ils ont identifié 65 680 enfants âgés de 6-17 ans dont les parents avaient répondu aux questions concernant le diagnostic du TDAH, sa sévérité et l’usage de médicaments, ainsi que neuf effets adverses de l’enfance (EAE; adverse childhood experiences – ACEs): la pauvreté, le divorce, le décès d’un parent/tuteur, la violence domestique, la violence de quartier, l’abus substance, l’incarcération, la maladie mentale familiale et la discrimination.

Environ 12 % des enfants ont été diagnostiqués du TDAH. Leurs parents ont d.claré une prévalence plus élevée de tous les événements adverses par rapport aux parents d’enfants sans TDAH. De plus, les parents d’enfants atteints de TDAH ont également signalé un nombre plus élevé d’effets adverses de l’enfance (EAE) par rapport aux enfants sans TDAH; ainsi, 17 pour cent des enfants atteints de TDAH avaient eu quatre ou plus EAE, comparativement à 6 pour cent des enfants sans TDAH.

Les enfants souffrant de quatre expériences adverses (EAE) ou plus étaient presque trois fois plus susceptibles d’utiliser une médication pour le TDAH par rapport aux enfants qui souffrent de trois expériences adverses ou moins. Les enfants souffrant de quatre EAE ou plus étaient également plus susceptibles de voir les parents considérer le taux de sévérité du TDAH chez leurs enfants comme modérée à sévère, et ce, par rapport aux enfants qui souffrent trois EAE ou moins.

Cette connaissance de la prévalence et des types d’effets adverses chez les enfants TDAH peut guider les efforts à faire face au traumatisme chez cette population et ainsi améliorer le dépistage et l’évaluation du TDAH, la précision du diagnostic et de la gestion de la condition.

Les fournisseurs de soins pédiatriques devraient envisager le dépistage des effets adverse lors del’enfance (EAE) chez les enfants dont ils soupçonnent la présence d’un TDAH et/ou ceux/celle qui ont obtenu le diagnostic, et initier des plans de traitement et/ou d’intervention fondée sur des preuves (evidence-based treatment/intervention) pour les enfants, dont le dépistage des EAEs s’avère positif.

Les diagnostics du TDAH ont fortement augmenté au cours de la dernière décennie, et il y a eu une augmentation concomitante de la consommation de médicaments stimulant. Beaucoup éprouvent aussi un traumatisme durant l’enfance, ce qui aggrave et exacerbe souvent les symptômes du TDAH et pose des problèmes de diagnostic lorsqu’il est question de savoir si leurs symptômes résultent directement du traumatisme qu’elles subissent.

Tout d’abord, il est possible que les cliniciens confondant tout simplement les signes de traumatisme chez les enfants TDAH. Ce que nous constatons, c’est qu’il y a souvent un chevauchement des symptômes chez les enfants TDAH et les enfants qui ont subi des traumatismes, particulièrement chez les petits enfants. L’incapacité à se concentrer, la bougeotte, l’incapacité de prêter attention, la distraction, l’agitation, l’irritabilité et sont souvent des comportements qui déclenchent un diagnostic de TDAH. Et souvent, les gens qui font le diagnostic ne demandent pas ce qui s’est passé à l’enfant, le genre d’expériences que l’enfant a eu.

Des études ont également montré que les symptômes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT ; post-traumatic stress disorder – PTSD) ou d’un trouble de stress aigu, résultant d’événements adverses, ressemblent beaucoup aux symptômes du TDAH, et il y a donc une forte probabilité pour les cliniciens de diagnostiquer le TDAH et de négliger une histoire possible de traumatisme.

Une autre explication serait que les enfants atteints du TDAH peuvent être plus susceptibles d’avoir des ennuis et ainsi faire l’expérience, à titre de résultante, d’événements traumatiques ou traumatogène. Les enfants atteints du TDAH peuvent être encore plus impulsifs et encore plus agaçants pour des parents qui pourraient être déjà épuisés, et conséquemment les enfants atteints du TDAH peuvent être plus à risque de subir de mauvais traitements ou d’avoir des accidents, ce qui pourrait à son tour déclencher le SSPT.

Enfin, les chercheurs savent que le stress au sein du milieu de vie peut affecter le développement du cerveau. Il est également possible que l’exposition à un événement traumatique augmente la probabilité de développer des troubles psychiatriques qui affichent une gamme de manifestations, y compris l’anxiété, le syndrome de stress post-traumatique, et le TDAH.

En vertu de cette lentille, le TDAH s’avère seulement l’un des nombreux aboutissements possibles qui peuvent résulter de traumatismes en début de vie. Et même alors, le TDAH pourrait bien être un signe de ce qui est à venir. Nous savons que l’adversité en début de vie produit des changements développementaux compatibles avec le TDAH, mais il produit également de nombreux autres effets. Alors que l’enfant se développe, et il y a un déficit neurocomportemental, et selon la manière dont les changements s’expriment au cours du développement, le TDAH peut parfois relever des symptômes de problèmes neurocomportementaux qui émergeront plus tard dans le développement.

Le traumatisme en début de vie et le stress peuvent interagir avec la génétique du sujet pour produire différents troubles en fonction de l’âge du traumatisme subi et le type particulier de stress ou de traumatisme. Les enfants de différents âges, et de différentes génétiques, et de différentes personnalités, vont réagir différemment à une contrainte donnée.

La hausse des taux de diagnostic du TDAH et l’utilisation de médicaments amènent à poser une question: sommes-nous en train de transformer des des normaux de stress de la vie en une condition médicale (médicalisation, psychiatrisation)? Ainsi 60 % des enfants déclarent qu’ils ont été exposés à une forme de victimisation au cours de l’année précédente, et plus de 10 % ont eu cinq expositions ou plus[5]. Pour beaucoup de ces enfants, les EAEs ne sont pas rares, ils sont la norme.

Et lorsque les enfants sont en situation de stress, ils sont plus susceptibles d’un passage à l’acte. Quand un enfant présente un comportement difficile, la première question à se poser est : « Qu’est-il arrivé à l’enfant » plutôt que « Quel est le problème de l’enfant ». Ainsi l’importance du dépistage quant à l’exposition aux traumatismes chez chaque enfant qui présente des symptômes qui peuvent être associés au TDAH s’avère extrêmement importante et opportune.

Dans ces circonstances, les médicaments ne sont probablement pas la réponse. Bien que les médicaments stimulants peuvent se révéler bénéfiques pour certains enfants, ils ne peuvent pas être la stratégie de gestion la plus efficace pour tous les enfants. Les enfants ayant reçu un diagnostic de TDAH qui ont vécu un traumatisme peuvent en outre bénéficier d’interventions comportementales spécifiques adaptées pour répondre à leurs histoires sous-jacentes de traumatisme.

Cependant, il faut se garder de tirer de conclusions trop hâtives sur le passé de l’enfant à partir du diagnostic de TDAH. Ce ne sont pas tous les enfants atteints de TDAH qui ont vécu de l’adversité tôt dans la vie. Le TDAH n’est pas non plus nécessairement un signe d’autres troubles à venir. Parfois, lorsque quelqu’un a un TDAH, ils vivent avec les symptômes du TDAH tout au long de la vie, qui changent un peu, mais conservent encore le diagnostic de TDAH.

Il faudra encore de nombreuses années avant que les causes profondes du TDAH sont bien comprises. Jusque-là, les cliniciens se doivent d’essayer de savoir si les symptômes sont causés par un traumatisme, et ce, tout en veillant à ce que les enfants atteints de TDAH obtiennentun traitement approprié pour la condition en elle-même.

Les chercheurs concluent que les fournisseurs de soins pédiatriques se doivent donc de faire un dépistage pour des expériences adverses lors de l’enfance chez les enfants dont ils soupçonnent la présence d’un TDAH et/ou chez ceux/celle qui ont été diagnostiqués, et initier des plans de traitement et d’intervention fondés sur des preuves (evidence-based treatment/intervention) chez les enfants dont le dépistage, s’avère positif quant aux effets adverses de l’enfance(EAE).

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sources

  1. (2014, May 6). « Study Finds ADHD and Trauma Often go Hand in Hand« , American Academy of Pediatrics, http://www.aap.org/en-us/about-the-aap/aap-press-room/pages/Study-Finds-ADHD-and-Trauma-Often-go-Hand-in-Hand.aspx (+ http://www.eurekalert.org/pub_releases/2014-05/aaop-sfa042514.php ; )
  2. Barclay, R. (2014, May 6). « News Analysis: Are We Misdiagnosing Childhood Traumas as ADHD?« , HealthLine News, http://www.healthline.com/health-news/misdiagnosing-childhood-trauma-as-adhd-050614.
  3. http://www.pas-meeting.org/
  4. http://childhealthdata.org/docs/nsch-docs/sas-codebook_-2011-2012-nsch-v1_05-10-13.pdf
  5. https://www.ncjrs.gov/pdffiles1/ojjdp/227744.pdf

références

  1. (2014) « Associations Between Adverse Childhood Experiences and ADHD: Analysis of the 2011 National Survey of Children’s Health« , Conference | General Pediatrics: Behavior/Development, http://www.abstracts2view.com/pas/view.php?nu=PAS14L1_4670.7.

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La découverte d’un système anti-distraction dans le cerveau a des implications pour le TDAH, la schizophrénie

Deux psychologues de l’Université Simon Fraser ont fait une découverte sur le cerveau qui pourrait révolutionner la perception des médecins et le traitement de troubles déficitaires de l’attention.

Cette découverte ouvre ainsi la voie sur la possibilité que des facteurs environnementaux et/ou génétiques peuvent entraver ou supprimer une activité spécifique du cerveau que les chercheurs ont identifié et qui nous aide à prévenir la distraction.

Cette étude[1,2] est la première à révéler que notre cerveau utilise un mécanisme actif de suppression pour éviter d’être distrait par des informations saillant non pertinentes lorsque nous voulons mettre l’accent sur un élément ou sur une tâche donnée.

John McDonald, professeur agrégé de psychologie et son étudiant au doctorat John Gaspar, qui a fait la découverte au cours de la recherche de sa thèse de maîtrise, une Chaire de recherche du Canada en neurosciences cognitives, et d’autres scientifiques ont d’abord découvert l’existence spécifique d’un index neuronal de suppression dans son laboratoire en 2009. Mais, jusqu’à présent, on en savait peu sur la manière dont elle nous aide à ignorer les distractions visuelles.

C’est une importante découverte pour les neuroscientifiques et les psychologues, car la plupart des idées contemporaines sur l’attention mettent en évidence des processus cérébraux qui sont impliqués dans la cueillette d’objets pertinents du champ visuel. Les résultats montrent clairement que ce n’est qu’une partie de l’équation et que la suppression active des objets non pertinents est un autre élément important dans le traitement de l’information.

Compte tenu de la prolifération des distractions provenant des dispositifs électroniques de consommation de notre société axée sur la technologie et en constante et rapide évolution, les psychologues pensent ainsi que leur découverte pourrait aider les scientifiques et les professionnels des soins de santé à mieux traiter les personnes ayant des déficits d’attention liés à la distraction.

La distraction est une des principales causes de blessures et de décès dans la conduite de véhicules et ainsi qu’au sein d’autres environnements à haut risque. Il existe des différences individuelles dans la capacité à faire face à la distraction. De nouveaux produits électroniques sont conçus pour attirer l’attention. La suppression de ces signaux exige des efforts, et parfois les gens ne semblent pas en être capables.

En outre, les troubles associés à des déficits de l’attention, tels que le TDAH, l’autisme et la schizophrénie, peuvent en fait découler de difficultés dans la suppression des objets non pertinents plutôt que de difficultés à choisir entre ceux qui sont pertinents.

Les chercheurs tournent maintenant leur « attention » à la compréhension de la manière dont nous faisons face aux distractions. Ils cherchent à savoir quand et pourquoi on ne peut pas supprimer des objets qui pourraient déranger la concentration, et si certains d’entre nous sont mieux outiller à le faire et pourquoi.

Il y a des preuves que les capacités attentionnelles diminuent avec l’âge et que les femmes sont mieux outillées que les hommes à certaines tâches visuo-attentionnels.

L’étude est fondée sur trois expériences dans lesquelles 47 élèves exercé une tâche d’attention visuelle exigeant des recherches. Leur âge moyen des élèves était de 21. Les chercheurs ont étudié les processus neuronaux liés à l’attention, la distraction et la répression par l’enregistrement de signaux électriques du cerveau à partir de capteurs embarqués dans un chapeau que les étudiants portaient.

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sources

  1. Medical News Today (2014, April 23). « Discovery of anti-distraction system in the brain has implications for ADHD, schizophrenia« , MediLexicon Intl, <http://www.medicalnewstoday.com/releases/275759&gt;

  2. Gaspar, J. M., & McDonald, J. J. (2014). Suppression of Salient Objects Prevents Distraction in Visual Search. The Journal of Neuroscience, 34(16), 5658-5666, http://bit.ly/QmBys2.

Références

  1. John McDonald (Associate Professor / Canada Research Chair (Cognitive Neuroscience)) – http://www.sfu.ca/~jmcd/ (+ http://www.psyc.sfu.ca/people/index.php?topic=finf&id=41).

De l’intimidation, de la neuropsychologie et de la neurobiologie interpersonnelle, de l’exclusion et du rejet social, et des troubles neurodéveloppementaux

Trente pour cent des adultes atteints d’un trouble déficitaire de l’attention ou de trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA ou TDAH) rapportent qu’ils ont été victimes de violence physique, et ce, avant l’âge de 18 ans, comparativement à sept pour cent pour ceux qui n’ont pas le TDA/TDAH.

Cette forte association entre la violence et le TDAH n’a pas été expliquée par les différences dans les caractéristiques démographiques ou par d’autres facteurs d’adversités rencontrées en début de vie par ceux qui avaient été maltraités. Même après l’ajustement pour différents facteurs potentiel (tel que l’âge, la race, le sexe, et trois autres types d’expérience adverse lors de l’enfance, comme le divorce, l’abus de drogues chez les parents, le chômage prolongé), ceux qui ont déclaré avoir été abusés physiquement avant 18 ans avaient sept fois plus de chances de vivre de la violence physique.
Les enquêteurs ont examiné un échantillon représentatif de 13 054 adultes âgés de 18 ans et plus du Canadian Community Health Survey de 2005, comprenant 1020 répondants qui ont déclaré avoir subi de la violence physique de la petite enfance et 64 répondants qui ont déclaré qu’ils avaient été diagnostiqués par un professionnel de la santé, soit avec le TDAH ou le TDA.

Les données ne permettent pas de connaître l’orientation de cette association. Il est possible que les comportements des enfants souffrant de TDA/TDAH augmentent le stress parental et la probabilité d’abus. Alternativement, une nouvelle littérature scientifique suggère que l’abus au début de l’enfance peut entraîner et/ou exacerber le risque du TDA/TDAH.

Cette étude souligne l’importance du TDA/TDAH comme marqueur de mauvais traitements. Avec 30 pour cent des adultes souffrant du TDA/TDAH qui signalent avoir subi des sévices physiques durant l’enfance, il s’avère donc important pour les professionnels de la santé travaillant avec ces enfants de pouvoir détecter s’il y a présence de sévices physiques.

Fait intéressant, les victimes de violence physique lors de la petite enfance sont de deux fois plus susceptibles de développer des ulcères que les personnes qui n’ont pas été victimes de violence étant enfants. Des chercheurs ont trouvé une forte et significative association entre les individus qui ont été maltraités durant l’enfance et ceux qui ont été diagnostiqués avec des ulcères gastro-duodénaux plus tard dans la vie. On pensait originellement que ce lien serait expliqué par des facteurs tels que le stress, l’obésité, le tabagisme ou l’abus d’alcool — caractéristiques qui sont fortement associées à des ulcères gastro-duodénaux —, mais même après l’ajustement de 16 variables connues, ceux qui avaient été victimes de violence physique dans l’enfance ont coté 68% supérieurs d’ulcères gastro-duodénaux que leurs pairs non-victimes de violence.

Ces résultats montrent l’importance de la prévention de la maltraitance physique des enfants, mais également la nécessité de dépistage chez les adultes qui ont été victimes de violence durant l’enfance comme ils sont à risque de conséquences négatives sur la santé.

Les chercheurs ont utilisé les données d’un échantillon représentatif de la collectivité de 13 069 Canadiens d’âge adulte. Plus de 1000 ont déclaré être physiquement agressées par une personne proche d’eux avant l’âge de 18 et 493 ont dit qu’ils avaient été diagnostiqués avec des ulcères peptiques par un professionnel de la santé.

L’intimidation, aussi appelé « peer victimization » (l’expérience chez les enfants d’être une cible de l’agressivité des autres enfants, qui ne sont pas des frères et sœurs, et et qui ne sont pas nécessairement des camarades du même âge), est une » relation problématique et irrespectueuse » qui se produit lorsqu’un ou plusieurs enfants utilisent de manière répétée un comportement agressif afin de manipuler, éliciter de la colère, ou de nuire à un autre enfant vulnérable en raison de ses caractéristiques physiques, mentales, sociales.

Les enfants peuvent être victimes d’intimidation de plusieurs manières. Par exemple, un enfant victime d’intimidation physique peut être botté, frappé, ou poussé par un pair qui est plus âgé ou plus fort, tandis qu’un enfant victime d’intimidation verbale peut subir des insultés, des épithètes péjoratives ou dégradantes, ou des menaces. Beaucoup de parents, les éducateurs et les professionnels de santé sont familiers avec les formes physiques et verbales de l’intimidation. Cependant, l’intimidation peut également prendre la forme d’ostracisme, de la propagation de rumeurs ou de ragots visant à saboter les relations avec les pairs de l’enfant ciblé et l’isoler ainsi du groupe de pairs. Ce type d’intimidation, appelée l’intimidation relationnelle, peut-être tout aussi préjudiciable à un enfant étant harcelée ou subissant de la violence (physique, direct, indirecte,…) et de la violence psycholpgoqie et morale.

Les enfants qui sont victimes d’intimidation font face à de nombreux facteurs de risques sociaux et émotionnels, incluant une plus grande probabilité de se sentir déprimé ou anxieux, de se sentir être seul, d’entretenir une faible estime de soi. Les autres conséquences de l’intimidation peuvent inclure des maux de tête ou des problèmes de sommeil, un manque d’assiduité à l’école, un manque de motivation et une baisse du rendement scolaire ; et dans les cas extrêmes, des pensées suicidaires ou des passages à l’acte. En fait, l’intimidation est un problème si grave que la plupart des pays à travers le monde, dont le Canada, en ont fait une priorité quant à la santé des enfants afin de prévenir et de gérer l’intimidation dans les écoles et les communautés.
Bien que de nombreux enfants peuvent être victimes d’intimidation à un moment ou un autre, les enfants handicapés [ou en situation de handicap] semblent être particulièrement vulnérables d’être la cible d’agressions répétées de leurs pairs.

Certaines preuves suggèrent que les enfants qui ont un certain type de handicaps dits « cachés » (Dyspraxie – Developmental coordination disorder, TDAH – Attention Deficit Hyperactivity Disorder, Dysphasie – Specific language impairment) sont moins susceptibles de se voir offrir la protection de leur groupe de pairs que les enfants, dont le handicap, sont plus visibles (par exemple, les enfants handicapés physiques tels que le spina bifida).

Les enfants atteints de dyspraxie ont plusieurs traits physiques qui pourraient accroître leur vulnérabilité à l’intimidation. Par exemple, ils peuvent sembler maladroits et bizarres quand ils se déplacent et se débattent les tâches scolaires que les autres enfants de leur âge peuvent faire. Ils peuvent également ne pas être en aussi bonne forme physique que leurs pairs et peuvent être obèses ou affiche un certain surpoids. Certaines recherches avec les parents d’enfants atteints de dyspraxie suggèrent que les familles expriment souvent des préoccupations au sujet de l’intimidation lorsque leurs enfants atteignent l’âge de 9 ou 10 ans.

Les enfants souffrant de dysphasie sont moins habitués aux nombreuses activités sociales qui s’avèrent importantes pour le développement des relations sociales avec les pairs, tel que savoir comment intégrer les groupes de pairs, savoir négocier avec les pairs et la résolution des conflits, ainsi que savoir prendre part aux activités d’apprentissage de groupe. De récentes études suggèrent également que les enfants dysphasie sont à risque accru d’être intimidé. Par exemple, des chercheurs du Royaume-Uni ont révélé que le risque de « victimization » par les pairs parmi les enfants de11 ans avec dysphasie était de 36 % — près de trois fois plus que le niveau rapporté par les enfants du même âge sans difficulté. De plus, les adolescents avec dysphasie ont signalé un risque tout au long de la vie d’être intimidé ce qui représentait presque le double de celui de leurs camarades du même âge (49 % contre 27 %), et ont déclaré avoir été cinq fois plus victimisés durant l’enfance (13 % chez les enfants avec dysphasie vs 2 % chez les pairs au développement normal).

Les enfants atteints de TDAH peuvent être jusqu’à quatre fois plus susceptibles d’être victimes d’intimidation que leurs pairs. Ils signalent également plus de « victimization » verbale, physique et relationnelle que les enfants sans TDAH. En fait, le risque d’être fréquemment victime d’intimidation peut être aussi grand que 10 fois plus chez les enfants avec TDAH. Dans une étude qualitative de la « victimization » par les pairs parmi les quatre garçons atteints de TDAH, les chercheurs ont décrit comment l’intimidation chronique peut conduire à des sentiments d’impuissance et de détresse psychologique sévère. Même à un jeune âge, si l’intimidation est présente, les enfants atteints de TDAH peuvent souffrir de dépression et d’anxiété.

Un grand nombre d’informations complémentaires sur le risque de « victimization » répétée par les pairs chez les enfants atteints de TDAH ou dysphasiques que chez les enfants atteints de Dyspraxie. Pour les enfants avec dysphasiques ou TDAH, les études montrent un risque accru d’être victimes d’intimidation par rapport à d’autres enfants du même âge sans handicap. La recherche sur le risque d’être victime d’intimidation pour les enfants atteints de Dyspraxie est encore émergente, mais la littérature disponible suggère que certains de ces enfants peuvent y être vulnérables.

Il est important que les adultes soient conscients que ces enfants peuvent être à risque accru d’être victimes d’intimidation, même si leur handicap n’est pas toujours évident ou visible pour les autres. La nécessité pour les adultes d’être au courant des risques encourus par les enfants avec un handicap dit « caché » s’étend à d’autres groupes vulnérables (par exemple, les enfants ayant des troubles d’apprentissage). Par conséquent, les parents et les enseignants doivent se familiariser avec les signes qu’un enfant est victime d’intimidation et savoir ce qu’ils peuvent faire pour aider.

Un nombre croissant d’études montre que le besoin de se connecter socialement avec les autres est aussi fondamental que notre besoin de nourriture, d’eau et d’abris. Être socialement connecté serait l’une des véritables passions de notre cerveau. Cette fonction aurait été encodée dans notre système d’exploitation voilà des dizaines de millions d’années et témoigne ainsi d’une certaine évolution au cours des âges. Cette évolution a finalement rendu les humains d’aujourd’hui plus connectés à un monde dit social et toujours plus dépendants du monde social. Cette prédisposition à être « social » (grégaire) peut expliquer notre besoin d’interagir via les médias sociaux, les appareils électroniques, et même via des ragots et commérages (qui joue un rôle important), et aussi pourquoi les gens sont si intéressés à regarder les interactions sociales d’autrui dans les feuilletons et les télé-réalités, par exemple.

Les mammifères sont socialement plus connectés que les reptiles, les primates le sont plus que les autres mammifères, et les humains plus que les autres primates. Ce que cela suggère c’est que devenir plus connecté socialement est essentiel à notre survie. En un sens, l’évolution a fait le parie, à chaque ‘étape’ de l’évolution, que la meilleure manière de nous rendre plus prospère était de nous rendre encore plus social.

Ainsi, nos institutions exécuteraient mieux si elles étaient structurées avec une compréhension de notre nature sociale, et ayant une compréhension de la psychopathologie de l’interaction. Un jour, dans un futur proche, nous allons regarder notre passé et nous demander comment nous avons pu considérer la vie, le travail et les écoles qui sans être guidé par les principes du « cerveau social » (social brain).

Le système de l’éducation, et les écoles pourraient être considérablement améliorés par l’exploitation du potentiel social du cerveau. Ainsi, l’intérêt des élèves américains [et même canadiens et québécois] à l’école [et l’apprentissage] tend à diminuer quand ceux-ci atteignent les septièmes et huitième année (6iem année ou secondaire 1) — un âge où les humains deviennent extrêmement sociaux. Mais le modèle commun des institutions scolastiques et de notre système scolaire est constitué de sorte d’éteindre ce « cerveau social » de la progéniture.

Par exemple, nous n’apprenons pas l’histoire en demandant ce que Napoléon pensait, on enseigne plutôt les limites territoriales, les dates des faits historiques, une trame historique, et nous les rendons aussi asociales que possible. Trop souvent, semble-t-il, nous enlevons ce qui rend l’information « apprenable » et mémorable et nous soulignons surtout la chronologie des événements, tout en laissant les motivations humaines qui soutendent les faits historiques.

Le cerveau des enfants (fin du primaire et début du secondaire) veut comprendre le monde social et l’esprit d’autres personnes (théorie de l’esprit). Nous pouvons donc puiser dans l’aptitude des élèves d’être biologiquement prédisposés à apprendre, et nous pouvons le faire afin d’améliorer l’enseignement de l’histoire et du français, et même les mathématiques et la science. Ainsi, un nombre croissant d’études suggèrent également que les étudiants sont plus susceptibles de se souvenir d’informations quand ils l’apprennent socialement (apprentissage en groupe). Les écoles pourraient appliquer cette leçon en demandant aux élèves plus âgés de tutorat les plus jeunes.

Si vous avez en étudiant du secondaire qui tutorat en enfant du primaire, la motivation du premier sera sociale : cela pourrait donc aider cet autre étudiant et non pas l’embarrasser. Amener les étudiants à être à la fois enseignant et apprenant créerait probablement un certain enthousiasme, voire même un engouement, pour l’apprentissage.

Les recherches suggèrent également que les chefs d’entreprise pourraient bénéficier d’une meilleure compréhension des motivations sociales de la population, et donc des employés. Les études réalisées par certains chercheurs ont montré que le sentiment d’être apprécié et respecté dans le milieu de travail active le système de récompense du cerveau de la même manière que la compensation financière le fait – et les récompenses sociales pourraient être moins efficaces que l’argent quant à la motivation des travailleurs. Et une étude a montré que les gens étaient généralement disposés à remettre de l’argent qui leur avait été donné si cela signifiait que d’autres écrivent des mots aimables à leur sujet.

On note également qu’une étude sur 60 000 dirigeants a révélé que moins de 5 % de ceux-ci excellent à la fois à obtenir des résultats d’accomplissement importants, et bâtir des relations sociales. Peu de gens combinent efficacement ces deux habiletés.

L’importance des connexions sociale est si forte, que lorsque nous sommes rejetés ou lorsque nous vivons des douleurs de l’expérience sociale, nos cerveaux « souffrent » de la même manière que nous le faisons lorsque nous nous sentons la douleur physique. Ainsi, le rejet social, l’exclusion sociale, est aussi douloureux que la douleur physique et à sensiblement les mêmes effets. Ainsi, la douleur physique et sociale est plus proche qu’on ne l’imagine. Nous ne nous attendons d’e quelqu’un avec une jambe cassée à « juste s’en remettre, ça v’as passé ». Pourtant, quand il s’agit de la douleur de la perte sociale, il s’agit d’une réponse – commune – et erronée.

Notre nature sociale est si puissante qu’elle peut même dicter la manière dont nous sommes efficaces dans le développement de nouvelles innovations et la production d’importants changements sociétaux. Nous sommes branchés pour percevoir les choses et penser. Comment puis-je l’utiliser pour aider d’autres personnes que je connais? ‘« . Ainsi, je pourrais avoir l’idée la plus brillante pour une innovation [sociale], mais si toutefois je ne peux pas exprimer l’idés à d’autres personnes d’une manière qu’il puissent m’aider à construire et mettre en oeuvre, cela demeure qu’une idée dans la tête. Conséquemment, si nous ne sommes pas connectés socialement, même de grandes idées se fanent dans l’oublie.

La neurobiologie interpersonnelle (NI) met en évidence les relations, les émotions et le cerveau. La neurobiologie interpersonnelle, terme inventé par le Dr Dan Siegel, dans son livre “The Developing Mind” est un domaine interdisciplinaire qui cherche à comprendre l’esprit et la santé mentale. Ce champ est basé sur la science, mais n’est pas limité par la science, et qui peut se seront résumées qu’elle met l’accent sur les résultats des neurosciences en ce qui concerne le système des neurones miroirs et la plasticité neuronale.

La neurobiologie interpersonnelle est une approche dite conciliante (1) qui examine les domaines indépendants de savoir afin de trouver des principes communs qui émergent pour peindre une image globale de l’expérience et du développement humain, et (2) la neurobiologie interpersonnelle tente d’extraire la sagesse de plus d’une douzaine de différentes disciplines de la science pour tisser une image de l’expérience humaine et des processus de changement tout au long de la vie. La perspective de la “neurobiologie interpersonnelle” est de construire un modèle dans lequel les domaines objectifs de la science et les domaines subjectifs de la connaissance humaine peuvent trouver un lieu commun (3).

L’approche de la neurobiologie interpersonnelle à la psychothérapie s’appuie sur le cadre de base de ce point de vue interdisciplinaire qui explore les manières dont une personne peut aider les autres à alléger les souffrances et de progresser vers le bien-être. L’idée centrale de la neurobiologie interpersonnelle est d’offrir une définition de l’esprit et de bien-être mental qui peut être utilisée par un large éventail de professionnels concernés par le développement humain.

L’NI utilise les preuves cliniques qui supporte comme fondement la croissance continue du cerveau. Cette technique examine la possibilité de la guérison des traumatismes en stimulant le cerveau avec de puissantes persuasions positives. Certaines études ont montré que les conditions qui ont autrefois été considérées comme irréversibles peuvent être en fait transformable de manière saine. Parce que le cerveau se développe en continu tout au long de nos vies, les implications pour la guérison sont sans fin. Cette technique est utilisée dans un large secteur de la population, y compris avec ceux qui travaillent dans les domaines de la santé mentale, de l’éducation, de la parentalité, des entreprises, de l’industrie, etc.

Cette méthode explore donc, entre autres, les effets des traitements psychothérapeutiques sur le cerveau et comment le mécanisme du cerveau est directement affecté par les expériences de la vie. Dans le passé, les experts estimait que la croissance neurologique cessait au plus tard à l’âge adulte.
La neuroplasticité montre ainsi que la formation de nouveaux neurones et des liens neurologiques continue tout au long de la vie, et ce pour l’ensemble de la population. Ce constat relativement récent appuie donc la théorie de la neurobiologie interpersonnelle et apporte certaines preuves quant à sa validité et de son efficacité. En comprenant mieux comment ces liens neurologiques sont touchés, et de même, la manière dont ils affectent dans son ensemble le corps, l’intellect, et l’esprit, les cliniciens peuvent mieux aider les clients à se reconstruire et à renouer ces liens pour atteindre un équilibre intérieur plus sain.

De la pollution sonore et des nuisances sonores

LE BRUIT

L’excès de bruit a des effets sur les organes de l’audition, mais peut aussi perturber l’organisme en général, et notamment le sommeil, le comportement.

Quelques définitions du bruit :

« Un ensemble de sons sans harmonies » (dictionnaire Larousse)

« Ce qui, perçu par l’ouïe, n’est pas senti comme son musical » (dictionnaire Robert)

« Toute sensation auditive désagréable ou gênante, tout phénomène acoustique produisant cette sensation, tout son ayant un caractère aléatoire qui n’a pas de composantes définies » (Association française de normalisation)

« Ensemble de sons, d’intensité variable, dépourvus d’harmonie, résultant de vibrations irrégulières »

Quelques synonymes de bruit dans le langage courant:

bruit court et intense : déflagration, détonation, éclat, explosion

bruit fort et prolongé : vacarme, fracas, hurlement, vocifération

bruit doux : gargouillement, bruissement, frôlement, gazouillement, murmure

origine utilisée pour désigner le bruit : clapotage, crépitation, babil, pépiement, ronronnement, souffle, cri, gémissement, grognement, ronflement

registre familier : boucan, brouhaha, chahut, tapage

Nous notons les bruits de voisinage suivant :

  • Les bruits de comportement (également appelés bruits domestiques) : correspondent principalement aux bruits inutiles ou agressifs de la vie quotidienne, provoqués, directement ou non, par les comportements désinvoltes de personnes. Les bruits désinvoltes ou agressifs pouvant provenir de chaînes haute-fidélité, d’aboiements, d’appareils électroménagers, de travaux de réparations, de pétards, etc., sont considérés comme des bruits de comportement;
  • Les bruits d’activités : Ce sont des bruits provenant d’une activité bruyante installée à proximité de logements peut occasionner des nuisances par exemple de la circulation (ambulance, police, camions, trains, avions, d’ateliers artisanaux, de commerces, d’activités industrielles;
  • Les bruits chantiers : Il s’agit des bruits de chantiers de travaux publics ou privés et de travaux intéressant les bâtiments et leurs équipements;
  • Logement mal isolé : Il n’est pas rare que l’occupant d’un logement souffre du bruit de ses voisins, alors même que ceux-ci ont un comportement normal. C’est le logement qui est mal isolé. Pourtant, peu d’occupants entreprennent des travaux d’isolation acoustique. Diverses raisons participent de cette situation : les particuliers ont des difficultés à identifier les bruits, ils manquent d’information sur les solutions techniques, nourrissent des a priori négatifs sur les coûts des diagnostics et des travaux. Quant aux aides financières, soit leur existence est ignorée, soit les conditions pour en bénéficier sont méconnues, et la notion de dépréciation immobilière pour cause de bruit est mal appréciée.

Dans les constructions, on fait la différence entre les bruits aériens, c’est-à-dire les bruits émis par une source n’ayant pas de contact avec la structure construite, et les bruits solidiens, qui ont pour origine une mise en vibration directe de la structure.

  • bruits aériens : Dans un logement, les bruits aériens se propagent par l’air avant de faire vibrer les parois du local. Chaque paroi qui vibre fait à son tour vibrer l’air dans les locaux voisins : le son a traversé la paroi. On distingue deux types de bruits aériens : 1) les bruits aériens intérieurs (bruits créés par les conversations, la télévision, les chaîneshaute-fidélité…); 2) les bruits aériens extérieurs (bruits créés par le trafic routier, ferroviaire ou aérien).
  • bruits solidiens : Une paroi soumise à un choc entre en vibration et fait vibrer l’air des locaux voisins. Les bruits solidiens comprennent : 1) Les bruits d’impact (bruits de pas, déplacement de meubles, chutes d’objets, …); 2) Les bruits d’équipement, collectifs (ascenseur, chaufferie, …) ou individuels (chasse d’eau, robinetterie, …).

Quand un son rencontre une paroi, son énergie sonore est en partie : 1) réfléchie — l’énergie réfléchie revient du côté de la source; 2) absorbée — l’énergie absorbée se transforme en chaleur dans la paroi; 3) transmise — l’énergie transmise traverse la paroi et fait vibrer l’air de l’autre côté.

L’énergie acoustique se transmet du local d’émission au local de réception :

  • soit par transmission directe, avec comme milieu de propagation la paroi séparative (mur, cloison) entre les deux pièces;
  • soit par transmission latérale, qui utilise des voies de propagation autres que la paroi séparative entre les deux pièces.

L’isolation acoustique consiste à traiter la transmission des bruits, soit qu’ils viennent de l’extérieur, soit qu’ils soient émis depuis le local à isoler (afin qu’ils ne s’entendent par hors de celui-ci). Les matériaux fortement isolants réduisent surtout la partie transmise de l’énergie sonore, et réfléchissent cette énergie vers la source émettrice. L’absorption acoustique, ou correction acoustique traite l’énergie réfléchie et absorbée, mais ne modifie quasiment pas les propriétés de transmission de la paroi. Ainsi, un matériau absorbant n’améliore pas l’isolation, puisqu’il ne supprime pas les bruits extérieurs, ni n’empêche les sons intérieurs de sortir.

LA POLLUTION SONORE

Quand le bruit dépasse le niveau de la simple nuisance et qu’il peut affecter l’acuité auditive, la santé, les écosystèmes (via le dérangement de la faune) on parle de pollution sonore. La notion de pollution sonore regroupe généralement des nuisances sonores provoquées par diverses sources, dont les conséquences peuvent aller d’une gêne passagère, mais répétée à des répercussions graves sur la santé, la qualité de vie et/ou sur le fonctionnement des écosystèmes. Une grande partie de la population urbaine mondiale est confrontée à des nuisances sonores, et en particulier les riverains de routes, de voies ferrées, d’aéroports, de ports et de certaines usines ou zones d’activité. Les voisins de discothèques, de carrefours fréquentés, etc. le sont aussi.

Pour plus de renseignements:

Du contrôle cognitif de l’émotion et du Trouble d’Hyperactivité avec/sans Déficit de l’Attention

La capacité du contrôle des émotions est importante pour l’adaptation humaine. Le questionnement concernant les bases neurales de la régulation émotionnelle a récemment pris une nouvelle importance, parallèlement au progrès récent des études par imagerie fonctionnelle sur les humains, et a permis une enquête directe des stratégies de contrôle qui tire parti des processus cognitifs supérieurs difficile à étudier chez les non-humains.

De telles études ont examiné (1) le contrôle de l’attention au, et (2) le changement cognitif de la signification au, stimuli émotionnellement évocateurs. Ces deux formes de régulation des émotions dépendent de l’interaction entre les systèmes de contrôle préfrontal et cingulaire et les systèmes sous-corticales de génération des d’émotion. Combinés ensemble, les résultats suggèrent une architecture fonctionnelle pour le contrôle cognitif de l’émotion.

A suivre…