De la dyslexie

La dyslexie serait le trouble des apprentissages le plus courant; elle représente 80 % de l’ensemble de ces troubles. La dyslexie est certes liée à une différence neurobiologique (au niveau cérébral), mais ses manifestations extérieures ou ses symptômes peuvent varier selon le genre de dyslexie ou les tâches à accomplir. Les preuves anatomiques tendent à démontrer qu’il existe deux types de différences dans les cerveaux des dyslexiques : 1) la forme extrême d’une variation normale; 2) reflétant une anormalité, plutôt qu’une variation normale du développement du cerveau.

La dyslexie s’explique par une organisation cérébrale différente, qui peut entraver la lecture, l’écriture, l’épellation et/ou l’expression orale, et ce, en dépit d’une intelligence moyenne ou supérieure, d’un enseignement traditionnel de la lecture et de conditions socioculturelles adéquates. Dans l’apprentissage d’une langue seconde, les dyslexiques sont confrontés aux mêmes difficultés qu’ils ont connues pendant l’apprentissage de leur langue maternelle.

La dyslexie ne connaît pas de frontières : elle affecte des personnes de toute race et de tout groupe ethnique, et de tout milieu socio-économique. La dyslexie peut atteindre plusieurs personnes d’une même famille.

En 1968, la Fédération mondiale de neurologie définissait la dyslexie comme « un trouble biologique qui se manifeste par des difficultés de lecture, d’écriture et/ou d’épellation, en dépit d’une scolarisation régulière, d’une intelligence normale et d’un milieu socioculturel propice au développement de la lecture ».

La British Dyslexia Association s’exprime ainsi : la dyslexie se décrit le plus précisément comme une combinaison d’aptitudes et de difficultés qui touchent le processus d’apprentissage dans un ou plusieurs des domaines suivants : la lecture, l’épellation, l’écriture et parfois le langage des mathématiques. Les faiblesses qui s’y rattachent concernent la vitesse de traitement, la mémoire à court terme, le classement, la perception auditive et/ou visuelle, l’expression orale et les habiletés motrices. Certains dyslexiques ont une créativité hors du commun. D’autres ont d’excellentes aptitudes orales. Même si certains n’ont pas de talents exceptionnels, tous les dyslexiques ont des points forts. La dyslexie se manifeste en dépit d’une intelligence normale et d’une éducation traditionnelle. Elle est sans relation avec le niveau socio-économique ou le bagage linguistique.

Il existe trois genres de dyslexie :

  • la dysnemkinésie/dysgraphie (motrice);
  • la dysphonésie (auditive);
  • la dyseidésie (visuelle).

Le degré de gravité de la dyslexie varie. Une personne peut avoir une alliance de ces trois genres de dyslexie. Il est de plus possible que certains étudiants dyslexiques aient une sensibilité à la lumière (sensibilité scotopique, syndrome d’Irlen, défaut magnocellulaire). La dyslexie peut être à l’origine d’un handicap permanent en lecture, en écriture, en épellation et/ou en expression orale. Certaines de ces compétences de base seront toujours plus difficiles à acquérir pour les personnes dyslexiques que pour les autres.

« À titre de conclusion, je dirai que les problèmes en lecture ne sont ni particuliers à la lecture ni fondés exclusivement sur des facteurs linguistiques, mais qu’ils sont une conséquence du développement légèrement déficient d’une catégorie de neurones cérébraux (les neurones magnocellulaires). Cela explique l’étendue des manifestations de la dyslexie, qui ne se limitent pas à la lecture. Il convient toutefois de les considérer comme des caractéristiques personnelles plutôt que comme l’effet d’une « maladie neurologique ». (J. Stein. « The neurobiology of reading difficulties », Prostaglandins, Leukotrienes and Essential Fatty Acids, Vol. 63, no 1/2m juillet/août 2000, p. 109-116).

La dyslexie varie d’une personne à l’autre, mais les symptômes suivants sont ceux qui limitent le plus souvent les aptitudes en lecture des étudiants au niveau universitaire.

La dyslexie entraîne des problèmes de lecture :

  • lenteur extrême de la lecture;
  • vision floue et déformée des mots;
  • confusion relative aux mots qui se ressemblent graphiquement;
  • confusion relative aux mots multisyllabiques;
  • omission de mots charnières;
  • compréhension de phrases complexes (en particulier au cours d’examens);
  • compréhension de phrases négatives;
  • lecture de caractères de petite taille;
  • lecture de photocopies de mauvaise qualité;
  • lecture d’un texte sur papier blanc.

La dyslexie entraîne des problèmes en épellation :

  • fautes d’orthographe dans des mots d’aspect similaire qui ne sont pas détectées par les correcteurs d’orthographe;
  • grand nombre de mots effacés ou barrés qui donnent un aspect très négligé au travail;
  • erreurs et/ou omissions de lettres ou de mots;
  • besoin de répéter jusqu’à 2000 fois un mot pour mémoriser son orthographe, comparé à un maximum de 14 répétitions pour les personnes non dyslexiques;
  • mêmes mots écrits différemment dans le même passage.

La dyslexie entraîne des problèmes à prendre des notes :

  • incapacité à lire sa propre écriture;
  • difficulté à prendre des notes tout en écoutant;
  • difficulté à prendre des notes lisibles;
  • difficulté à copier suffisamment vite les notes écrites au tableau.

La dyslexie entraîne des problèmes en écriture :

  • expression peu claire des idées par écrit;
  • mauvaise planification et organisation des rapports et de la correspondance;
  • style manquant de maturité;
  • mauvaise structure de phrases;
  • concept insuffisant du paragraphe;
  • ponctuation incorrecte ou absente;
  • mélange des sons des mots multisyllabiques;
  • inversion de lettres ou de chiffres;
  • grand nombre de ratures.

La dyslexie entraîne des problèmes en élocution :

  • expression peu claire des idées à l’oral;
  • incapacité à terminer les phrases;
  • difficulté à s’exprimer clairement pendant des entrevues ou des examens oraux;
  • difficulté à s’exprimer sur un sujet précis dans un temps limité ou dans le cadre d’une entrevue;
  • difficulté à trouver le mot juste en parlant.

La dyslexie entraîne des problèmes d’écoute :

  • dans une salle bruyante;
  • oubli de l’information importante;
  • grande sensibilité à quelques sons, tels que le téléphone à haut-parleur ou les applaudissements au théâtre.

La dyslexie entraîne des problèmes en mathématiques :

  • mémorisation des tables de multiplication;
  • inversion des chiffres;
  • la personne perd le fil (ou l’ordre) au cours de longues divisions;
  • les difficultés de lecture peuvent causer des problèmes de compréhension écrite.

La dyslexie entraîne des problèmes au niveau du sens de l’organisation :

  • oubli de devoirs ou de rendez-vous;
  • oubli de livres ou d’équipement;
  • papiers et matériel égarés;
  • mauvais calcul du temps nécessaire à l’exécution des tâches;
  • la personne se perd dans un édifice qu’elle connaît mal (ou parfois même qu’elle connaît bien);
  • mauvaise orientation (droite-gauche, est-ouest, haut-bas);
  • difficulté à organiser son bureau.

Les difficultés qu’éprouvent les personnes dyslexiques sont plus manifestes dans des circonstances comme les entrevues, les tests ou les examens, où les participants doivent démontrer leurs connaissances ou leurs compétences dans un temps limité. Les personnes dyslexiques peuvent être tendues au point d’en oublier temporairement tout ce qu’elles savent.

De récentes décisions favorables aux droits des personnes dyslexiques de la Cour Suprême du Canada, de la cour Fédérale du Canada et de la Commission canadienne des droits de la personne ont des effets positifs profonds dans les lieux de travail, les universités et les établissements médicaux.

La Charte canadienne des droits et libertés exige que des mesures d’adaptation raisonnables soient prises pour les employés dyslexiques.

Les difficultés qu’éprouvent les personnes dyslexiques sont plus manifestes dans des circonstances comme les interrogatoires, les entrevues, les tests ou les examens où les participants doivent démontrer leurs connaissances ou leurs compétences dans un temps limité. Les personnes dyslexiques peuvent être tendues, stressées, au point d’en oublier temporairement tout ce qu’elles savent.

Même si toutes les stratégies adaptations et d’accommodations ne sont pas nécessaires pour chaque dyslexique, voici les mesures d’adaptation les plus raisonnables :

  • prévoir une pièce séparée sans éclairage fluorescent. L’éclairage provenant de tubes fluorescents ordinaires est réfléchi sur le papier et les écrans d’ordinateur. La lumière des tubes, ou des ampoules en spectre continu n’est pas réfléchie – elle est absorbée. Les lampes en spectre continu facilitent la lecture par les dyslexiques et ont un effet tranquillisant dans l’aire de travail. De nombreux dyslexiques ne peuvent tout simplement pas lire ou travailler sous des tubes fluorescents ordinaires;
  • allouer une courte « pause santé » pendant une longue séance;
  • utiliser une phrase de longueur moyenne (pas plus de 20 mots);
  • souligner les prépositions clés telles que : avant, après, etc.;
  • fournir une version imprimée des questions d’examen pendant l’examen oral;
  • utiliser du papier de couleur reflète moins la lumière que le papier blanc, ce qui fait que la lecture ne nécessite pas autant de concentration. La couleur chamois est celle qui semble le mieux convenir pour le papier;
  • donner du temps supplémentaire lors d’un examen à choix multiples;
  • les examens à choix multiples devraient être écrits sur du papier de couleur et imprimés en gros caractères (police d’au moins 12 points ) dans le but d’éviter le brouillage des mots;
  • De nombreuses personnes dyslexiques ont des perceptions visuelles déformées, où le texte semble bouger, être flou ou encore se diviser en des motifs dérangeants. Les lentilles ChromaGen sont une série de filtres visuels prescrits indépendamment pour chaque côté du système visuel (selon le modèle du haploscope);
  • le vacarme : Le bruit de fond dans les bureaux traditionnels est habituellement très dérangeant et perturbe tous les employés. Cependant, les personnes dyslexiques y sont particulièrement sensibles. Le masquage du son peut rendre l’emplacement de travail intolérable, perturbateur et envahissant beaucoup plus tolérable;
  • Minimiser les distractions : l’idée est de minimiser l’exposition au chaos constaté dans la plupart des bureaux en commençant quelques heures plus tôt ou plus tard que la plupart des gens et de disposer ainsi de quelques heures de calme relatif chaque jour;
  • Cartographier la pensée : il est très exigeant pour les dyslexiques de s’adapter à un monde linéaire. La cartographie de la pensée aide une personne à affiner ses pensées et ses plans de façon à permettre à toutes les personnes concernées de suivre le flot d’information et d’observer directement comment les choses sont interreliées par l’esprit dyslexique. Cette cartographie est utilisée dans la prise de note, la rédaction créatrice et l’élaboration de rapports, pour faciliter l’étude, dans l’étude en groupe ou en famille, les réunions et les groupes de réflexion et pour prononcer des discours.
  • etc.

Selon le signataire, dans certains cas, l’un des premiers effets bénéfiques de la dyslexie est celui de la configuration neuropsychologique même. En effet, selon le contexte développemental, selon l’environnement, et selon les stimulations éducationnelles, le Sujet présentant une dyslexie peut effectivement développer des aptitudes spécifiques liées à la configuration neuropsychologique.

Ainsi donc, une personne dyslexique apprend à développer des stratégies d’adaptation et d’accommodation, et ce sont ces stratégies mêmes qui lui permettent de développer des aptitudes et/ou des compétences, qui parfois, s’expriment à outrance. Incidemment, l’on verra une personne dyslexique développer certaines capacités intellectuelles ou certains types d’intelligences, que la plupart des gens ne prennent pas la peine de développer.

Selon la configuration neuropsychologique, certains développeront tel type d’intelligence et tel type de compétences qui y sont reliées.

Cependant, il n’est pas clair que la majorité des personnes vivant une dyslexie se développent adéquatement. Certes il y a de l’espoir et ce n’est qu’avec un travail de développement personnel que l’on arrivera à se connaître et à optimiser ses capacités, ces compétences, ces aptitudes, etc.

Pour la détermination et l’objectivation de la dyslexie, une évaluation neuropsychologique s’avère nécessaire.

Parmi les interventions possibles, on note l’appel à un orthophoniste (ortho : correct, phonè : voix) est un le professionnel des troubles de la communication humaine qui étudie, examine, évalue et traite les troubles de la voix, de la parole, du langage et de la fonction oropharyngée (fonction du tuyau destiné à maintenir la liberté des voies aériennes à travers la cavité buccale et le pharynx) et qui utilise les moyens de suppléance requis.

L’orthophoniste rencontre des enfants d’âge préscolaire et scolaire, des adolescents, des adultes et des personnes âgées. Il évalue et diagnostique les troubles de la parole (articulation, bégaiement, dysarthrie, etc.), du langage (dysphasie, dyslexie, aphasie, autisme, etc.), de la voix (dysphonie, laryngectomie, etc.) de la fonction oropharyngée (dysphagie, ect.), et les retards de langage, associés ou non à des déficiences.

L’orthophoniste agit pour favoriser l’intégration sociale, scolaire et professionnelle de même que la participation sociale des individus. Il s’intéresse également à la promotion de saines habitudes de communication et à la prévention des problèmes de communication.

L’orthophoniste travaille dans des écoles, des centres hospitaliers, des centres de réadaptation, des centres d’hébergement et de soins de longue durée, des CLSC, en hôpitaux de jour et en bureau privé. Il peut également enseigner ou faire de la recherche.

Pour pratiquer l’orthophonie et se proclamer orthophoniste, il faut faire partie de l’Ordre des Orthophonistes et Audiologistes du Québec (OOAQ). Pour ce faire, on doit d’abord obtenir un diplôme de deuxième cycle universitaire (maîtrise). Quatre universités, dont une en Ontario, le délivrent : l’Université de Montréal (qui délivre également le bac), l’Université Laval, l’Université d’Ottawa ainsi que l’Université McGill, (maîtrise en anglais).

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