Girls with ADHD more prone to self-injury, suicide as they enter adulthood

As they enter adulthood, girls with histories of #ADHD are more prone to internalize their struggles and feelings of failure – a development that can manifest itself in self-injury and even attempted suicide [http://bit.ly/PhtuV0].

According to the Centers for Disease Control and Prevention, approximately 5 million children aged 3 to 17 years had ADHD in 2010. According to the 2010 survey, 11 percent of boys had received an ADHD diagnosis, compared to about 6 percent of girls [http://huff.to/S0NtKi]

Girls with attention deficit hyperactivity disorder are significantly more likely to attempt suicide or injure themselves as young adults than girls who do not have ADHD, according to research published by the American Psychological Association [http://bit.ly/NAT5Vz]

The most recent study done by Stepehn Hinshaw of UC Berkeley shows girls are often diagnosed later than boys. They also have higher rates of self-injury and attempts of suicide in their teenage years [http://bit.ly/1hkOPcF]

Une étude découvre que le traumatisme et le TDAH vont souvent de pair

Une nouvelle étude[1] montre qu’un enfant ayant un diagnostic du TDAH est plus susceptible d’avoir également subi du stress et des traumatismes tôt dans la vie. Les enfants atteints du TDAH reçoivent un diagnostic souvent fondé sur leur comportement: une bougeotte inapproprié selon l’âge, l’inattention, l’hyperactivité et avoir du mal à rester assis et à se concentrer. Toutefois, selon cette nouvelle étude présentée ces comportements peuvent aussi être liées à un traumatisme d’enfance.

Lorsque les enfants qui ont du mal à se concentrer sur leurs tâches, à rester organisés, et à contrôler leur comportement et à rester assis, peuvent ainsi être évalués pour la présence du TDAH. Or, les cliniciens ne devraient toutefois pas s’arrêter là selon une étude qui a été présentée le mardi 6 mai à l’American Academy of Pediatrics (AAP) lors d’une réunion annuelle à Vancouver, Colombie-Britannique, Canada [3].

Les chercheurs de l’étude ont constaté que de nombreux enfants atteints de TDAH sont également confrontés à des défis tels que la pauvreté (conditions socioéconomiques défavorables), le divorce, la violence de quartier et l’abus de substances chez les membres de la famille.

Ces résultats suggèrent que les enfants TDAH font l’expérience de taux significativement plus élevés de traumatismes que ceux et celle qui n’ont pas le TDAH. Les fournisseurs de soins de santé peuvent ainsi se concentrer sur le TDAH comme diagnostic principal et alors négliger la présence possible d’une histoire traumatique pouvant influer sur le traitement.

Les chercheurs ont analysé, pour cette étude, les données de l’« Enquête nationale sur la santé des enfants — 2011 » (National Survey of Children’s Health — 2011)[4]. Ils ont identifié 65 680 enfants âgés de 6-17 ans dont les parents avaient répondu aux questions concernant le diagnostic du TDAH, sa sévérité et l’usage de médicaments, ainsi que neuf effets adverses de l’enfance (EAE; adverse childhood experiences – ACEs): la pauvreté, le divorce, le décès d’un parent/tuteur, la violence domestique, la violence de quartier, l’abus substance, l’incarcération, la maladie mentale familiale et la discrimination.

Environ 12 % des enfants ont été diagnostiqués du TDAH. Leurs parents ont d.claré une prévalence plus élevée de tous les événements adverses par rapport aux parents d’enfants sans TDAH. De plus, les parents d’enfants atteints de TDAH ont également signalé un nombre plus élevé d’effets adverses de l’enfance (EAE) par rapport aux enfants sans TDAH; ainsi, 17 pour cent des enfants atteints de TDAH avaient eu quatre ou plus EAE, comparativement à 6 pour cent des enfants sans TDAH.

Les enfants souffrant de quatre expériences adverses (EAE) ou plus étaient presque trois fois plus susceptibles d’utiliser une médication pour le TDAH par rapport aux enfants qui souffrent de trois expériences adverses ou moins. Les enfants souffrant de quatre EAE ou plus étaient également plus susceptibles de voir les parents considérer le taux de sévérité du TDAH chez leurs enfants comme modérée à sévère, et ce, par rapport aux enfants qui souffrent trois EAE ou moins.

Cette connaissance de la prévalence et des types d’effets adverses chez les enfants TDAH peut guider les efforts à faire face au traumatisme chez cette population et ainsi améliorer le dépistage et l’évaluation du TDAH, la précision du diagnostic et de la gestion de la condition.

Les fournisseurs de soins pédiatriques devraient envisager le dépistage des effets adverse lors del’enfance (EAE) chez les enfants dont ils soupçonnent la présence d’un TDAH et/ou ceux/celle qui ont obtenu le diagnostic, et initier des plans de traitement et/ou d’intervention fondée sur des preuves (evidence-based treatment/intervention) pour les enfants, dont le dépistage des EAEs s’avère positif.

Les diagnostics du TDAH ont fortement augmenté au cours de la dernière décennie, et il y a eu une augmentation concomitante de la consommation de médicaments stimulant. Beaucoup éprouvent aussi un traumatisme durant l’enfance, ce qui aggrave et exacerbe souvent les symptômes du TDAH et pose des problèmes de diagnostic lorsqu’il est question de savoir si leurs symptômes résultent directement du traumatisme qu’elles subissent.

Tout d’abord, il est possible que les cliniciens confondant tout simplement les signes de traumatisme chez les enfants TDAH. Ce que nous constatons, c’est qu’il y a souvent un chevauchement des symptômes chez les enfants TDAH et les enfants qui ont subi des traumatismes, particulièrement chez les petits enfants. L’incapacité à se concentrer, la bougeotte, l’incapacité de prêter attention, la distraction, l’agitation, l’irritabilité et sont souvent des comportements qui déclenchent un diagnostic de TDAH. Et souvent, les gens qui font le diagnostic ne demandent pas ce qui s’est passé à l’enfant, le genre d’expériences que l’enfant a eu.

Des études ont également montré que les symptômes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT ; post-traumatic stress disorder – PTSD) ou d’un trouble de stress aigu, résultant d’événements adverses, ressemblent beaucoup aux symptômes du TDAH, et il y a donc une forte probabilité pour les cliniciens de diagnostiquer le TDAH et de négliger une histoire possible de traumatisme.

Une autre explication serait que les enfants atteints du TDAH peuvent être plus susceptibles d’avoir des ennuis et ainsi faire l’expérience, à titre de résultante, d’événements traumatiques ou traumatogène. Les enfants atteints du TDAH peuvent être encore plus impulsifs et encore plus agaçants pour des parents qui pourraient être déjà épuisés, et conséquemment les enfants atteints du TDAH peuvent être plus à risque de subir de mauvais traitements ou d’avoir des accidents, ce qui pourrait à son tour déclencher le SSPT.

Enfin, les chercheurs savent que le stress au sein du milieu de vie peut affecter le développement du cerveau. Il est également possible que l’exposition à un événement traumatique augmente la probabilité de développer des troubles psychiatriques qui affichent une gamme de manifestations, y compris l’anxiété, le syndrome de stress post-traumatique, et le TDAH.

En vertu de cette lentille, le TDAH s’avère seulement l’un des nombreux aboutissements possibles qui peuvent résulter de traumatismes en début de vie. Et même alors, le TDAH pourrait bien être un signe de ce qui est à venir. Nous savons que l’adversité en début de vie produit des changements développementaux compatibles avec le TDAH, mais il produit également de nombreux autres effets. Alors que l’enfant se développe, et il y a un déficit neurocomportemental, et selon la manière dont les changements s’expriment au cours du développement, le TDAH peut parfois relever des symptômes de problèmes neurocomportementaux qui émergeront plus tard dans le développement.

Le traumatisme en début de vie et le stress peuvent interagir avec la génétique du sujet pour produire différents troubles en fonction de l’âge du traumatisme subi et le type particulier de stress ou de traumatisme. Les enfants de différents âges, et de différentes génétiques, et de différentes personnalités, vont réagir différemment à une contrainte donnée.

La hausse des taux de diagnostic du TDAH et l’utilisation de médicaments amènent à poser une question: sommes-nous en train de transformer des des normaux de stress de la vie en une condition médicale (médicalisation, psychiatrisation)? Ainsi 60 % des enfants déclarent qu’ils ont été exposés à une forme de victimisation au cours de l’année précédente, et plus de 10 % ont eu cinq expositions ou plus[5]. Pour beaucoup de ces enfants, les EAEs ne sont pas rares, ils sont la norme.

Et lorsque les enfants sont en situation de stress, ils sont plus susceptibles d’un passage à l’acte. Quand un enfant présente un comportement difficile, la première question à se poser est : « Qu’est-il arrivé à l’enfant » plutôt que « Quel est le problème de l’enfant ». Ainsi l’importance du dépistage quant à l’exposition aux traumatismes chez chaque enfant qui présente des symptômes qui peuvent être associés au TDAH s’avère extrêmement importante et opportune.

Dans ces circonstances, les médicaments ne sont probablement pas la réponse. Bien que les médicaments stimulants peuvent se révéler bénéfiques pour certains enfants, ils ne peuvent pas être la stratégie de gestion la plus efficace pour tous les enfants. Les enfants ayant reçu un diagnostic de TDAH qui ont vécu un traumatisme peuvent en outre bénéficier d’interventions comportementales spécifiques adaptées pour répondre à leurs histoires sous-jacentes de traumatisme.

Cependant, il faut se garder de tirer de conclusions trop hâtives sur le passé de l’enfant à partir du diagnostic de TDAH. Ce ne sont pas tous les enfants atteints de TDAH qui ont vécu de l’adversité tôt dans la vie. Le TDAH n’est pas non plus nécessairement un signe d’autres troubles à venir. Parfois, lorsque quelqu’un a un TDAH, ils vivent avec les symptômes du TDAH tout au long de la vie, qui changent un peu, mais conservent encore le diagnostic de TDAH.

Il faudra encore de nombreuses années avant que les causes profondes du TDAH sont bien comprises. Jusque-là, les cliniciens se doivent d’essayer de savoir si les symptômes sont causés par un traumatisme, et ce, tout en veillant à ce que les enfants atteints de TDAH obtiennentun traitement approprié pour la condition en elle-même.

Les chercheurs concluent que les fournisseurs de soins pédiatriques se doivent donc de faire un dépistage pour des expériences adverses lors de l’enfance chez les enfants dont ils soupçonnent la présence d’un TDAH et/ou chez ceux/celle qui ont été diagnostiqués, et initier des plans de traitement et d’intervention fondés sur des preuves (evidence-based treatment/intervention) chez les enfants dont le dépistage, s’avère positif quant aux effets adverses de l’enfance(EAE).

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sources

  1. (2014, May 6). « Study Finds ADHD and Trauma Often go Hand in Hand« , American Academy of Pediatrics, http://www.aap.org/en-us/about-the-aap/aap-press-room/pages/Study-Finds-ADHD-and-Trauma-Often-go-Hand-in-Hand.aspx (+ http://www.eurekalert.org/pub_releases/2014-05/aaop-sfa042514.php ; )
  2. Barclay, R. (2014, May 6). « News Analysis: Are We Misdiagnosing Childhood Traumas as ADHD?« , HealthLine News, http://www.healthline.com/health-news/misdiagnosing-childhood-trauma-as-adhd-050614.
  3. http://www.pas-meeting.org/
  4. http://childhealthdata.org/docs/nsch-docs/sas-codebook_-2011-2012-nsch-v1_05-10-13.pdf
  5. https://www.ncjrs.gov/pdffiles1/ojjdp/227744.pdf

références

  1. (2014) « Associations Between Adverse Childhood Experiences and ADHD: Analysis of the 2011 National Survey of Children’s Health« , Conference | General Pediatrics: Behavior/Development, http://www.abstracts2view.com/pas/view.php?nu=PAS14L1_4670.7.

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[LITTÉRATIE EN SANTÉ] De la préparation à l’entretien médical

L’entretien médical est un outil diagnostique et thérapeutique la plus polyvalente du médecin traitant. Cependant, l’entrevue est également l’une des compétences cliniques les plus difficiles à maîtriser. Les exigences sur le médecin sont à la fois intellectuelles et émotionnelles. Les capacités d’analyse de raisonnement diagnostique doivent être équilibrées avec les compétences interpersonnelles nécessaires pour établir une relation avec le patient et faciliter la communication.

L’entrevue est souvent considérée comme relevant plus de « l’art » que de la « science » de la médecine. Il y a plusieurs raisons pour contester cette distinction. Peut-être le plus convaincant, c’est qu’en la qualifiant un « art » retire l’entrevue du domaine de l’évaluation critique et suggère qu’il y a quelque chose de magique ou de mystérieux dans l’entrevue qui ne peut être décrite ou enseignée.

La plupart des cliniciens évaluent les antécédents médicaux du patient comme ayant une valeur diagnostique supérieure soit à l’examen physique ou les résultats d’examens de laboratoire. L’adage clinique que près des deux tiers des diagnostics peuvent être effectués sur la base de l’histoire seule a conservé ça validité, malgré les progrès technologiques de l’hôpital moderne. Un historique précis fournit également l’accent sur l’examen physique, le rendant plus productif et efficace en terme de temps. Les hypothèses cliniques générées lors de l’entretien fournissent la base pour une utilisation rentable du laboratoire clinique et d’autres modalités diagnostiques.

L’utilité de l’entrevue diagnostique est complétée par son pouvoir thérapeutique. En tant que moyen privilégié par lequel une relation positive est établie entre le médecin et le patient, une entrevue empathique centrée sur le patient peut renforcer le sentiment d’estime de soi du patient et diminuer les sentiments d’impuissance qui accompagnent souvent un épisode de la maladie. L’alliance thérapeutique est forgée au cours de la rencontre clinique fournie, la base pour les soins continue, aux patients et pour l’éducation.

Fondamentalement, l’entretien médical est une conversation ciblée menée avec un ensemble d’objectifs et de priorités clairement maintenus dans l’esprit du médecin. Sa direction reflète les besoins respectifs des deux participants – le patient et le médecin. Le patient entre dans entrevue cherchant un soulagement à l’inconfort et aux incertitudes de la maladie, tandis que le médecin procède activement à l’entrevue afin de clarifier les problèmes du patient et d’en tirer des plans diagnostiques et thérapeutiques au bénéfice du patient. Lors de l’entrevue, le besoin du patient de voir son histoire entendue et ses souffrances comprises est équilibré par le besoin du médecin d’en connaître et d’en comprendre autant que possible sur le patient et ses problèmes. Pour la plupart des médecins, l’aspect le plus difficile de l’entrevue avec les patients est de maintenir un équilibre entre l’ordre du jour (ou l’agenda) du patient et du médecin; entre diriger activement la rencontre et de faciliter un rapport spontané du patient sur son histoire. Au mieux, l’entretien devient un dialogue entre deux personnes fédérer vers un but commun (c.f. co-construction).

Les entretiens médicaux relèvent de deux types : les entrevues de promotion de la santé, et l’entrevue « orienté-problème ». Les objectifs de l’entrevue « orienté-problème » reflètent la demande du patient pour de l’aide à ses problèmes spécifiques. L’entrevue de promotion de santé établit une base d’informations concernant les problèmes de santé actuels et passés du patient, l’évaluation des facteurs de risque de santé courants (par exemple, le tabagisme, l’alimentation, la consommation d’alcool, les maladies héréditaires dans la famille), et permettra de détecter les signes avant-coureurs de la maladie (par exemple, le changement dans les selles, la perte de poids, les malaises à la poitrine) que le patient n’a pas jugé suffisamment grave pour justifier une visite « orienté-problèmes » spécifiques chez le médecin. En réalité, la plupart des rencontres médicales combinent les approches de promotion de la santé et orienté-problèmes. Les questions de promotion de la santé sont importantes pour tous les patients, et les patients qui viennent chez le médecin pour une « inspection de routine » peuvent avoir des préoccupations celées sur certains symptômes spécifiques. En fait, un minutieux questionnement avec le patient sur « le pourquoi » et « le moment » de la planification une d’une inspection de routine révèle souvent les préoccupations de santé importante du patient.

L’entretien médical fournit deux catégories d’informations indisponibles d’autres sources : ce que dit le patient sur la maladie et la manière dont il le dit. Ce que le patient dit au médecin fournit le contenu factuel de l’histoire médicale. Le contenu factuel relève de ce que le médecin révise et conscrit dans le dossier écrit – l’histoire médicale. Cela devrait inclure un rapport détaillé, chronologique de la maladie du patient avec suffisamment d’informations, à la fois positif et négatif, pour le raisonnement diagnostique précis et inclusif en ce qui concerne les étiologies possibles des problème(s) du patient. Le processus de l’entrevue relève de ce qui se passe réellement entre le médecin et le patient au cours de leur rencontre.

Les observations des processus, à la fois verbales et non verbales, fournit des informations importantes sur le patient en tant que personne. Grâce au comportement du patient lors de l’entretien (par exemple, les expressions faciales, la posture, les gestes), il ou elle communique ses préoccupations émotionnelles, ses réactions à la maladie, et le style de relation à autrui. Les changements soudains de sujet, l’évitement de certaines questions, et le flux d’associations spontanées peuvent pointer vers des préoccupations qui ne sont pas exprimées directement. Le style de communication et le comportement du médecin lors de l’entretien sont également un élément essentiel du processus d’entrevue.

La distinction entre le contenu et le processus met en évidence les deux compétences requises pour l’entrevue médicale – les compétences analytiques et interpersonnelles. Bien que ces compétences peuvent être discutées séparément, ils doivent être pratiqués ensemble. La clarté et la validité des informations recueillies lors de l’entrevue (son contenu) peuvent être déterminées par la critique de la qualité de la relation qui se développe entre le patient et le médecin (le processus). Une divulgation franche de préoccupations du patient est plus susceptible de se produire dans le contexte d’un style d’entrevue qui ne porte pas de jugement.

Le contenu et l’organisation de l’histoire médicale écrite sont souvent confondus avec le processus par lequel le clinicien recueille réellement de l’information lors de l’entrevue. L’histoire médicale écrite est en fait une entreprise journalistique dans lequel le clinicien édite et organise un rapport spontané du patient en une présentation officielle organisée. Le produit final dans le dossier médical peut n’avoir que peu de ressemblance avec le travail que le clinicien effectue à son chevet. Les patients se plaignent rarement de leurs symptômes de manière organisée et logique comparable aux descriptions de la maladie dans les textes médicaux. En fait, les patients se plaignent de la maladie ou de malaises plutôt que la mention de leurs problèmes en termes de catégories physiopathologiques de la maladie. Les étudiants qui attendent de leurs patients qu’ils présentent de « complexes de symptômes » classiques (classic symptom complexes) dans une expérience de mode organisés frustration considérable et peut devenir rapidement déçus par la médecine clinique. La plainte que « le patient était un pauvre historien » peut refléter des attentes irréalistes de la part de l’intervieweur.

Dans la pratique clinique, l’entrevue est un effort de collaboration entre le médecin et le patient. Ainsi, le médecin, peu importe ses compétences et habiletés, ne peut simplement pas extraire une histoire de son patient. Le patient, peu importe comment il l’articule, ne peut pas donner une histoire dans sa forme finale, sans aide et sans les conseils du médecin. Lorsque l’on dit que nous prenons, l’histoire du patient implique que l’histoire de la maladie peut être extraite du patient comme on secoue une tirelire pour y extraire une pièce de monnaie. Cette conception erronée de l’entretien médical conduit à des tentatives frustrées à « secouer » l’histoire comme si le patient gardait volontairement cachée cette précieuse pièce de monnaie.

La relation d’aide est une pierre angulaire des soins médicaux. Dans la pratique de la médecine, l’entretien médical fournit peut-être le moyen le plus important pour établir une relation d’aide basée sur la confiance et l’engagement. Cela ne se produit pas par magie. Le médecin utilise activement les techniques d’entrevue pour promouvoir la relation. L’intérêt, sans porter de jugement, aux problèmes du patient (l’écoute active) et l’empathie (communiquer au patient une évaluation précise de l’état émotionnel), et un réel souci pour le patient comme une personne unique sont parmi les outils les plus importants du répertoire interpersonnel du médecin. Ces techniques, non seulement renforce le lien thérapeutique, mais ils améliorent également la puissance diagnostic de l’entrevue en offrant au patient un « auditoire » attentif et réceptif.

Beaucoup de visites chez le médecin, à l’exclusion des maladies dites catastrophiques, sont motivées par une demande d’interprétation des symptômes que le patient trouve généralement déroutante. En aidant le patient à décrire et à faire le trie de ses expériences, le médecin peut fournir des explications et un sens à des événements et des sentiments qui étaient autrefois perplexes et menaçants. Le sentiment de contrôle du patient peut être rétabli de manière réaliste, et le sentiment d’impuissance et de désespoir peut être traité dans le cadre de la relation d’aide. Les problèmes peuvent être recadrés et prioriser pour aider le patient à développer ses propres solutions. De toute évidence, les objectifs de l’entretien médical ont beaucoup en commun avec la psychothérapie. En outre, les patients qui sentent que leur histoire est prise au sérieux peuvent se sentir encouragés à participer plus activement à leurs soins médicaux. Le respect et la coopération avec les plans diagnostiques et thérapeutiques futurs du patient dépendent souvent de la compétence du médecin dans l’élaboration et la négociation d’un plan de gestion qui encourage la participation des patients ainsi que l’initiative.

La méthode qu’utilise un médecin pour établir un rapport diffère pour chaque entrevue. Chaque rencontre est unique. Un patient peut mieux répondre à un toucher rassurant, l’un à une interprétation au bon moment des préoccupations émotionnelles, une autre à un moment de silence partagé. L’observation des réponses du patient servent de guide au médecin dans laquelle les techniques à employer fournissent des informations sur le moment et le comment pour changer de cap. Les patients démontrent une remarquable variété de réponses à l’entrevue médicale reflétant l’éventail des types de personnalité humaine et les réponses à la maladie. La colère, l’anxiété, le déni, l’imprécision du détail, l’embellissement émotionnel, et les attentes ou les exigences déraisonnables ne sont que quelques-uns des difficiles défis, mais communes, à l’entretien médical.

Les premières minutes de l’entrevue donnent au médecin attentif certaines informations précieuses sur le le style comportement de communication du patient, ainsi qu’à de fournir une liste indicative de problèmes. Certains patients doivent être fortement incités à discuter de leurs problèmes actuels, tandis que d’autres ont besoin de limites fixées en raison d’une histoire décousue. Le vocabulaire et la clarté de l’expression du patient peuvent être évalués au début de la rencontre. Les réactions émotionnelles comme l’anxiété, la défensive, ou l’hostilité sont souvent évidentes. Tous ces éléments sont importants pour déterminer la fiabilité du patient en tant qu’« historien ». Les premières minutes donnent le temps l’interviewer pour « calibrer » son/ses techniques en fonction de chaque patient. En reconnaissant des émotions du patient et d’y répondre d’une manière favorable, le clinicien peut effectuer un entretien efficace centrée sur le patient. À titre d’exemples, l’intervieweur s’attendra du patient confus de raconter une histoire confuse; du patient émotionnellement réactif à embellir et à exagérer ses symptômes ou ses réactions; et du patient déprimé à être retirée et nécessitant un considérable soutien.

Une fois les introductions terminées et le confort du patient évalués, le médecin doit décider d’engager un nouvel « interrogatoire ». Certains médecins aiment poser des questions sur l’origine sociale et personnelle du patient, y compris la résidence, l’emploi et la famille. Bien que cette technique fonctionne bien avec certains patients, d’autres trouvent qu’elle est distrayante. Ils semblent s’attendre à une enquête plus directe sur leur état de santé et les problèmes actuels. Un questionnement ouvert et non directif encourage le patient à signaler tous ses problèmes. À ce stade de l’entretien, il est important de laisser le patient parler spontanément plutôt que de restreindre et de diriger le flux d’informations avec de multiples questions. On laisse donc le patient parler librement pour les quelques premières minutes avant de lancer une enquête plus détaillée.

Or, il appert que les médecins interrompent trop souvent leurs patients dans les premières secondes de l’entrevue. Les patients sont empêchés d’exprimer leurs préoccupations majeures. Ces préoccupations inexprimées peuvent faire partie d’un « agenda caché » non pas parce que le patient les caches, mais parce que le médecin n’a pas donné au patient une chance de s’exprimer adéquatement ou de manière opportune. Qu’est-ce que le patient malade a d’abord à dire n’est peut-être pas le seul, ni même le plus important, élément de la plainte.

La sélection précoce d’une direction pour le questionnement détaillé (par exemple, un rapport de fatigue généralisée) peut confondre ou distraire le patient à signaler d’autres problèmes, peut-être plus importants (par exemple, des douleurs thoraciques et la crainte de problèmes cardiaques). À partir de directive, les questions fermées au début de l’entrevue communiquent au patient qu’il doit garder le silence jusqu’à ce que soit posée une question spécifique. Le patient peut ressentir, pour de bonnes raisons, que son principal grief est ignoré. Le médecin, à son tour, peut se sentir frustré que des questions directes mènent à des impasses. La tâche du médecin est difficile, car il/elle doit penser à une nouvelle question après chaque réponse du patient. Dans de telles situations, décrire le patient comme un « pauvre historien » occulte le fait que le principal problème vient de la sélection précoce du médecin d’une ligne d’enquête avant même de considéré toute l’étendue des préoccupations du patient et la surexploitation d’une technique interactionnelle du médecin qui relève de question fermée.

Pour obtenir une information exacte et impartiale, il faut exercer juste assez de contrôle sur l’entrevue, pas plus que nécessaire. La tâche du médecin est d’amener le patient à parler de la maladie d’une manière productive. Les techniques de facilitation (ou techniques de verbalisation) sont utilisées pour encourager et guider un rapport spontané du patient. Il s’agit notamment de l’utilisation de la posture, de geste et de mots pour indiquer que l’intervieweur est intéressé à ce que dit le patient. Ces techniques rassurent le patient qu’il ou elle doit continuer à parler et donnent du temps au patient pour penser et réagir. Un silence partagé aide le déroulement de l’entrevue si l’interviewer maintient un contact visuel d’une manière intéressée. Il n’est pas nécessaire d’en venir à une question à chaque instant que le patient se tait. Les silences aident souvent le patient à refaire l’expérience de ses émotions et fourni le temps nécessaire à la réflexion. La plupart des interviewers peuvent juger si un patient pense activement pendant le silence ou s’il a besoin d’aide pour (re)démarrer à nouveau. Demander au patient de continuer avec un rapport spontané en répétant la dernière phrase du patient sur un ton interrogateur.

Avant de sélectionner sur quel ***** l’on portera notre attention, le médecin peut ne demander : « Rien d’autre? » ou « Avez-vous des problèmes? » Si la liste est longue et, évidemment, au-delà du délai disponible pour l’entrevue, demandez : « lequel de ces problèmes ou de ces préoccupations que vous dérange le plus? » ou « lequel de vos problèmes avez-vous avec lequel je pourrais vous aider aujourd’hui? » Le médecin classe ensuite les problèmes par ordre d’importance et cherche les « patterns » qui suggèrent processus de la maladie. Certains problèmes seront clairement liés à la plainte principale. D’autres ne sont pas liés ou seulement d’une possible pertinence.

Il peut devenir évident que le patient est plus préoccupé par les problèmes que le médecin juge de moindre priorité ou moins urgent. En général, le clinicien doit brièvement communiquer ses préoccupations pour les préoccupations majeures du patient, même si elles ne semblent pas être cliniquement significatives.

Par exemple, le médecin peut dire des choses comme : « vous avez mentionné quelques problèmes et nous n’avons pas assez de temps pour les clarifier tous maintenant; « ces préoccupations méritent davantage d’attention… et nous allons travailler sur eux »; « ce que je voudrais faire maintenant est de savoir plus au sujet de votre douleur à la poitrine et l’évanouissement que vous avez mentionné… »

Le médecin ne peut pas supposer ou présumer que toutes les préoccupations du patient seront soulevées dès le début de l’entrevue. Les patients peuvent parler des problèmes embarrassants ou confidentiels lorsque le rapport et la confiance ont été établis et approfondis. Il n’est pas rare que le patient soulève des questions importantes qu’à la fin de la rencontre en déclarant : « Oh, soit dit en passant médecin…. ».

Le clinicien explore alors ensuite, autant que possible, les problèmes majeurs du patient, à la suite de pistes et d’indices obtenus lors de la discussion de la plainte principale. L’histoire de la maladie actuelle (HMA; history of the present illness – HPI) comprends toute l’histoire du patient, à la fois récente et lointaine, qui est pertinente pour la compréhension de la maladie actuelle. En remplissant le HMA, le médecin sera souvent en mesure de recueillir des informations pertinentes sur les antécédents du patient (par exemple, des antécédents d’hypertension chez un patient ayant subi un AVC), l’histoire de la famille du patient (par exemple, une histoire familiale de cancer du sein chez un patient une tumeur du sein), et l’histoire sociale (par exemple, la discorde interne chez un patient souffrant d’insomnie et fatigue).

Chaque nouvelle information est évaluée en fonction de sa fiabilité, de son exhaustivité et de sa pertinence par rapport au problème du patient. Le médecin doit, à plusieurs reprises, « scanner » les informations déjà recueillies à la recherche de symptômes complexes ou de modèles de diagnostic. Avec l’augmentation des connaissances sur les syndromes cliniques, la capacité du clinicien à former des hypothèses diagnostiques plus complexes s’améliore. Chaque hypothèse est alors testée pour sa validité et d’autres questions spécifiques. Grâce à ce processus, les spéculations sont testées par rapport à la réalité objective et des hypothèses précises sont ainsi générées.

Commencez chaque ligne d’enquête (line of inquiry) avec une question ouverte et passer aux questions plus spécifiques afin de combler les lacunes. Encourager le patient à fournir des données primaires dans ses propres mots sur les symptômes plutôt que de fournir des étiquettes diagnostiques ou « ouï-dire » d’autres médecins ou de membres de la famille (de l’information secondaire ou tertiaire). Le patient peut avoir besoin de « coaching » sur les informations que le médecin cherche. Par exemple, le patient qui se plaint de son « œsophagite » devrait être invité à décrire ses symptômes avant que le médecin accepte cette étiquette de diagnostic. Les questions doivent être formulées de telle sorte que le patient n’a pas de difficulté à comprendre ce qui est demandé. Évitez d’utiliser des termes techniques et des étiquettes diagnostiques. Les questions de l’intervieweur devraient indiquer quel type d’information est demandé, mais pas quelle réponse est attendue, car il est facile de tomber dans des modèles de questionnement suggestifs. Les questions efficaces sont généralement simples. Évitez les questions à deux coups, comme « Avez-vous des douleurs à l’estomac? » et « vous n’avez pas mal à la vessie, n’est-ce pas? ».

Engel (1982) décrit sept dimensions qui caractérisent les aspects physiques et émotionnels d’un symptôme : sa chronologie, son emplacement physique, sa qualité, sa quantité, son cadre, ses facteurs aggravants ou ses atténuations (ou appaisement), et les manifestations associées. En général, le clinicien doit recueillir des informations clarifiant les sept dimensions de chaque sujet de préoccupation majeure. Des directives peuvent être nécessaires afin de diriger ou d’encadrer le patient quant à l’information est nécessaire. « Une description détaillée de vos symptômes va m’aider à vous aider. Commençons par le début ».

  1. Chronologie | Une description chronologique fournit le cadre nécessaire pour caractériser le cours d’une maladie. L’enquêteur doit obtenir un rapport chronologique en demandant quand le problème a commencé et faciliter un flux continu d’informations avec des questions telles que « Et puis, qu’est-ce qui s’est passé ensuite? … Et alors?… Et après? » La datation du début de la maladie peut être difficile pour certains patients, mais une estimation générale doit être faite. Des questions telles que : « Quand vous êtes vous vraiment senti bien? » ou « Comment vous êtes-vous senti pendant la période de Noël? », peut ainsi aider à dater l’apparition de la maladie. Demander spécifiquement si le patient a déjà eu des symptômes similaires dans le passé.

    La chronologie des symptômes comprend également la durée d’un épisode symptomatique (par exemple, le nombre de minutes pour une douleur à la poitrine pour cause d’angine — chest pain of angina —, le nombre de jours de la douleur à la poitrine pour cause de fractures des côtes), sa périodicité (par exemple, la venu et le départ de la douleur d’une obstruction de l’intestin par rapport à la douleur constante d’une péritonite), et si le symptôme s’est amélioré ou s’il a empiré au fil du temps.

  2. Lieu et radiation de la douleur | L’emplacement physique de la douleur ou d’autres inconforts devrait être défini aussi précisément que possible. Le patient peut être incité à indiquer l’emplacement et le rayonnement de la douleur en utilisant des gestes de la main, qui indique également la taille d’une zone est impliqué. Rappelez-vous que le patient peut avoir plus d’une douleur et que de multiples douleurs peuvent indiquer des processus pathologiques multiples. Demandez au patient de caractériser et de différencier chacune.

  3. Qualité | La plupart des patients utilisent des analogies pour décrire la qualité d’une sensation. La douleur d’un infarctus du myocarde est souvent décrite comme semblable à un « étau » qui se serre autour de la poitrine ou « comme si’il y avait une personne debout sur la poitrine ». Les mots exacts du patient sont importants, et une « crampe » (ou un spasme ou une contraction) ne devrait pas être considérée comme une « douleur ». Essayez d’utiliser, si possible, le vocabulaire du patient. Ne parlez pas le jouale ou des patois. Certains patients utilisent des termes purement descriptifs ou à forte charge émotionnelle comme, « je me sentais comme si quelqu’un qui me poignarde avec un couteau ». Ceci permet d’obtenir des indices importants sur l’état et la réactivité émotionnelle du patient. D’autres patients ont besoin d’aide de l’enquêteur pour trouver un langage descriptif. Fournir au patient un choix de qualificatifs tels qu’« est-ce que la douleur a été aiguë ou sourde? » peut être nécessaire, bien que le clinicien doit réaliser que la limitation de la réponse du patient à ces deux alternatives peut biaiser l’historique du symptôme.

  4. Quantité | L’intensité de la douleur peut être évaluée sur une échelle de 1 à 10, ou par rapport à une d’autre douleur que le patient a déjà subie. Le procédé scalaire est particulièrement utile pour le suivi de l’intensité des symptômes au cours (ou au fil) du temps. D’autres exemples de quantités comprennent le volume (par exemple, la quantité d’expectorations en une journée), le nombre (par exemple, le nombre de fois où le patient a perdu conscience), et le degré de déficience que le patient souffre. Une déficience ou une incapacité est mieux caractérisée en termes d’activités quotidiennes habituelles du patient, comme pour une dyspnée lorsque l’on monte les escaliers à la maison ou les douleurs à la poitrine tout en balayant le sol. Certains patients minimisent tandis que d’autres amplifient la quantité ou l’intensité de leurs symptômes — importants indicateurs de réponses émotionnelles et du style de communication.

  5. Cadre (Setting) | Le cadre dans lequel les symptômes apparaissent est souvent critique dans le développement d’une description claire de la maladie. « Où étiez-vous lorsque vous vous êtes senti malade pour la première fois? » « Que faisiez-vous? » « Avec qui étiez-vous? » sont d’excellentes questions à utiliser au début de l’entrevue. Les hypothèses concernant les étiologies des symptômes évoluent souvent à partir d’une compréhension des événements physiques, sociaux, émotionnels qui entourent un épisode de maladie.

  6. Facteurs aggravants et facteurs d’atténuation | Les premières données sur ce qui empire un symptôme et ce qui la diminue émergent du flux du compte rendu spontané du patient. L’oppression thoracique provoquée par l’effort ou l’essoufflement la nuit soulagé par la mise en place des points à des processus pathologiques spécifiques, l’effort d’angine, et la dyspnée paroxystique nocturne. Une connaissance des syndromes cliniques aiguise l’oreille du médecin afin de trouver des indices et fournit les bases pour une ligne d’enquête (line of inquiry). Par exemple, le médecin pourrait demander au patient de lui signaler l’apparition soudaine d’essoufflement et de douleur thoracique quatre jours après une fracture du tibia si la douleur était pleurétique (pleuritic pain) — aggravée par la respiration ou la toux, un symptôme associé à une embolie pulmonaire. Le clinicien recueille également des données concernant les types d’aide que le patient a cherchée pour ses symptômes et les types de traitements déjà tentés, y compris les prescriptions et sur le(s) médicament(s) en vente libre.

  7. Manifestations associées | Les symptômes surviennent rarement seuls. Le clinicien doit écouter pour détecter les groupes de symptômes connexes qui fournissent des indices diagnostic sur les processus pathologiques et les organes concernés. Le médecin pourrait demander : « Lorsque vous avez eu des douleurs articulaires, avez-vous remarqué quelque chose d’autre?  » Si la réponse du patient est positive, on lui demande alors de décrire les symptômes associés à travers une série de questions ouvertes. Des précisions peuvent être obtenues plus tard à l’aide des questions plus spécifiques. Même si les patients ne rapportent aucun des symptômes associés, le médecin peut décider de poser des questions dirigées qui aident à soutenir ou à rejeter la possibilité du diagnostic donné. Lorsque le patient se plaint de douleurs articulaires, le médecin peut demander : « Avez-vous eu de la fièvre? Des sueurs nocturnes? Des rash? Une sensibilité au soleil? Une irritation à vos yeux? Les réponses négatives, souvent appelées une pertinence négative (pertinent negatives), peuvent être aussi importantes que les réponses positives dans la détermination de la nature et de la gravité de la maladie. Ils aident ainsi à « inclure » ou « écarter » les diagnostics spécifiques.

Plusieurs autres dimensions doivent être poursuivies lors d’un entretien complet, y compris les réactions émotionnelles du patient à la maladie et les moyens à faire face à l’inconfort et à l’invalidité du patient. Les réactions du patient aux événements sont souvent aussi importantes que les événements eux-mêmes. En outre, les pensées et les fantasmes du patient sur ce qui peut avoir causé la maladie sont importants pour comprendre pourquoi, quand et à qui le patient a décidé de demander des soins. La majorité des épisodes de maladie sont traités à l’extérieur du bureau du médecin. Dans les deux types d’entretiens, celui de la promotion de la santé et celui orienté-problèmes, il est intéressant de demander pourquoi le patient a décidé de se faire soigner maintenant. Les patients ont souvent des fantasmes spécifiques, peut-être irréalistes, sur ce que le médecin va faire et peut faire. L’enquêteur doit essayer d’identifier ces derniers. Le modèle explicatif de la maladie du patient est différent pour chaque patient et pour chaque groupe culturel, et peut déterminer de manière significative le comportement d’un individu au cours d’une maladie et affecter la conformité du patient au traitement médical. La négociation peut amener le médecin et le patient à se rapprocher.

L’intervieweur utilise une discrétion clinique pour déterminer le moment ou l’histoire de la maladie actuelle a été clairement définie. Résumer l’histoire est un moyen utile de conclure cette partie de l’interview. « Avant que nous continuions, nous allons voir si je comprends bien votre histoire… » Un résumé donne au patient la possibilité de vérifier l’exactitude de l’histoire et donne au médecin la possibilité d’examiner l’histoire de lacunes ou de l’absence de clarté.

Lorsque l’HMA est terminée, le médecin aura à collecté beaucoup d’information sur les segments restants de l’histoire de la médecine : le passé médical, les antécédents familiaux, l’histoire sociale/le profil du patient, et l’examen des systèmes (review of systems). Bien sûr, de nouvelles informations peuvent apparaître à tout moment. Pendant le reste de l’entrevue, le médecin oriente et dirige le patient à remplir les « blancs » afin de remplir (et de compléter) le reste de l’histoire.

  • États transitoires | Avant de procéder à chaque nouveau segment, faites une déclaration de transition claire. Par exemple, « je pense que j’ai eu une assez bonne idée de vos problèmes majeurs et la manière dont ils se sont développés. Maintenant, je voudrais vous poser quelques questions sur votre état de santé passé ». Les états transitoires préparent le patient pour ce qui s’en vient.

  • Antécédents médicaux | Un examen des problèmes et des traitements qui ne sont pas directement pertinents pour l’HMA complète le passé médical. Un diagnostic préalable au diabète sucré chez un patient avec un orteil gangrené appartient à l’HPI, tandis qu’une appendicectomie lointaine (remote appendectomy) n’appartient pas à l’HPI. L’antécédent médical définit une base de données pour référence future. Les principaux éléments de l’histoire médicale incluent les maladies de l’enfance et adultes, les opérations, les traumatismes, les allergies et les sensibilités aux médicaments (caractérisées en détail), les vaccinations, et l’entretien de la santé (health maintenance; par exemple, le statut PPD si le patient effectue ou non un auto-examen, etc….).

  • Histoire familiale | Les problèmes médicaux chez les membres de la famille devraient être examinés avec une attention particulière pour les troubles héréditaires. En outre, la réaction du patient à une maladie dans la famille peut influencer la réponse à des problèmes médicaux personnels. Une histoire de famille d’hypertension et d’infarctus du myocarde serait incluse avec l’HMA d’un patient avec une nouvelle apparition de douleurs thoraciques. Les contraintes de temps peuvent empêcher une enquête approfondie sur la santé de chaque membre de la famille. Faites preuve de discrétion si la famille est très grande, et, chez les patients âgés, n’oubliez pas que l’objectif principal de l’histoire familiale est d’évaluer les facteurs de risque pour la santé actuelle et future du patient.

  • Histoire sociale/profil du patient | Le médecin recueille des données personnelles concernant le patient pour compléter le profil du patient. Une grande partie de cette information aura émergé alors même que le patient décrit son histoire de la maladie actuelle (HMA), mais les lacunes sont souvent apparentes. Au cours de la partie de l’histoire sociale de l’entrevue, le médecin peut recueillir des données sur l’éducation du patient, sa profession, ses activités quotidiennes, l’état fonctionnel, les relations avec les amis et la famille, le soutien social et le stress, la situation financière/ ou la couverture d’assurance et les habitudes comme l’utilisation de cigarettes ou de l’alcool qui sont connu pour avoir des conséquences sur la santé. Encore une fois, la pertinence pour la santé et l’adaptation de vie (life adaptation) du patient guide l’enquêteur dans sa décision sur la quantité des informations à recueillir.

  • L’examen ou la revue des systèmes (Review of Systems – R.O.S.) | Avant de conclure l’entrevue, le médecin doit compléter une liste de symptômes pour s’assurer que tous les domaines importants de la santé physique et psychologique du patient ont été considérés. Certains cliniciens préfèrent achever l’examen des systèmes tout en examinant le patient. Commencer l’examen des systèmes avec une question ouverte comme « Est-ce que vous rencontrez des problèmes autres que nous n’avons pas parlé? « Si le patient mentionne un nouveau problème, les symptômes peuvent être caractérisés plus à fond. Une déclaration de transition prépare le patient pour la prochaine série de questions. « Avant de passer à l’examen physique, je voudrais vous poser une série de questions sur les problèmes de santé spécifiques. Arrêtez-moi si vous rencontrez l’un de ces problèmes, et nous allons en savoir plus sur elle. « L’enquêteur doit se renseigner sur chaque système d’une manière ordonnée. Les questions comme « avez-vous déjà eu des maux de tête?  » peuvent avoir un effet indésirable et inspirer une réponse trop complète du patient. Tentez alors fournir d’orienter et de limiter comme suit : « Je voudrais vous poser quelques questions sur vos autres problèmes de santé récente. Avez-vous eu des maux de tête sévères récemment? » L’examen complet des systèmes devrait prendre moins de 5 minutes si le médecin commence par une demande ouverte pour plus d’informations avant de procéder. Certains patients ont un « positive review of systems » – problèmes dans tous les domaines . Cela peut indiquer des problèmes émotionnels qui causent le patient à amplifier a les symptômes et à les utiliser pour attirer l’attention et le soutien émotionnel.

Avant de clore l’entrevue, le médecin devrait demander au patient s’il y a quelque chose d’autre qu’il ou elle aimerait discuter ou s’il y a d’autres questionnements. Le clinicien procède ensuite à l’examen physique. Fait intéressant, certains patients deviennent très bavards lors de l’examen. Ils semblent rassurés par le toucher du médecin et peuvent se sentir plus à l’aise lorsque le médecin est assis face à face lors de l’entrevue. L’examen d’une région spécifique du corps ou d’un système peut rappeler au patient de détails précédemment oubliés d’importance considérable pour le diagnostic. Le médecin alerte aura le stéthoscope de ses oreilles assez longtemps pour entendre ce que le patient a à dire.

Les techniques de communication sont d’une importance critique alors que le médecin consigne les résultats de l’histoire et de l’examen physique du patient. Les discussions diagnostiques et les pronostiques sont plus efficaces si elles sont adaptées au style individuel cognitif et communicationnel du patient. Les préoccupations émotionnelles particulières découvertes lors de l’entrevue peuvent guider une approche sensible au partage des nouvelles et à la préparation de l’avenir. La connaissance du médecin sur le patient en tant que personne ne constitue le fondement de l’éducation du patient. Dans un sens très réel, l’entretien continue tout au long de la rencontre clinique.

Même le clinicien plus compétent peut rencontrer des problèmes à interviewer des patients. Afin que l’interview revienne sur la bonne voie, le clinicien doit reconnaître le problème et doit trouver une solution. Les problèmes d’entrevue peuvent être divisés en trois catégories :

  1. Problèmes avec le patient (par exemple, les réactions émotionnelles intenses, un état mental altéré, des fantasmes irréalistes sur le médecin);

  2. Problèmes avec l’intervieweur (par exemple, une attitude empreinte de jugement, une approche directive dans le questionnement, le manque d’écouter du patient);

  3. Problèmes avec la relation médecin-patient (par exemple, la barrière de la langue, échec de la négociation d’un objectif commun pour la rencontre, problèmes de communication).

Compte tenu de la complexité du processus d’entrevue, les problèmes de plus d’une catégorie se retrouvent souvent au sein une rencontre.

La première étape dans la résolution de problèmes est de reconnaître que l’entrevue ne va pas bien. La reconnaissance est facilitée si le clinicien évalue l’interview en référence à ses deux fonctions principales : la collecte de données et l’établissement d’une relation thérapeutique de soutien. Dès les premières minutes de l’entretien, le clinicien se pose à lui-même les questions suivantes : Ai-je établi im liens avec ce patient? Ais-je aidé le patient à fournir un rapport précis, impartial de la maladie? Ais-je rassemblé suffisamment de données pour faire des hypothèses diagnostiques précises sur les problèmes du patient? Le clinicien surveille également ses propres réactions à l’interview. Frustration, colère, ou l’ennui peut signaler une entrevue troublée.

Une fois le problème est reconnu, l’intervieweur utilise le raisonnement clinique pour établir la nature du problème et ce qui peut l’avoir produit. Les efforts afin de diagnostiquer les problèmes de santé lors de l’interview s’effectuent en parallèle avec le processus de diagnostic de la présentation des problèmes et des plaintes faite par le patient. Comme tous les processus de diagnostic, la définition du problème est fondée sur l’observation de ce que dit le patient, et comment le dit le patient. Le clinicien doit « revenir en arrière » mentalement pour former des hypothèses sur ce qui va mal dans le processus de communication. Par exemple, l’intervieweur peut remarquer que le patient semble déprimé et retiré, ou peut-être confus. Il peut devenir évident que l’intervieweur ressente un affect négatif à l’égard du patient, désapprouve son comportement, ou a été distrait par des pensées personnelles.

Après que le problème soit reconnu et les hypothèses générées sur son étiologie, le clinicien tente des solutions afin que l’entrevue progresse. Un examen plus complet de l’état mental peut être nécessaire avec le patient confus accompagné de la décision d’interviewer la famille du patient afin de vérifier la fiabilité de l’histoire. Un interprète s’avère nécessaire s’il y a une barrière de la langue. Un style moins directif d’entrevue peut être nécessaire si les problèmes patients n’ont pas encore été identifiés. Une technique plus limitante peut être utilisée si le patient s’égare. La clarification et les questions très orientées peuvent être nécessaires si l’histoire est vague. Les différences culturelles peuvent être détectées et une approche commune est négociée. Les limites du médecin peuvent être définies si le patient fait des demandes déraisonnables.

Souvent, les problèmes de l’entrevue résultent de réactions émotionnelles du patient à la maladie et à la rencontre médicale. La plupart des patients éprouvent une considérable anxiété sur leur maladie et sur la visite chez le médecin. D’autres patients auront des sentiments de colère ou d’impuissance. Les réponses varient en fonction de la gravité de la maladie, les expériences passées, la personnalité, les contraintes actuelles et les supports. Le patient qui semble réticent à parler peut avoir besoin de soutien émotionnel. L’écoute active, sans jugement, démontre l’intérêt et la préoccupation du médecin et encourage le patient à continuer à parler.

La réassurance peut être utile alors que l’entrevue procède dans une tentative de réduire l’anxiété du patient. Ce genre de déclarations peuvent augmenter l’estime de soi du patient et lui laisse savoir que tout va bien alors qu’il partage ses expériences avec le médecin. Éviter une fausse réassurance (false reassurance) — la promesse irréaliste d’un dénouement heureux.

Pour obtenir des informations précises sur les questions chargées d’émotion, le médecin peut avoir besoin de « dérouler le tapis » (roll out the carpet), invitant ainsi des réponses honnêtes du patient. Les patients répondent souvent sur la défensive à des questions telles que « Combien buvez-vous? “ minimisant d’autant la quantité afin de plaire à l’intervieweur. La reformulation de la question sur un ton moins accusateur rassure et entretien une atmosphère d’acceptation. ‘Certaines personnes trouvent en situation de stress lorsqu’il boivent plus qu’ils ne le voudraient. Avez-vous déjà connu cela?». Au cours de l’histoire sexuelle, les patients répondent souvent plus franchement à l’énoncé ‘certains patients souffrant de problèmes cardiaques trouve qu’ils ont des difficultés avec la fonction sexuelle. Est-ce un problème pour vous?’, plutôt que « Comment est votre vie sexuelle?»

L’empathie est étroitement liée à la réassurance. Les déclarations empathiques communiquent la reconnaissance du médecin des sentiments du patient et fournissent une rétroaction que l’intervieweur comprendra. L’empathie commence lorsque l’intervieweur identifier l’état émotionnel du patient. La déclaration suivante communique une reconnaissance et une acceptation des sentiments du patient par le médecin et encourage en outre l’exploration de ce qui se passe : ‘Vous avez l’air triste quand vous parlez de votre fils. Pouvez-vous m’en dire plus sur lui?’ Souligner l’émotion du patient est une forme de confrontation douce. Il attire l’attention sur un aspect des sentiments du patient qui a été communiqué par des déclarations ou des comportements. Alors que le médecin peut souligner une émotion auquel le patient n’est pas conscient ou qui le mettra sur la défensive, le ‘timing’ s’avère un élément critique. L’enquêteur doit être préparé pour une réponse hostile ou et peut-être même pour le déni. La nature des réactions dépend de la personnalité du patient et de la profondeur de la relation qui a été établie.

Les patients pleurent souvent au cours d’un entretien médical. L’enquêteur n’a pas à se précipiter pour arrêter les larmes. Il est souvent préférable de laisser passer l’orage, fournissant un temps pour la libération émotionnelle que pleurer fournit. L’entretien peut alors reprendre avec questionnement plus gentil (gentle questioning). En général, il est bon d’éviter les questions comme ‘Pourquoi vous sentez-vous en colère (ou triste à ce sujet? “Au lieu de cela, essayez de reformuler la question : ‘Vous semblez en colère à ce sujet. Pouvez-vous m’en dire plus sur ce qui se passe sur…?’ ou ”racontez-moi la source de vos pleures ».

Une confrontation douce (gentle confrontation) peut être nécessaire afin de résoudre les problèmes de communication entre le médecin et le patient. Par exemple, si le patient semble réticent à parler de questions qui semblent importantes, ce qui peut être fait comme suit : “Vous semblez réticent à me parler de vos problèmes. Je me demande si vous pourriez être incertain à savoir si oui ou non vous pouvez me faire confiance… Pour moi, être en mesure de vous aider, je dois en savoir autant que possible sur vos problèmes… Comment pensez-vous que nous devrions procéder?” Ces déclarations identifient un problème au moyen d’une confrontation, et suggèrent une cause possible du problème (méfiance), établi la nécessité du médecin d’en savoir plus, et invitent la participation du patient dans le choix du cours de l’entrevue prendra. Le principe du partage des problèmes (problems sharing principle) de l’entrevue avec le patient est rarement pratiqué, mais souvent efficace.

Les cliniciens se sentent souvent pressés à compléter l’entrevue et à passer à d’autres activités. Les contraintes de temps sont une réalité en médecine clinique, et il peut ne pas être possible de compléter la collecte de données au cours d’une seule rencontre. Dans de nombreux cadres, le médecin a la possibilité de revenir au patient encore et encore afin de clarifier l’histoire. Les patients peuvent être encouragés à réfléchir sur leurs souvenirs et à clarifier autant que possible avant la prochaine visite.

Certains patients ne semblent pas conscients des contraintes de temps du médecin. La demande d’un patient à un monopole des efforts du médecin doit être adressée. Un patient dépendant peut exprimer le souhait d’avoir plus de temps avec le médecin, en particulier au cours des visites de suivi, par rapport symptômes inquiétants (par exemple, des saignements rectaux, une douleur thoracique à l’effort, des sueurs nocturnes) à la fin du rendez-vous. Si récurrente, ce comportement irrite et frustre la plupart des médecins et peut mettre en péril la relation médecin-patient. Une confrontation douce peut être utile pour modifier cette situation.

Ce type de déclaration établit les limites du médecin d’une manière qui encourage également la participation active du patient pour décider comment utiliser le temps prévu.

Une revue des problèmes communs

  • Confondre l’ordre traditionnel et rigide de l’histoire médicale écrite avec le processus réel par lequel l’information émerge au cours de l’entretien médical;

  • Trop compter sur les questions directives et fermées. Ce style décourage les associations et le rapport spontané des symptômes du patient;

  • Ignorer les réponses et les préoccupations émotionnelles du patient au cours du processus d’entrevue;

  • La réduction de la portée de l’enquête trop tôt dans l’interview;

  • Le défaut de clarifier les sept dimensions d’un symptôme dans les propres mots du patient;

  • Insister sur le fait que l’entretien doit être réalisé en une seule séance. (les cliniciens expérimentés reviennent encore et encore au patient afin de clarifier l’histoire);

  • La limitation de la liste des hypothèses diagnostiques avant que les données adéquates aient été recueillies;

  • L’usage de questions dirigé, trop complexe, à deux coups, ou peu clair;

  • Le non-respect d’une courtoisie de base dans l’interview : le manque d’introductions claires, ignorez le confort du patient, et l’échec à établir un climat de confiance et de confidentialité;

  • Le défaut de laisser susciter chez le patient ses propres idées sur la cause du problème et les fantasmes du patient sur ce que le médecin va faire;

  • La prise de notes qui interrompt le flux de l’entrevue.

Malgré la magie des technologiques de l’hôpital moderne, les casse-tête diagnostic les plus difficiles sont souvent démêlés par une minutieuse et consciencieuse entrevue centrée-patient (patient-centered interview).

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Des problèmes de communication, et du TDAH

Les personnes atteintes de TDAH vivent souvent des difficultés sociales, du rejet social et de l’exclusion sociale, ainsi que des problèmes dans leurs relations interpersonnelles en raison de leur inattention, leur impulsivité et leur hyperactivité. Ces aboutissements interpersonnels négatifs causent de la douleur et de la souffrance émotionnelle. Ils semblent également contribuer au développement comorbide de troubles de l’humeur et de troubles anxieux.

Or, de nouvelles recherches émergent et suggèrent que les gens souffrant de trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH) peuvent faire face à des défis lors de la communication et l’interaction avec autrui[13].

La gestion du TDAH ne relève pas seulement de la seule gestion de l’attention ou de l’impulsivité [ce que fait la médication, dans certains cas]. Le TDAH présente également un déficit des fonctions exécutives, un ensemble de « compétences » qui comprend notamment l’attention et le contrôle des impulsions…, et bien plus encore. Considéré comme un trouble de l’autorégulation, le TDAH a un effet potentiel sur tout ce qui nécessite une planification et une coordination, allant du sommeil en passant par les habitudes alimentaires, à l’élaboration et la mise en oeuvre à long terme jusqu’au bout d’un projet scientifique, à la manière dont la personne parle et écoute lors d’une conversation.

La fonction exécutive (l’ensemble des fonctions exécutives) agit comme notre « gestionnaire du cerveau » et coordonne nos pensées, nos comportements, nos actions ainsi que la capacité de planifier. Elle est également responsable du triage de toutes les informations complexes que nous rencontrons, allant à prêter attention à la voix appropriée dans une salle de classe, à l’organisation des réponses au milieu d’une discussion au rythme rapide. Les soins globaux du TDAH exigent ainsi une vue d’ensemble des effets souvent subtils que la condition a sur la vie d’une personne en s’adressant à ses impacts partout où les symptômes se manifestent. Un des aspects les plus communément négligés de TDAH est son effet direct sur la communication.

Le DSM-V divise la communication en trois composantes : la parole (speech), le langage (language), la pragmatique (pragmatics). Ces compétences sont définies comme suit :

  1. La parole (speech) comprend tout ce qui implique la production des sons. Les préoccupations les plus courantes de la parole relèvent notamment des troubles de l’articulation (articulation disorders; incapacité inattendue à produire des sons spécifiques), le bégaiement (stuttering) et le balbutiemment (stammering).

  2. Le langage (language) relève de la signification des mots et la manière dont nous les agençons ensemble. Il inclut notamment le vocabulaire, la grammaire et le discours narratif accompagnés des capacités de langage réceptif correspondant. Dans le système actuel, les diagnostics les plus communs dans ce domaine relèvent notamment des retards de langage expressif (expressive language delays ; notamment en utilisant moins de mots ou de phrases que prévu) et des retards de langage réceptif (receptive language delays ; une moins grande compréhension que prévu pour l’âge).

  3. Le langage pragmatique (pragmatic language) représente toutes les nuances non verbales qui facilitent la conversation quotidienne, et comprend notamment tout ce qui concerne au sens large l’aspect social de la communication. Il comprend notamment tous les aspects tacites de la communication, comme la lecture des visages et le suivi du ton de la voix, ainsi qu’à s’adapter à différentes situations (comme parler de manière opportune à un enseignant par rapport à un pair). Des compétences telles que la compréhension des gestes, des croisements non littérales (non-literal meetings); tels que la métaphore, l’ironie et le sarcasme), et la détection de la signification émotionnelle derrière un changement dans l’expression du visage dépend ainsi d’une compréhension intuitive de la pragmatique.

Des études montrent que les enfants atteints de TDAH sont à risque de troubles de l’articulation, qui affectent leur capacité à produire le son des lettres de manière appropriée pour leur âge. Au-delà de cela, ils présentent également souvent des différences dans la maîtrise et la qualité vocale de la parole. Une étude a même réussi à détecter la présence du TDAH au moyen de ces différences de discours. Comparativement à leurs pairs souffrant de troubles d’apprentissage uniquement, les enfants TDAH ont montré un volume et une variabilité du ton lorsqu’ils parlent, accompagnés de patterns particuliers tels que l’augmentation du nombre de pauses vocales.

Les enfants atteints du TDAH produisent plus de répétitions vocales et font plus usage de « bouche trou de mots » (word fillers) alors qu’ils essaient d’organiser leurs pensées, semblablement à une sorte de bégaiement. Cela peut conduire aux impatiences et aux malentendus de la part d’autrui, en particulier les enfants, car ils n’ont généralement pas la même patience et la même perspective que les adultes. Une réponse dans la salle de classe peut être une longue suite de balbutiement dans la parole, saccadant et brimant d’autant la prosodie de la voix.

Les enfants TDAH traitent également le langage différemment. Pour commencer, ils sont à risque accru de retard de langage important. Même sans retards spécifiques, en raison de la distraction et des symptômes du TDAH connexes (comorbidités), ils sont plus susceptibles de sembler hors-sujet lorsqu’ils parlent. Ils luttent également et fréquemment pour trouver les mots justes et mettre leurs pensées ensemble rapidement et de manière linéaire dans la conversation. Les erreurs de grammaire lorsqu’ils composent des phrases peuvent également se produire, en raison des difficultés de planification présentes même lorsque les compétences sous-jacentes dans ce domaine sont intactes. Tous ces symptômes liés au TDAH, avec ou sans les retards réels langage (language), peuvent influer sur la capacité à communiquer efficacement.

Dans le TDAH, la compréhension orale peut être directement dégradée, notamment en raison des difficultés à maitriser le débit rapide du langage ou à gérer les environnements distrayants et bruyants comme à la bibliothèque publiques ou dans une salle de classe bourdonnant d’activité. Encore une fois, cela est vrai même lorsque l’enfant n’a pas un réel retard de langage (language); ils ont la capacité de comprendre, mais à cause de TDAH, des détails importants passent sous le radar, à la fois lors d’une conversation et les histoires. Lors de l’écoute, ils peuvent entièrement perdre la trace de fils de la conversation ou des détails avec justesse, et donc ne pas enregistrer les bribes d’information vitales. Ces mêmes lacunes apparaissent souvent comme un comportement oppositionnel lorsqu’une demande apparaît volontairement ignorée au lieu de ne pas avoir été entendue en premier lieu. Ces patterns sont également liés à des difficultés de compréhension de lecture souvent présente chez les personnes TDAH.

Prêter attention au fil de la conversation peut devenir encore plus problématique pour un enfant souffrant du TDAH lorsqu’il est en groupe ou lors d’une situation bruyants. L’habileté à retenir sa concentration sur un seul orateur et à faire la transition entre les orateurs peut s’avérer difficultueuse. Ceci a donc certaines implications sociales, ce qui conduit certains enfants atteints de TDAH à trouver plus facile les relations un à un, plutôt qu’au sein d’un groupe. Les salles de classe promptes à la distraction (qui empêche de se concentrer), lorsque plusieurs activités se déroulent simultanément, peuvent s’avérer particulièrement difficiles à s’engager pour un enfant souffrant de TDAH.

Également, pour un enfant, le TDAH rend plus difficultueux à gérer d’un coup de grosses mottes de conversation (large clumps of conversation). Tandis qu’un autre enfant de 8 ans peut être capable de gérer l’écoute jusqu’à douze mots à un clip avec une bonne compréhension, avec le TDAH, les performances de l’enfant s’abaissent à sept ou huit mots maximum. Toute quantité plus grande de mots saura laisser tomber.

Ces types de problèmes de compréhension du langage parlé sont souvent mal étiquetés comme un « trouble de traitement auditif » (auditory processing disorder). En fait, il n’y a aucun problème réel avec la voie auditive; l’information monte, mais de par les déficiences des fonctions exécutives, le son est mal géré. Le gestionnaire du cerveau s’est à nouveau endormi au travail, brouillant ainsi d’autant les détails sur ce qui se dit.

Le langage pragmatique, comme indiqué ci-dessus, englobe toutes les mœurs sociales liées à la langue parlée et la communication non verbale. Les principaux symptômes principaux du THADA minent cet aspect de la communication en elle-même. Laisser échapper des réponses, une conversation, trop parler et parler trop fort, tout cela brime les standards communs de la communication. Les personnes atteintes de TDAH vont souvent faire des commentaires divergents dans une conversation, ou ont du mal à organiser leurs pensées à la volée. Même pour ceux qui ont un vocabulaire et une compréhension avancés pour leur âge, ces difficultés pragmatiques peuvent substantiellement nuire et faire obstacle à la réussite sociale.

Ces difficultés pragmatiques[8,10,11] sont similaires à, mais pas la même, ce que l’on trouve chez un enfant Autiste. Dans l’autisme, la question sous-jacente est celle de savoir que ces enfants ne saisissent pas intuitivement le monde social — qui comprend notamment certains délais la langue pragmatique. Contrairement à ceux avec aux enfants TDAH, cependant, les enfants autistes ont un retard de développement intrinsèque dans une gamme beaucoup plus large de compétences sociales et de communication[14].

Avec le TDAH, la capacité de comprendre le langage non verbal et les interactions sociales dans son ensemble est très probablement intacte. Ils reconnaissent la communication non verbale pour ce qu’elle est, et comprendre les règles de base de la communication tels qu’« attendre votre tour avant de répondre ». En raison de la distraction, de l’impulsivité ou d’autres fonctions exécutives déficiences, ils risquent de ne pas être capables d’observer ces mêmes règles à tout moment particulières, ou même de pouvoir remarquer les indices sociaux du tout; nombreux sont ceux qui répondent à ces critères pour une nouvelle catégorie du DSM-5 « trouble de la communication (pragmatique) sociale (social [pragmatics] communication disorder)[4]. Ainsi, alors que l’autisme provoque une dépréciation plus omniprésente du jugement social, en raison de lacunes dans les compétences pragmatiques chez les personnes TDAH, des problèmes peuvent à eux seuls compromettre les habiletés sociales chez les enfants.

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Au Canada, à l’Université de Waterloo, des chercheurs affirment que : « les personnes atteintes du TDAH sont souvent moins capables d’envisager la perspective de leur interlocuteur. Comprendre que cela peut s’avérer un problème mènera à de nouvelles approches et à de nouvelles formations qui seront susceptibles d’améliorer la manière dont les personnes interagissent et communique avec le trouble avec les autres ».

La recherche apparaît dans deux études publiées. Le premier papier a été publier dans le Journal of Speech, Language, and Hearing Research[2], et porte sur des questions qui peuvent être trouvées chez les enfants. Le deuxième papier aborde les adultes et apparaît dans le Journal of Attention Disorders[3].

Lors d’une conversation, les individus ont besoin de prêter attention aux connaissances et aux perspectives d’autrui. L’habileté de voir le point de vue de l’autre est essentielle pour une communication réussie, permettant à chaque orateur de modifier leur réponse ou réagir en conséquence.

Dans une étude, les chercheurs ont examiné les enfants avec et sans un diagnostic de TDAH, et dans l’autre étude, des étudiants du premier cycle avec différents niveaux de symptômes du TDAH ont participé.

Ces études suggèrent que pour les personnes TDAH, plus sévères s’avèrent les symptômes individuels du TDAH moins ceux-ci utilisent le point de vue de l’orateur pour guider leur interprétation des déclarations de base[12]. La capacité de tenir compte d’un autre point de vue au cours d’une conversation nécessite des ressources cognitives telles que la conservation des informations pour une période temporaire et la capacité de supprimer une réponse (inhibition).

Ces domaines de compétences tendent à être déficitaires chez les personnes atteintes du TDAH, et c’est peut-être pourquoi leur comportement communicatif semble souvent plus égocentrique, ou en fonction de leur propre point de vue. Les chercheurs s’intéressent à la manière dont ces résultats peuvent être liés à d’autres comportements sociaux, ce qui pourrait fournir une meilleure compréhension des difficultés liées au TDAH dans des situations sociales plus complexes.

Ces résultats sont importants, car ils permettent de réfléchir sur les possibles stratégies de mitigation. Les programmes de formation aux habiletés sociales (développement des compétences sociales) pour les enfants atteints de TDAH ne présentent souvent pas d’avantages substantiels lorsque les enfants retournent à leur environnement social, et si nous les chercheurs avaient une meilleure idée de ce qui cause ces difficultés de communication alors pourrons-nous cibler les moyens de mitigation pour ces compétences particulières, des programmes d’intervention améliorée peuvent être en mesure d’obtenir des résultats plus probants et bénéfiques.

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Les enfants atteints de TDAH sont moins précis dans leurs interprétations des énoncés de référence (referential statements)[12]. Ces difficultés conduiraient à une plus grande occurrence de mauvaise communication.

L’une des fonctions les plus élémentaires de la langue est celle de communiquer de l’information à d’autres personnes à l’aide de référents particuliers (particular referents). Un référent (referent) pourrait être, par exemple, un objet (par exemple, la boule rouge), un emplacement (par exemple, l’emplacement du bureau de poste), ou une idée (par exemple, la notion de gravité).

Dans chaque cas, l’objectif de l’orateur est celui de veiller à ce que l’auditeur soit en mesure d’identifier le référent des alternatives qui pourraient être confondues avec le référent. La communication référentielle, comme on l’appelle, peut être distinguée des autres fonctions de communication.

La communication référentielle (referential communication) est le terme donné à des actes communicatifs (communicative acts), généralement parlés, dans laquelle certains types d’informations sont échangées entre un orateur et un autre. Cet échange d’informations est généralement fonction d’actes de référence (acts of reference) réussis, dans lequel les entités (humaines et non-humaines) sont identifiées (nommer ou décrire; lequel exactement?), sont situés ou déplacés par rapport à d’autres entités (en donnant des instructions ou des directives; où exactement?), ou sont suivis par séquences de lieux et d’événements (raconter un incident ou un récit; qu’est-ce qu’ils font exactement?).

Ces actes de référence sont évalués en fonction de leur efficacité communicative, et non pas leur exactitude grammaticale: est-ce que l’orateur a réussi à référer l’auditeur soit à l’entité soit à une action? Certaines formes linguistiques dans toutes les langues sont utiles comme outils afin de permettre les orateurs de se référer le plus clairement possible à des entités.

Les compétences de communication référentielle (referential communication) impliquent la capacité de fournir et de comprendre des informations spécifiques. Les compétences typiques incluent notamment de donner et de suivre des directions, de poser des questions, et de donner des explications. Ces compétences sont importantes dans le discours dans une classe.

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A suivre…

La découverte d’un système anti-distraction dans le cerveau a des implications pour le TDAH, la schizophrénie

Deux psychologues de l’Université Simon Fraser ont fait une découverte sur le cerveau qui pourrait révolutionner la perception des médecins et le traitement de troubles déficitaires de l’attention.

Cette découverte ouvre ainsi la voie sur la possibilité que des facteurs environnementaux et/ou génétiques peuvent entraver ou supprimer une activité spécifique du cerveau que les chercheurs ont identifié et qui nous aide à prévenir la distraction.

Cette étude[1,2] est la première à révéler que notre cerveau utilise un mécanisme actif de suppression pour éviter d’être distrait par des informations saillant non pertinentes lorsque nous voulons mettre l’accent sur un élément ou sur une tâche donnée.

John McDonald, professeur agrégé de psychologie et son étudiant au doctorat John Gaspar, qui a fait la découverte au cours de la recherche de sa thèse de maîtrise, une Chaire de recherche du Canada en neurosciences cognitives, et d’autres scientifiques ont d’abord découvert l’existence spécifique d’un index neuronal de suppression dans son laboratoire en 2009. Mais, jusqu’à présent, on en savait peu sur la manière dont elle nous aide à ignorer les distractions visuelles.

C’est une importante découverte pour les neuroscientifiques et les psychologues, car la plupart des idées contemporaines sur l’attention mettent en évidence des processus cérébraux qui sont impliqués dans la cueillette d’objets pertinents du champ visuel. Les résultats montrent clairement que ce n’est qu’une partie de l’équation et que la suppression active des objets non pertinents est un autre élément important dans le traitement de l’information.

Compte tenu de la prolifération des distractions provenant des dispositifs électroniques de consommation de notre société axée sur la technologie et en constante et rapide évolution, les psychologues pensent ainsi que leur découverte pourrait aider les scientifiques et les professionnels des soins de santé à mieux traiter les personnes ayant des déficits d’attention liés à la distraction.

La distraction est une des principales causes de blessures et de décès dans la conduite de véhicules et ainsi qu’au sein d’autres environnements à haut risque. Il existe des différences individuelles dans la capacité à faire face à la distraction. De nouveaux produits électroniques sont conçus pour attirer l’attention. La suppression de ces signaux exige des efforts, et parfois les gens ne semblent pas en être capables.

En outre, les troubles associés à des déficits de l’attention, tels que le TDAH, l’autisme et la schizophrénie, peuvent en fait découler de difficultés dans la suppression des objets non pertinents plutôt que de difficultés à choisir entre ceux qui sont pertinents.

Les chercheurs tournent maintenant leur « attention » à la compréhension de la manière dont nous faisons face aux distractions. Ils cherchent à savoir quand et pourquoi on ne peut pas supprimer des objets qui pourraient déranger la concentration, et si certains d’entre nous sont mieux outiller à le faire et pourquoi.

Il y a des preuves que les capacités attentionnelles diminuent avec l’âge et que les femmes sont mieux outillées que les hommes à certaines tâches visuo-attentionnels.

L’étude est fondée sur trois expériences dans lesquelles 47 élèves exercé une tâche d’attention visuelle exigeant des recherches. Leur âge moyen des élèves était de 21. Les chercheurs ont étudié les processus neuronaux liés à l’attention, la distraction et la répression par l’enregistrement de signaux électriques du cerveau à partir de capteurs embarqués dans un chapeau que les étudiants portaient.

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sources

  1. Medical News Today (2014, April 23). « Discovery of anti-distraction system in the brain has implications for ADHD, schizophrenia« , MediLexicon Intl, <http://www.medicalnewstoday.com/releases/275759&gt;

  2. Gaspar, J. M., & McDonald, J. J. (2014). Suppression of Salient Objects Prevents Distraction in Visual Search. The Journal of Neuroscience, 34(16), 5658-5666, http://bit.ly/QmBys2.

Références

  1. John McDonald (Associate Professor / Canada Research Chair (Cognitive Neuroscience)) – http://www.sfu.ca/~jmcd/ (+ http://www.psyc.sfu.ca/people/index.php?topic=finf&id=41).

De la ‪littératie‬ en ‪santé‬ et de la ‪complexité‬

La littératie en santé, c’est l’ensemble des compétences qui permet l’accès, la compréhension et l’utilisation d’information pour une meilleure santé. C’est l’habileté d’accéder à de l’information, de la comprendre, de l’évaluer et de la communiquer afin de promouvoir, de maintenir et d’améliorer sa santé [et celle de sa famille], et ce, dans toutes les sphères de la vie et tout au long de la vie. De plus, préférablement, ces compétences seront utilisés dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité et en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités.

Ces compétences en littératie servent à exécuter un large éventail de tâches au quotidien, par exemple, faire des choix judicieux en matière d’aliments et d’exercices sains, trouver et comprendre des renseignements sur la santé et la sécurité et se prévaloir de bons services de santé.

La majorité des Canadiens d’âge adulte, soit 60 % (2008), ne possèdent pas les compétences nécessaires pour s’occuper de leur santé correctement. Or, la lecture quotidienne constitue le facteur le plus déterminant lorsqu’il s’agit de prédire les niveaux les plus élevés de littératie en santé. Pourtant, au Québec, on observe des taux d’analphabétisme autous de 50%. Les Canadiens les moins compétents en littératie liée à la santé sont deux fois et demie plus susceptibles que les plus compétents d’avoir une santé moyenne ou mauvaise.

La littératie en santé est plus complexe que la littératie générale. Pour maîtriser les tâches liées à la littératie en santé, il faut savoir utiliser, souvent simultanément, plus d’une compétence en littératie, par exemple, la compréhension de textes suivis, la compréhension de textes schématiques, numératie, la résolution de problèmes.

Bien sure, certains seront plus compétent que d’autres. Ainsi, au Québec, 41% des québécois de 16 à 65 ans ont un faible niveau de compétence en littératie en santé. il existerait un décalage entre les préoccupations des citoyens face à la
santé et la capacité réelle qu’ils ont de la comprendre et d’en prendre charge
individuellement.

Les groupes désavantagés au plan des compétences montrent la nécessité d’accompagner la prise en charge individuelle de la santé, ce qui constitue un défi important compte tenu de la structure démographique québécoise.

Par exemple, l’infirmière est souvent la première à offrir de l’information sur la santé à ses clients, les infirmières sont dans une position unique pour détecter les écarts de compréhension de leurs patients au sujet de leurs besoins en santé. Si l’infirmière ignore les problèmes de littératie en santé et qu’elle n’identifie pas les risques, ces patients sont plus à risque s’ils ne comprennent pas l’information qu’on leur transmet, si elle est bel et bien transmis.

Ainsi, on peut imaginer des individus dont le rôle est de servir de médiateur entre le ‘patient/malade’ et les prestataires se services de soins de santé.

La littératie en santé mentale s’avère une problématique encore plus critique. Or, les problèmes en santé mentale serait l’un des facteur principaux contribuant à l’abscentiéisme scolaire et au décrochage chez les élèves (Kessler et coll., 2005). La moitié des cas de maladie mentale diagnosticable pendant la vie commence avant l’âge de 14 ans.

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source: http://bit.ly/1nV2rgl (+ http://bit.ly/1dihRq9 ;http://bit.ly/1laGCMR ; http://bit.ly/MPNwss ; http://bit.ly/1fsAR9F ;http://bit.ly/OpfhsY).

The future is Now : Agir en amont du cycle de développement!

Child vulnerability